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Dion Cassius, LXVI, 6, '2. Jos., B. J., VI, V

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tous des femmes, des enfants) fut brûlée. Deux portes du temple et une partie de l'enceinte réservée aux femmes furent seules conservées pour le moment. Les Romains plantèrent leurs enseignes sur la place où avait été le sanctuaire et leur offrirent le culte qu'ils avaient accoutumé.

Restait la vieille Sion, la ville haute, la partie la plus forte de la cité, ayant ses remparts encore intacts, où s'étaient sauvés Jean de Gischala, Simon,' fils de Gioras, et un grand nombre de combattants qui avaient réussi à se frayer un chemin à travers les vainqueurs. Ce repaire de forcenés exigea un nouveau siège. Jean et Simon avaient établi le centre de leur- résistance dans le palais , des Hérodes, situé vers l'emplacement de la citadelle actuelle de Jérusalem, et couvert par les trois énormes tours d'Hippicus, de Phasaël et de Mariamne. Les Romains furent obligés, pour enlever 'ce dernier refuge de l'obstination juive, de construire des aggeres contre le mur occidental de la ville, vis-à-vis du palais ^ Les quatre légions furent occupées à ce travail l'espace de dix-huit jours (du 20 août au 6 septembre). Pendant ce temps, Titus fit promener /'

h. C'est-à-dire contre le mur qui part de la citadelle actuelle et enclôt les jardins des Arméniens. Saulcy, Les dern. jours de Jér., p. 409-410, et plan, p. n%.

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l'incendie sur les parties de la ville qui étaient en son pouvoir. La ville basse surtout et Ophel jusqu'à Siloam furent détruits systématiquement. Beaucoup de Juifs appartenant à la bourgeoisie purent s'échapper. Quant aux gens de condition inférieure , on les vendit à très-bas prix. Ce fut l'origine d'une nuée d'esclaves juifs, qui, s' abattant sur l'Italie et les autres pays de la Méditerranée, *y portèrent les éléments d'une nouvelle ardeur de propagande. Josèpbe en évalue le nombre à quatre-vingt-dix-sept mille ^ Titus accorda leur grâce aux princes de l'Adiabène. Les habits pontificaux, les pierreries, les tables, les coupes, les candélabres, les tentures lui furent remis. Il ordonna de les conserver soigneusement, pour les faire servir au triomphe qu'il se préparait, et auquel il voulait donner un cachet particulier de pompe étrangère en y étalant le riche matériel du culte juif.

Les aggeres étant achevés, les Romains commencèrent à battre le mur de la ville haute; dès la première attaque (7 septembre), ils en renversèrent une partie, ainsi que quelques tours. Exténués par la faim, minés par la fièvre et la fureur, les défenseurs n'étaient plus que des squelettes. Les légions entrè-

i. Jos., B. J,, VI, IX, 3.

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rent sans difficulté. Jusqu'à la fin du jour, les soldats brûlèrent et tuèrent. La plupart des maisons où ils s'introduisaient pour piller étaient pleines de cadavres. Les malheureux qui purent s'échapper se sauvèrent dans Acra, que la force romaine avait presque évacué, et dans ces vastes cavités souterraines qui sillonnent le sous-sol de Jérusalem *. Jean et Simon* faiblirent à ce moment. Ils possédaient encore les tours d'Hippicus, de Phasaël et de Mariamne, les ouvrages d'architecture militaire les plus étonnants de l'antiquité ^. Le bélier eût été impuissant contre des blocs énormes, assemblés avec une perfection sans égale et reliés par des crampons de fer. Égarés, éperdus, Jean et Simon quittèrent ces ouvrages imprenables, et cherchèrent à forcer la ligne de contrevallation du côté de Siloam. N'y réussissant pas, ils allèrent rejoindre ceux de leurs partisans qui s'étaient cachés dans les égouts.

1. Dion Cassius, LXVl, 5; Jos., AnL, XV, xi, 7; B. J.,Y 111,4; TacHe, Hist., V, 42; Catherwood, plan; Vogué, Le temple de Jér., pi. i, xvii.

2. L'accusation de lâcheté que porte contre eux Josèphe est peu conforme à la vraisemblance, et tient sans doute à la haine que l'historien juif leur a vouée.

3. Jos., B. J., Vï, IX, 4. Les assises inférieures de l'une de ces tours existent encore aujourd'hui et excitent i'étonnement, quoique les blocs aient été descellés, puis remontés à contresens.

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Le 8, toute résistance était finie. Les soldats étaient las. On tua les infirmes qui ne pouvaient marcher. Le reste, femmes, enfants, fut poussé comme un troupeau vers l'enceinte du temple et enfermé dans la cour intérieure qui avait échappé à l'incendie *. Dans cette multitude parquée pour la mort ou l'esclavage, on fit des catégories. Tout ce qui avait combattu fut massacré. Sept cents jeunes gens, les plus beaux de taille et les mieux faits, furent réservés pour suivre le triomphe de Titus. Parmi les autres, ceux qui avaient passé l'âge de dix-sept ans furent envoyés en Egypte, les fers aux pieds, pour les travaux forcés, ou répartis entre les provinces pour être égorgés dans les amphithéâtres. Ceux qui avaient moins de dix-sept ans furent vendus. Le triage des prisonniers dura plusieurs jours, durant lesquels il en mourut, dit-on, des milliers, les uns parce qu'on ne leur donna pas de nourriture, les autres parce qu'ils refusèrent d'en accepter.

Les Romains employèrent les jours suivants à brûler le reste de la ville, à en renverser les murailles, à fouiller les égouts et les souterrains. Ils y trou-

4. Cette enceinte avait environ cent dix mètres de long sur quatre-vingt-dix de large. C'est bien peu pour la foule que Josèphe y renferme. Cependant il fut à cet égard témoin tout à fait oculaire. Vita, 75.

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vèrent de grandes richesses , beaucoup d'insurgés vivants qui furent tués sur-le-champ, et plus de d:ux mille cadavres, sans parler de quelques prisonniers que les terroristes y avaient enfermés. Jean de Gischala, contraint par la faim h sortir, demanda quartier aux vainqueurs, qui le condamnèrent à une prison perpétuelle. Simon, fils deGioras, qui avait des provisions, resta caché jusqu'à la fin d'octobre. Manquant de vivres alors, il prit un parti singulier. , Revêtu d'un justaucorps blanc, avec un manteau de pourpre, il sortit inopinément de dessous terre, à l'endroit oh avait été le temple *. Il s'imaginait par là étonner les Romains, simuler une résurrection, peut-être se faire passer pour le Messie. Les soldats furent, en effet, un peu surpris d'abord; Simon ne voulut se nommer qu'à leur commandant Terentius Rufus. Celui-ci le fit enchaîner, manda la nouvelle à Titus, qui était à Panéas, et fit diriger le prisonnier sur Gésarée.

Le temple et les grandes constructions furent démolis jusqu'aux fondements. Le soubassement du temple fut cependant conservé ^ , et constitue ce

1 . Le terre-plein du haram renferme, en effet, beaucoup de réduits so^^terrains.

2. Saint Jérôme, In Zach.^ xiv, 2. L'extraordinaire hauteur de ce soubassement n'a pu être comprise que depuis les fouilles des Anglais. Les fondations du temple lui-même furent visibles

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qu'on appelle aujourd'hui le Haram esch-schénf. Titus voulut aussi garder les trois tours d'Hippicus, de Phasaël et de Mariamne, pour faire connaître à la postérité contre quels murs il avait eu à lutter. La muraille du côté occidental fut laissée debout pour abriter le camp de la légion 10' Fretensis^ qui était destinée à tenir garnison sur les ruines de la ville prise. Enfm, quelques édifices de l'extrémité du mont Sion échappèrent à la destruction et restèrent à l'état de masures isolées*. Tout le reste disparut^. Du mois de septembre 70 jusque vers l'an 122, où Adrien la rebâtit sous le nom d'JElia Capitolina^ Jérusalem ne fut qu'un champ de décombres % dans un coin duquel se dressaient les tentes d'une légion*,

jusqu'au temps de Julien. Gomp. Hégésippe, dans Eus., H. E,, II, XXIII, 48.

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