Bibl. max. Pair., Paris, 1. 1, p
4. Irénée, Adv. hœr., V, xxx, 3. C'est ici la plus forte objection contre les rapports d'Irénée avec ceux qui avaient vu l'apôtre
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subtiles, comme la signification du Faux Prophète et de Harmagédon^ se perdirent de très-bonne heure. Après la réconciliation de l'empire et de l'Église, au IV* siècle, la fortune de l'Apocalypse fut gravement compromise. Les docteurs grecs et latins, qui ne séparaient plus l'avenir du christianisme de celui de l'empire, ne pouvaient admettre pour inspiré un livre séditieux, dont la donnée fondamentale était la haine de Rome et la prédiction de la fin de son règne. Presque toute la partie éclairée de rÉghse d'Orient, celle qui avait reçu une éducation hellénique, pleine d'aversion pour les écrits millénaires et judéo-chrétiens, déclara l'Apocalypse apocryphe ^ Le livre avait pris dans le Nouveau Testament grec et latin ^ une position si forte, qu'il fut impossible de l'en expulser ; on eut recours, pour se débarrasser des
Jean. Gommodien, dans ses Jnslructiones, appelle aussi l'Antéchrist Laiinus. — Hippolyte, De Antichristo, 50, 52, est bien dévoyé.
4. Voir Vie de Jésus, 13^ édition, p. 297, note 3; ci-dessus, p. 374-375, note 3. Déjà Denys d'Alexandrie, au iii« siècle, sans doute par suite de son éducation littéraire, parle de l'Apocalypse d'un ton très-embarrassé, et avoue qu'il n'y comprend rien. Voir surtout Épiph., De hœr.j li, 32 et suiv.; Eus., //. E.^ VII, xxv. Saint Jean Ghrysostome n'a pas d'homélies sur l'Apocalypse.
2. Les Syriens et les Arméniens ne Pavaient pas anciennement.
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objections qu'il soulevait , aux tours de force exégétiques. L'évidence cependant était écrasante. Les Latins, moins opposés que les Grecs au millénarisme, continuèrent à identifier l'Antéchrist avec Néron*. Jusqu'aux temps de Gharlemagne , il y eut une sorte de tradition à cet égard. Saint Béat de Liebana, qui commente l'Apocalypse en 786, affirme, en y mêlant, il est vrai, plus d'une inconséquence, que la Bête des chapitres xiii et xvii, qui doit reparaître à la tête de dix rois pour anéantir la ville de Rome, est Néron l'Antéchrist. Un moment même, il est à deux doigts du principe qui, au xix^ siècle, conduira les critiques à la vraie supputation des empereurs et à la détermination de la date du livret
4. Victorin de Pettau, dans la Bibl. max. Patrum^ Lu^d.^ lïl, p. 418; Lactance, Instit., VII, 4 4-20; De mort, persec.j 2; Sulpice Sévère, ^w^ saci^a, II, 28, 29; Dial., II, 4 4. Dans ces écrits, la théorie primitive de l'Antéchrist est modifiée de la même manière que dans le Carmen de Commodien. Comparez saint Augustin, De civ, Dei, XX, c. 19; saint Jérôme, in Dan., XI, 36; inïs.j xvii, 12; Jean Ghrysostome, in II Thess., ii (0pp., XI, p. 529-530). Qu'on lise le livre VI, De viliis Antichrisli, dw traité de Malvenda, De Antichristo; c'est encore un portrait de Néron.
2. L'édition du texte de saint Béat par Florez (Madrid, 1770) est presque introuvable. M. Didot a collationné les plus importants passages de ce commentaire sur l'exemplaire unique de
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Ce n'est que vers le xii^ siècle, quand le moyen âge s'enfonce dans la voie d'un rationalisme scolastique assez peu soucieux de la tradition des Pères, que le sens de la vision de Jean se trouve tout à fait compromise Joachim de Flore peut être considéré comme le premier qui transporta hardiment l'Apocalypse dans le champ de l'imagination sans limites, et chercha, sous les images bizarres d'un écrit de circonstance qui borne lui-même son horizon à trois ans et demi, le secret de l'avenir entier de l'humanité.
Les commentaires chimériques auxquels a donné lieu cette fausse idée ont jeté sur le livre un injuste discrédit. L'Apocalypse a repris de nos jours, grâce h une plus saine exégèse, la place élevée qui lui appartient dans les écritures sacrées. L'Apocalypse est, en un sens, le sceau de la prophétie, le dernier mot d'Israël. Qu'on lise dans les anciens prophètes, dans Joël par exemple % la description du « jour de Jéhovah », c'est-à-dire de ces grandes assises que le
l'édition de Florez qui se trouve à Paris, en possession de M. l'abbé Noile, et sur deux innportants manuscrits, dont l'un lui appartient. Des apocalypses figurées manuscrites et xylographiques (Paris, '1870), p. 3, 16-17, 24-25, 76-77. Édit. de Florez, p. 438, 498.
\ . Et encore il ne se perd pas entièrement. V. Hist. lilt. de la Fr., t. XXV, p. 258.