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Suélone, Néron

IM» ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 06]

bait de son char; quelquefois, cependant, il se faisait battre exprès, pour que l'on crût qu'il jouait de franc jeu^ En Italie, nous l'avons déjà dit, il était humilié de ne devoir ses succès qu'à une bande de claqueurs, savamment organisés et chèrement payés, qui le suivait partout. Les Romains lui devenaient insupportables; il les traitait de rustres, disait qu'un artiste qui se respecte ne peut avoir en vue que les Grecs. Le départ tant désiré eut lieu en novembre 66. Néron était depuis quelques jours en Achaïe, quand la nouvelle de la défaite de Gestius lui parvint. Il comprit que cette guerre demandait un capitaine d'expérience et de valeur; mais il y voulait par-dessus tout quelqu'un qu'il ne craignît pas. Ges conditions semblèrent se trouver réunies dans Titus Flavius Vespasianus, militaire sérieux, âgé de soixante ans, qui avait toujours eu beaucoup de bonheur et à qui sa naissance obscure ne pouvait inspirer de grands desseins. Vespasien était en ce moment dans la disgrâce de Néron, parce qu'il ne témoignait pas assez admirer sa belle voix; quand on vint lui annoncer qu'il avait le commandement de l'expédition de Palestine, il crut un moment qu'il s'agissait d'un arrêt de mort.

i. Dion Cassius, LXHI, 4, 8 et suiv. ; Suétone, Néron, 2it4, 53.

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Son fils Titus le rejoignit bientôt. Vers le même temps, Mucien succédait à Gestius dans la charge de légat impérial de Syrie. Les trois hommes qui, dans deux ans, seront les maîtres du sort de l'empire se trouvèrent ainsi portés ensemble en Orient*.

La complète victoire que les révoltés avaient remportée sur une armée romaine, commandée par un légat impérial, exalta h un très-haut degré leur audace. Les gens les plus intelligents et les plus instruitsde Jérusalem étaient sombres; ils jugeaient avec évidence que l'avantage en définitive ne pouvait rester qu'aux Romains; la ruine du temple et de la nation leur parut inévitable* ; Témigration commença. Tous les hérodiens, tous les gens attachés au service d' Agrippa se retirèrent auprès des Romains \ Un grand nombre de pharisiens, d'un autre côté, uniquement préoccupés de l'observation de la Loi et de l'avenir pacifique qu'ils rêvaient pour Israël, étaient d'avis qu'on se soumît aux Romains, comme on s'était soumis aux rois de Perse, aux Ptolémées. Ils se souciaient peu d'indépendance nationale ; Rabbi Johanan ben Zaka"% le pharisien le plus célèbre du temps,

1 . Jos., B. J.j proœm., 8 ; II, xli, 4 ; III, i; Suétone, Vesp.j 4, Tacite, Hist., V, 10.

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