Jos., Ant., XX, VIII, 7-9 ; B. J., II, xiii
[An 66] L'ANTECHRIST. 255
s'envenimer. De misérables espiègleries -ou peutêtre des inadvertances de la part des Syriens devenaient des crimes, des injures aux yeux des juifs. Les jeunes gens menaçaient, se battaient ; les hommes graves se plaignaient à l'autorité romaine, qui d'ordinaire faisait donner la bastonnade aux deux parties ^ Gessius Florus y mettait plus d'humanité : il commençait par se faire payer des deux côtés, puis se moquait des demandeurs. Une synagogue qui avait un mur mitoyen, une cruche et quelques volailles tuées qu'on trouva à la porte de la synagogue et que les juifs voulurent faire passer pour les restes d'un sacrifice païen, étaient les grosses, affaires de Gésarée, au moment où Florus y rentra, furieux de l'insulte que lui avaient faite les gens de Jérusalem.
Quand on apprit , quelques mois après, que ces derniers avaient réussi à chasser complètement les Romains de leurs murs, l'émotion fut très-vive. La guerre était ouverte entre la nation juive et les Ro- I mains ; les Syriens en conclurent qu'ils pouvaient 1 impunément massacrer les Juifs. En une heure, il y en eu* vingt mille d'égorgés; il n'en resta pas un seul dans Gésarée ; Florus, en effet, ordonna de saisir