‹ L'AntechristChapitre 93 sur 397 · âpaei* réÔvwa; «jàp iTzi^Hroii im Tsxvetç · texte numérisé non relu

âpaei* réÔvwa; «jàp iTzi^Hroii im Tsxvetç

Zûouaav irpoXtirùv liv êtto'Om; àXox,ov.

Inscp. de Beyrouth {Mission de Phénicie, p. 347).

102 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 02}

après avoir réussi, de douter si la cause qu'il? ont servie valait tant de sacrifices. Beaucoup osent se dire, au fort de l'action, que le jour où Ton commence à être sage est celui où, délivré de tout souci, on contemple la nature et l'on jouit. Bien peu du moins échappent aux tardifs regrets. Il n'y a guère de personne dévouée, de prêtre, de religieuse qui, à cinquante ans, ne pleure son vœu, et' néanmoins ne persévère. Nous ne comprenons pas le galant homme sans un peu de scepticisme; nous aimons que l'homme vertueux dise de temps à autre . « Vertu, tu n'es qu'un mot ; » car celui qui est trop sûr que la vertu sera récompensée n'a pas beaucoup de mérite ; ses bonnes actions ne paraissent plus qu'un placement avantageux. Jésus ne fut pas étranger à ce sentiment exquis; plus d'une fois il semble que son rôle divin lui pesa. Sûrement, il n'en fut point ainsi pour saint Paul ; il n'eut pas son agonie de Gethsémani, et c'est une des raisons qui nous le rendent moins aimable. Tandis que Jésus posséda au plus haut degré ce que nous regardons comme la qualité essentielle d'une personne distinguée, je veux dire le don de sourire de son œuvre, d'y être supérieur, de ne pas s'en laisser obséder, Paul ne fut pas à l'abri du défaut qui nous choque dans les sectaires ; il crut lourdement. Nous voudrions que par moments, comme nous.

(An 63] L'ANTECHRIST. K»

il se fût assis fatigué au bord du chemin, et qu'il eût aperçu la vanité des opinions arrêtées. Marc-Aurèle, lo représentant le plus glorieux de notre race, ne le cède à personne en vertu, et cependant il ne sut pas ce que c'est que le fanatisme. Gela ne s'est jamais vu en Orient; notre race seule est capable de réaliser la vertu sans la foi, d'unir le doute à l'espérance. Livrées à l'entraînement terrible de leur tempérament, exemptes des vices délicats de la civilisartion grecque et romaine, ces fortes âmes juives étaient comme de puissants ressorts, qui ne se détendaient jamais. Jusqu'au bout sans doute, Paul vit devant \\à la couronne impérissable qui lui était préparée, et, comme un coureur, redoubla d'efforts à mesure qu'il approchait du but*. Il avait d'ailleurs des instants de consolation. Onésiphore d'Éphèse, étant venu à Rome, le chercha et, sans rougir de sa chaîne, le servit et rafraîchit son cœur^. Démas, au contraire, se dégoûta des doctrines absolues de l'apôtre et le quitta\ Paul paraît l'avoir toujours traité avec une certaine froideur*.

1. II Tim., IV, 6 et suiv. Nous usons de cette épître comme d'une sorte de roman historique, fait avec un sentiment très-juste de la situation de Paul en ses derniers temps.

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