Voir Saint Paul, p. 528, et ci-dessus, p
3. C'est bien ici la preuve de ce qu'il y a de faux dans le sya-
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de capitaine du temple. Son exaltation religieuse paraît avoir été sincère. Poussant à l'extrême le principe que les sacrifices ne pouvaient être offerts que par des juifs et pour des juifs, il fit supprimer les vœux qu'on offrait pour l'empereur et pour la prospérité de Rome ^ Toute la jeunesse était pleine d'ardeur C'est un des traits du fanatisme qu'inspirent les religions sémitiques de se montrer avec le plus de vivacité chez les jeunes gens*. Les membres des anciennes familles sacerdotales, les pharisiens, les hommes raisonnables et assis voyaient le danger. On mit en avant des docteurs autorisés, on fit des consultations de rabbins, des mémoires de droit canonique, bien en pure perte ; car il était visible que le bas clergé faisait déjà cause commune avec les exaltés et avec Eléazar.
Le haut clergé et l'aristocratie, désespérant de rien gagner sur une masse populaire livrée aux suggestions les plus superficielles, envoyèrent supplier Florus et Agrippa de venir au plus vite écraser la révolte,
tème de Josèphe, prétendant que le parti de la guerre se composait uniquement de brigands et de jeunes gens voulant s'enricl^i dans le trouble.
1. Cf. Talmud de Babylone, Gittin, 56 b; Tosiphtha Schab-^ bath, XVII. ^1
2. Chez les musulmans, le fanatisme est particulièrement sensible dans les enfants de dix à douze ans.
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leur faisant remarquer que bientôt il ne serait plus temps. Florus, selon Josèphe, voulait une guerre d'extermination, qui fît disparaître du monde la racs juive tout entière; il se garda de répondre. Agrippa envoya au parti de l'ordre un corps de trois mille cavaliers arabes. Le parti de Tordre, avec ces cavaliers, occupait la ville haute (le quartier arménien et le quartier juif actuels^). Le parti de l'action occupait la ville basse et le temple (quartier musulman, mogharibi, haram actuels). Une véritable guerre s'engagea entre les deux quartiers. Le ii août, les révolutionnaires, commandés par Éléazar et par Menahem, fils de ce Juda le Gaulonite qui le premier, soixante ans auparavant, avait soulevé les Juifs en leur prêchant que le véritable adorateur de Dieu ne doit reconnaître aucun homme pour supérieur, forcèrent la ville haute, brûlèrent la maison d'Ananie, les palais d' Agrippa et de Bérénice. Les cavaliers d' Agrippa, Ananie, son frère et tous les notables qui purent se joindre à eux se réfugièrent dans la plus haute partie du palais des Asmonéens.
1. Pour la topographie de Jérusalem à cette époque, voir Vogiié, Le temple de Jer.^pl. xxxvi; Saulcy, Les derniers jours de Jérus. (plans et nivellement de M. Gélis) ; plan de Jérus. de Tobler et Van de Velde (1858); Ordnance Survey of Jérusalem, by captain Ch. Wilson (1864-65); Bibelallas de Menke, n«5.
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Le lendemain de ce succès, les insurgés attaquèrent la tour Antonia; ils la prirent en deux jours et y mirent le feu. Ils assiégèrent ensuite le haut palais et le forcèrent (6 septembre) . Les cavaliers d'Agrippa furent laissés libres de sortir. Quant aux Romains, ils se renfermèrent dans les trois tours dites d'Hippicus, de Phasaël et de Mariamne. Ananie et son frère furent tués ^ Selon la règle des mouvements populaires, la discorde se mit bientôt entre les chefs de la faction victorieuse. Menahem se rendit insupportable par son orgueil de démocrate parvenu. Eléazar, fils d' Ananie, irrité sans doute de l'assassinat de son père, le chassa et le tua; les débris du parti de Menahem se sauvèrent à Masada, qui va être jusqu'à la fm de la guerre le rempart du parti le plus exalté des zélateurs.
Les Romains se défendirent longtemps dans leurs tours. Réduits à l'extrémité, ils ne demandèrent que la vie sauve. On la leur promit ; mais, dès qu'ils eurent rendu les armes, Eléazar les fit tous tuer, à l'exception de Métilius, primipilaire de la cohorte, qui promit de se faire circoncire. Ainsi Jérusalem fut perdue par les Romains vers la fin de septembre de 66, un peu plus de cent ans après sa prise par Pom-