‹ L'AntechristChapitre 258 sur 397 · Voir Saint Paul, p. 252 et suiv · texte numérisé non relu

Voir Saint Paul, p. 252 et suiv

2. L'histoire de cet incident nous est racontée par Tacite, Hist., II, 8-9. Dion Cassius la donnait aussi (LXIV, 9) ; mais Xiphilin a résumé son récit en une phrase sommaire. Zonaras, qui, comme Xiphilin, ne fait ici qu'abréger Dion, nous offre un peu plus de

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Cétait, paraît-il, un esclave du Pont; selon d'autres, un Italien, de condition servile. Il ressemblait beaucoup à l'empereur défunt; il avait ses gros yeux, sa forte chevelure, son air hagard, sa tête farouche et théâtrale ; il savait comme lui jouer de la cithare et chanter. L'imposteur forma autour de lui un premier noyau composé de déserteurs et de vagabonds, osa prendre la mer pour gagner la Syrie et l'Egypte, et fut jeté par la tempête dans l'île de Gythnos, l'une des Gyclades. Il fit de cette île le centre d'une propagande assez active, grossit sa bande en racolant quelques soldats qui retournaient d'Orient, fit des exécutions sanglantes, pilla des marchands, arma des esclaves. L'émotion fut grande, surtout chez les gens du peuple, ouverts par leur crédulité aux bruits les plus absurdes. Depuis le mois de décembre 68, l'Asie et la Grèce n'eurent pas d'autre entretien*.

détails. C'est à tort que Zonaras a lu : Év Kû^vw ^è irepaio6p.evov. ïl faut èv Kùôvw.

4 . La mort de ce faux Néron eut lieu sous Othon, par conséquent du i 5 janvier au 15 avril 69; mais tout porte à croire que cet événement arriva à un moment bien plus rapproché de la première date que de la seconde. En effet, Sisenna trouva l'imposteur à Cythnos, comme il venait de Syrie à Rome adhérer au ■mouvement des prétoriens qui avaient proclamé Othon. Une nouvelle allait de Rome en Syrie en une dizaine de jours; Sisenna dut partir dès que le pronunciamento de Syrie fut accompli. On peut donc placer son arrivée à Cythnos vers le 6 février. Aspré-

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L'attente et la terreur grandissaient chaque jour ; ce nom, dont la célébrité avait rempli le monde, tournait de nouveau les têtes, et faisait croire que ce qu'on avait vu n'était rien auprès de ce qu'on allait voir.

D'autres faits qui se passèrent en Asie ou dans l'Archipel, et que nous ne pouvons préciser faute de renseignements suffisants*, augmentèrent encore l'agitation. Un ardent néronien, qui joignait à sa passion politique des prestiges de sorcier, se déclara hautement soit pour l'imposteur de Gythnos, soit pour Néron censé réfugié chez les Parthes. Il forçait apparemment les gens paisibles à reconnaître Néron ; il rétablissait ses statues, obligeait à les honorer; on serait même par moments tenté de croire qu'une monnaie fut émise au type de Nero redux. Ce qu'il y a de certain, c'est que les chrétiens s'imaginèrent qu'on voulait leur faire adorer la statue de Néron; la monnaie, tessère* ou estampille au nom de « la Bête », « sans laquelle on ne pouvait ni vendre ni

nas, qui arrive après lui, naviguait encore porteur d'un mandat de Galba, assassiné le -15 janvier. Le faux Néron fut donc jeté à Gythnos au plus tard en janvier 69. Gomme ses intrigues en terre ferme furent assez longues, il faut supposer qu'il commença do remuer ver" la fin de 68.

\. Voir ci- après, p. 414 et suiv.

2, Xâpap-a,

sa

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acheter », leur causait d'insurmontables scrupules \ L*or marqué au signe du grand chef de l'idolâtrie leur brûlait la main. Il semble que, plutôt que de se prêter à de pareils actes d'apostasie, quelques fidèles d'Éphèse s'exilèrent ; on peut supposer que Jean fut du nombre \ Cet incident, obscur pour nous, joue un grand rôle dans l'Apocalypse, et en fut peut-être l'origine première : « Attention ! dit le Voyant, c'est ic* qu'est le terme de la patience des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus ^ »

Les événements de Rome et de l'Italie donnaient raison à cette attente fiévreuse. Galba ne réussissait pas à s'étabHr. Jusqu'à Néron, le titre de légitimité dynastique créé par Jules César et par Auguste avait étouffé la pensée d'une compétition à l'empire parmi les généraux ; mais depuis que ce titre était périmé, tout chef militaire put aspirer à l'héritage de César. Vindex était mort ; Verginius s'était loyalement soumis ; Nymphidius Sabinus, ' Macer, Fonteius Capiton avaient expié par la mort leurs idées de révolte; rien n'était fait cependant. Le 2 janvier 69, les légions de

4. Apoc, XIII et XIV. Notez surtout, xiv, 9-12, l'insistance que l'auteur y met, et, v. 12, ÛTroaovvi. Comparez xx, 4, où ceux qui ont refusé d'adorer la Bêle sont mis sur le même pied que les martyrs de l'an 64.

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