‹ L'AntechristChapitre 45 sur 397 · Eîç ôv rape^oÔïiTê tûivov 5i^ax,r; (Rom., VI · texte numérisé non relu

Eîç ôv rape^oÔïiTê tûivov 5i^ax,r; (Rom., VI

34 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 61]

simple question d'origine indépendante des mérites personnels du croyant.

Un fait pourtant qui a sa gravité, et qui porterait à croire que les bons rapports ne se rétablirent pas entre les deux apôtres, c'est que, dans le souvenir de la génération suivante, Pierre et Paul sont les chefs de partis opposés au sein de l'Église ; c'est que l'auteur de l'Apocalypse, le lendemain de la mort des apôtres, au moins de la mort de Pierre, est, de tous les judéo-chrétiens, le plus haineux contre Paul*. Paul se regardait comme le chef des païens convertis partout où il y en avait ; c'était là son interprétation du pacte d'Antioche; les judéo-chrétiens l'entendaient évidemment d'une façon différente. Il est probable que ce dernier parti, qui avait toujours été trèsfort à Rome, tira de l'arrivée de Pierre une grande cause de prépondérance. Pierre devint son chef et le chef de l'Église de Rome. Or le prestige sans égal de Rome- donnait à un pareil titre la plus grande importance. On voyait quelque chose de providentiel dans le rôle de cette ville extraordinaire ^ Par suite de la réaction qui se produisait contre Paul, Pierre devenait de plus en plus, en vertu d'une

. 1. Voir Saint Paul, p. 367 et suiv. Notez surtout Apec, xxi 44, qui exclut Paul du nombre des apôtres. 2. Voir l'Apocalypse tout entière.

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sorte d'opposition, le chef des apôtres \ Le rapprochement se fit bien vite chez des esprits faciles à frap per. Le chef des apôtres dans la capitale du niondel quoi de plus parlant? La grande association d'idées qui devait dominer les destinées de l'humanité pendant des milliers d'années venait de se constituer. Pierre et Rome deviennent inséparables ; Rome est prédestinée à être la capitale du christianisme latin; la légende de Pierre, premier pape, est écrite d'avance ; mais il faudra quatre ou cinq siècles pour que cela se débrouille. Rome, en tout cas, ne se douta guère, le jour où Pierre y mit le pied, que ce jour réglait son avenir, et que le pauvre Syrien qui venait d'entrer dans ses murs prenait possession d'elle pour des siècles.

La situation morale, sociale, politique, s'aggravait de jour en jour. On ne parlait que de prodiges et de malheurs^; les chrétiens en étaient plus affectés que personne^; l'idée que Satan est le dieu de ce

fl. Lettre de Clément à Jacques, en tête des Homélies pseudo- ■clémentines, 1 .

2. Tacite, Ann., XIV, 12, 22; XV, 22; Suétone, Néron, 36, 39; Dion Cassius, LXI, 16, 18; Philostrate, ApolL, IV, 43, SénèquG, Quœst. nat., Yl, 1, p. 454; Eusèbe, Chron., aux années 7,9, 10 de Néron.

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