Inguina invadebat, et cum affatim desœvisset
2. Doryphore était probablement son nom de théâtre. Tacite {Am., XV, 37) et Dion Cassius (LXII, 28; LXIIl, 13, 22) l'appellent Pylhagore. V. cependant J)ion Cassius, LXI, 5.
3. Suétone, Néron, %9\ Dion Cassius, LXIII, 4 3 (cf. LXII, 28; LXIII, 12). Rapprocher Tacite, Ann.,XY, 44; Clém. Rom., Ad Cor, I, C. 6. ('yuvaï)C£î... autajAara ^eivà xal âvo'c.a 7ra6cû(îai),et SUrlOUt le rôle de Néron dans l'Apocalypse sous le nom de to ôyiaîcv. Cf. Hebr., x, 33; Cann. sibylL, livre V (écrit vers l'an 140), v. 385 et suiv.
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qui, attachée au poteau, a subi les hideux embrassements de la Bête, portera cette affreuse image avec elle dans l'éternité.
Ce jour fut également celui où se créa, par une antithèse étrange, la charmante équivoque dont l'humanité a vécu des siècles et en partie vit encore. Ce fut une heure comptée au ciel que celle où la chasteté chrétienne, jusque-là si soigneusement cachée, apparut au grand jour, devant cinquante mille spectateurs, et posa comme en un atelier de sculpteur, dans l'attiîude d'une vierge qui va mourir. Révélation d'un secret qu'ignora l'antiquité, proclamation éclatante de ce principe que la pudeur est une volupté et à elle seule une beauté ! Déjà nous avons vu le grand magicien qu'on appelle l'imagination, et qui modifie de siècle en siècle l'idéal de la femme, travailler incessamment à mettre au-dessus de la perfection de la forme l'attrait de la modestie (Poppée ne régna qu'en s'en donnant les dehors) et d'une humilité résignée (là fut le triomphe de la bonne Acte). Habitué marcher toujours à la tête de son siècle dans les voi de l'inconnu, Néron eut, ce semble, la primeur de ce sentiment, et découvrit, en ses débauches d'artiste, le philtre d'amour de l'esthétique chrétienne. Sa passion pour Acte et pour Poppée prouve qu'il était capable de sensations délicates, et, comme le monstrueux se
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mêlait à tout ce qu'il touchait, il voulut se donner le spectacle de ses rêves. L'image de l'aïeule de Cymodocée se réfracta, comme l'héroïne d'un camée antique, au foyer de son émeraude. En obtenant les applaudissements d'un connaisseur aussi exquis, d'un ami de Pétrone, qui peut-être salua la moritura de quelqu'une de ces citations de poètes classiques qu'il aimait, la nudité timide de la jeune martyre devint rivale de la nudité, sure d'elle-même, d'une Vénus grecque. Quand la main brutale de ce monde épuisé, qui cherchait sa fête dans les tourments d'une pauvre fille, eut arraché les voiles de la pudeur chrétienne, celle-ci put dire : Moi aussi, je suis belle. Ce fut le principe d'un art nouveau. Eclose sous les yeux de Néron, l'esthétique des disciples de Jésus, qui s'ignorait jusque-là, dut la révélation de sa magie au crime qui, déchirant sa robe, lui ravit sa virginité.