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Jos., AnL, XVIII, ix

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et n'admettait pas qu'on se divisât pour aussi peu de chose qu'une proposition spéculative. L'antipatiiie contre les Juifs était, d'ailleurs, dans le monde antique, un sentiment si général, qu'on n'avait nul besoin d'y pousser. Cette antipathie marque un des fossés de séparation qu'on ne comblera peut-être jamais dans l'espèce humaine- Elle tient à quelque chose de plus que la race ; c'est la haine des fonctions diverses de l'humanité, de l'homme de paix, content de ses joies intérieures, contre l'homme de guerre, — de l'homme de boutique et de comptoir contre le paysan et le noble. Ce ne peut être sans raison que ce pauvre Israël a passé sa vie de peuple à être massacré. Quand toutes les nations et tous les siècles vous ont persécuté, il faut bien qu'il y ait à cela quelque motif. Le juif, jusqu'à notre temps,

s'insinuait partout en réclamant le droit commun ; mais en réalité le juif n'était pas dans le droit commun; il gardait son statut particulier; il voulait avoir les garanties de tous, et par-dessus le marché ses exceptions, ses lois à lui. Il voulait les avantages des nations, sans être une nation, sans participer aux: charges des nations. Aucun peuple n'a jamais pu tolérer cela. Les nations sont des créations militaires, fondées et maintenues par l'épée ; elles sont l'œuvre de paysans et de soldats; les juifs n'ont contribué en

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rien à les établir. Là, est le grand malentendu impliqué dans les prétentions israélites. L'étranger toléré peut être utile à un pays, mais à condition que le pays ne se laisse pas envahir par lui. Il n'est pas juste de réclamer les droits de membre de la famille dans une maison qu'on n'a pas bâtie, comme le font ces oiseaux qui viennent s'installer dans un nid qui n'est pas le leur, ou comme ces crustacés qui prennent la coquille d'une autre espèce ^

Le juif a rendu au monde tant de bons et tant de mauvais services, qu'on ne sera jamais juste pour lui. Nous lui devons trop, et en même temps nous voyons trop bien ses défauts, pour n'être pas impatientés de sa vue. Cet éternel Jérémie, cet « homme de douleurs », se plaignant toujours, présentant le dos aux coups avec une patience qui nous agace; cette créature étrangère à tous nos instincts d'honneur , de fierté , de gloire, de délicatesse et d'art ; ce personnage si peu soldat, si peu chevaleresque, qui n'aime ni la Grèce , ni Rome , ni la Germanie , et à qui pourtant nous devons notre religion, si bien que le juif a le droit de dire au chrétien : « Tu es un juj de petit aloi ; » cet être a été posé comme le poi

i. Certains docteurs avouent naïvement que le devoir d'IsraSl est d'observer la Loi, et qu'alors Dieu fait travailler le reste d monde pour lui. Talm. de Bab., Berakoth, 35 b.

ut»

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de mire de la contradiction et de l'antipathie ; antipathie féconde qui a été Tune des conditions du progrès de l'humanité! Au premier siècle de notre ère, il semble que le monde eût une conscience obscure de ce qui se passait. Tl voyait son maître dans cet étranger gauche, susceptible, timide, sans noblesse extérieure, mais honnête, moral, appliqué, droit en affaires, doué des vertus modestes, non militaire, mais bon marchand, ouvrier souriant et rangé. Cette famille juive, illuminée d'espérance, cette synagogue où la vie en commun était pleine de charme, faisaient envie. Tant d'humilité, une acceptation si tranquille de la persécution et de l'avanie, une façon si résignée de se consoler de n'être pas du grand monde parce qu'on a une compensation dans sa famille et son Église, une douce gaieté comme celle qui de nos jours distingue en Orient le raïa et lui fait trouver son bonheur en son infériorité même, en ce petit monde où il est d'autant plus heureux qu'il souffre au dehors persécution et ignominie, — tout cela inspirait à l'aristocratique antiquité des accès de profonde mauvaise humeur, qui parfois aboutissaient à des brutalités odieuses. L'orage commença de gronder à Césarée^ presque au moment même où la révolution achevait de se

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