‹ L'anthropologie criminelleChapitre 10 sur 119 · VO · texte numérisé non relu

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26 COURBE ANTÉRO-POSTÉRIEURE

Courbe antéro-postérienre. — La courbe antéropostérieure se décompose en plusieurs sections, à savoir: i** La courbe sous-cérébrale ou sous-jacente au cerveau qui va du point nasal au point sus-orbitaire (voir fig. 2) ; 2* la courbe cérébrale ou frontale qui va du point sus-orbitaire au bregma ; 3** la courbe pariétale étendue du bregma au lambda; 4» la courbe occipitale du lambda à Tinion ou protubérance occipitale externe, puis del'inionàTopisthion, c'està-dire au bord postérieur du trou occipital sur la ligne médiane.

Corre (p. 34) a réuni dans le tableau précédent les chiffres que différents auteurs ont obtenu par la mensuration de ces courbes chez des individus normaux et chez des criminels.

Si nous analysons ces chiffres, nous reconnaîtrons avec Corre que, chez les criminels, la courbe cérébelleuse et la courbe pariétale sont à peu près identiques à celles des sujets ordinaires, mais que, chez les premiers, il y a prédominance notable des courbes sous-cérébrale et occipitale, amoindrissement relatif non moins remarquable de la courbe frontale cérébrale. La prédominance de la courbe occipitale accuserait la prédominance des lobes occipitaux et de leur activité, c'est-à-dire la sensitive impulsive. L'amoindrissement de la courbe frontale cérébrale traduirait l'amoindrissement des lobes frontaux et de leur activité qui est tout intellectuelle et pondératrice.

L'examen des courbes antéro-postérîeures partielles viendrait donc confirmer l'enseignement fourni par la comparaison de la circonférence horizontale antérieure et de la circonférence horizontale postérieure et permettrait à son tour de ranger le criminel dans le type occipital.

Angles auriculaires. — Les angles auriculaires (fig. i ) sont des angles ayant leur sommet commun au milieu de Taxe bi-auriculaire et mesurant les arcs compris entre les rayons (rayons auriculaires) qui vont de cet axe aux points singuliers de la tête. On les détermine sur les projections obtenues avec le craniographe. Manouvrier a mesuré ces angles sur plus de i5o crânes appartenant à des catégories bien tranchées.

Fig. I. Angles auriculaires (Corre).

TO, centre da trou auditif; A, point alvéolaire; PSO, point sus«orbitair« ;

PC, bregma ; PD, lambda ; PI, inion ; PO, opisthion.

<t, angle orbito-nasal ; ^, angle frontal ; c, angle pariétal ; ^, angle occipital;

e, angle cérébelleux.

Le tableau suivant, que j'emprunte à Corre, donne en résumé les résultats des mensurations de Manouvrier.

GoriHû., .,......,,, ,

Cb im pan^é ,..*.. . . .

IiliûLi^ nou microcéphales.

( H Néo-Calcdonienâ„ , . 1 p.''

Nègres af rica i n s . , , . .

Assassins français (22) h , . .

Parisiens modernes. [ p- ' '

Ânglï^â iiurjculairea.

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MandQvricr nous donnt^ra lui-même l'interpréta^ lion des chiffres qu'il a obtenus.

Le tableau ci-dessus motUre avec évidence, dit-H, que Van^le auriculaire frontal (Voir fi^* i, b) s*élève à mesure que Ton remonte des anthropoïdes aux races humaines supérieures et que les assassins sont encore bien mal partagés sous ce rapport.

La petitesse de Tangle frontal des criminels les abaisse presque au niveau des races les plus inférieures* 11 est juste cependant de faire observer que l'angle auriculaire frontal ne donne la mesure du développement de la région frontale que dans le sens antéro-postérieur, Jl est certain qu'en tenant compte du développement dans le sens transversal, on relèverait les assassins fran-

(i) Répond à la projection faîte.

l'A) Comprend les angltis frontLil, pariiltal et occipital qui répondent à la projection du crâne cérébrd*

çais jusqu*au niveau des nègres et même au-dessus; mais cette considération n'a plus de raison d'être si Ton compare les assassins aux hommes de même race, car la différence qu'ils présentent dans leur angle frontal ne peut être compensée par un plus grand développement en largeur. Au contraire, le diamètre transverse frontal minimum est aussi plus petit chez les assassins (96, } au lieu de loo). — Cette petitesse du front chez les assassins est d'autant plus frappante que Ton ne trouve qu'une très légère différence dans les autres angles ou lignes qui peuvent exprimer le développement des régions pariétale et occipitale-cérébrale. On peut voir, dans le tableau précédent, que l'angle auriculaire pariétal est un peu plus grand chez les 22 assassins que chez les Parisiens ; mais la courbe transversale susauriculaire est au contraire un peu plus petite (308 au lieu de }I2), ce qui rétablit peut-être Tégalité pour la région pariétale. — Un fait sur lequel je crois devoir appeler l'attention, c'est la valeur un peu moins grande de l'angle cérébral total chez les assassins. La somme de tous les angles auriculaires, frontal, pariétal et occipital total est plus faible chez les assassins que chez les Parisiens. Il est évident que la longueur absolue de la voûte crânienne descend moins bas, en avant et en arrière, par rapport à la situation du trou auditif, centre commun des angles auriculaires, de sorte qu'une ligne droite menée par les deux points extrêmes de cette voûte, lepointsus-orbiculaire(PSO)et l'opisthion (PO), tend à passer au-dessus du trou auditif (TO), cas auquel la somme des angles auriculaires serait inférieure à iSo». Or, puisque la partie antérieure et la partie postérieure de la voûte crânienne descendent moins bas Tune et l'autre, par rapport au trou auditif, il s'ensuit que Taxe antéro-postérieur du cerveau, chez les assassins, tend à se rapprocher de la direction rectiligne. C'est là évidemment un caractère inférieur, car

}0 ANGpS AITHICULAIRI^S

rincurvation de Taxe cérébral est due au plus grand développement de ses parties antérieure et postérieure par rapport à sa partie moyenne ou pariétale, qui est si manifestement prédominante chez les microcéphales, chez les anthropoïdes et chez les quadrupèdes. — Le résultat du défaut de proportionnalité qui existe entre le développement de la région pariétale et le développement des régions antérieure et postérieure du crâne, c'est le relèvement du trou occipital et de la base du front chez les espèces et les individus dont l'accroissement frontal et occipital ne peut suivre l'accroissement pariétal. Ainsi s'explique le mouvement de bascule qui se produit chez Tanthropoïde lorsqu'il passé à Tétat adulte. La région pariétale s'agrandit et le trou occipital, qui était situé à la partie inférieure du crâne, comme chez Thomme, se trouve porté à la région postérieure. C'est ce qui aurait lieu à un faible degré chez les assassins, d'après les chiffres d'Orchanski. — Le relèvement du point sus-orbîculaire et de Topisthion, par rapport à la base du crâne, me semble exprimé par les angles auriculaires d'une façon saisissante. Il résulte de ce double relèvement, ou plutôt de ce défaut d'abaissement des parties antérieure et postérieure de la voûte crânienne que l'angle sphénoïdal (Voir fig. i , S, G, T, A,) doit se trouver agrandi chez les assassins. L'angle sphénoïdal, en effet, n'exprime pas autre chose que le degré d'incurvation de la base du crâne. C'est, je suppose, l'idée que Virchowet Welcker ont eue lorsqu'ils ont imaginé et mesuré cet angle. En tout cas, je tiens à faire remarquer, car cela contribue beaucoup à augmenter la valeur craniologique des angles auriculaires de Broca, que ces angles servent, non seulement à mesurer le développement des régions faciale, frontale, pariétale et occipitale, mais ils servent encore à mesurer, sur la voûte crânienne elle-même, le degré d'incurvation de cette voûte de même, que l'angle sphénoïdal mesure l'incurvation de la base du crâne. De

DIAMÈTRBS PRINCIPAUX DU CRANE

plus, les angles auriculaires présentent sur Tangle sphénoïdal le grand avantage de nous faire savoir aux dépens de quelle partie du cerveau et du crâne se produit la diminution de la courbure crânienne et cérébrale

Cette incurvation paraît moins prononcée chez les femmes que chez les hommes, mais aux dépens de la partie postérieure du crâne ; au contraire, la

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Fig. 2.

B, bregma ; L, lambda ; M, inion ou protubérance occipitale externe ;

GM, diamètre antéro-postérieur maximum (Topinard).

diminution porte sur la partie frontale chez les assassins.

Diamètres principanx du crâne. — Le tableau suivant (page 32) composé par Corre rassemble les chiffres obtenus par Broca sur les Parisiens normaux et les chijfFres obtenus sur des criminels et des suicidés par Ten Kate et Pawlow^sky et par Corre lui-même.

Si nous laissons de côté les suicidés, qui, par certains côtés, se rapprochent des criminels et par d'autres s'en

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