‹ L'anthropologie criminelleChapitre 19 sur 119 · DÉVELOPPEMENT DE LK LIGNE CROTAPHITIQUB · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE LK LIGNE CROTAPHITIQUB

ropéennes ; la proportion est d'environ i sur 10 pour les crânes français, anglais et allemands.

D'après Lombroso, elle se présenterait plus fréquemment chez les malfaiteurs que chez les individus honnêtes. /

Ten Kate et Pawlowsky l'ont observée cinq fois sur leur série de 54 crânes.

Synostose précoce ou soudure précoce des sutures. — Chez l'homme, la synostose des os du crâne débute normalement bien avant la vieillesse. Dans les races inférieures, elle est plus précoce : les sutures ont parfois disparu chez des sujets de 3o à 40 ans ; chez les nègres, c'est vers 25 ans que débute la soudure.

Les criminels se rapprocheraient à cet égard, des races inférieures : chez eux, la soudure des sutures se ferait de bonne heure. C'est ce qu'enseignent Lombroso, Mingazzini et Romiti (i).

Simplicité plus grande des sutures dentelées. — Lombroso (2) la signale dans 18 pour 100 des criminels qu'il a observés.

Fréquence des os wormiens. — Les os wormiens, qui impliquent une expansion du cerveau plus rapide et plus prolongée par rapport au développement du crâne, se présentent dans une proportion de 16 pour 100 chez les normaux : chez les criminels, la proportion serait d'après Lombroso de 23 pour 100; Marimo (?) a obtenu cette même proportion.

Développement de la ligne crotapMtigue du temporal. — Cette ligne qui sert d'insertion au muscle temporal est à peine marquée sur les crânes normaux. Lombroso a constaté qu'elle était remar-

(i) Lomhtoso, L'anthropologie criminelle, p. 3o.

(2) h'homme criminel p. i65.

(3) Lombroso» Vanthropologie criminelle^ p. 3o.

FOSSETTE VERMIBNNfi 47

quablement dessinée chez 26 individus sur 66 criminels : en outre, elle se trouvait beaucoup plus rapprochée de la sagittale qu'elle ne Test habituellement : dans 16 cas, elle présentait des saillies osseuses.

Développement de la ligne courbe demi-circulaire pariétale. — Cette ligne qui, normalement, est à peine indiquée, est souvent bien apparente chez les criminels.

Fossette occipitale moyenne ou fossette vermieime. — D'après Lombroso, la fossette occipitale moyenne est la plus caractéristique et certainement la plus atavistique des anomalies crâniennes des criminels.

Cette fossette est constituée par une dépression siégeant au niveau de la crête occipitale interne, dans la région correspondant au vermis ou lobe médian du cervelet. (Voirfig. 10.)

Lombroso a constaté que chez les normaux, elle n'existe que dans 4 pour 100 des cas, tandis que chez les criminels, elle se présente dans une proportion de 16 pour 100 et qu'elle y acquiert des dimensions beaucoup plus considérables que chez les honnêtes gens.

Marimo (i) a également reconnu la fréquence de cette anomalie ; il l'a trouvée dans la proportion de:

Européens normaux (i32o) 4. 19 «/•

Européens criminels ( 1 5o) 1 3

Zélandais (22) 5o

Australiens (222) 22

Américains (4Ô) 26

Egyptiens et étrusques (126) 19

(i) Archivio di Psichlatria, 1889. Cité par Lombroso, L'art" tkropologU crinUnelïe, p. 29.

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Romitî, Tenchini, Mingazzîni et Frigerio (i) ont obtenu des proportions numériques encore plus grandes.

La fossette occipitale correspond, suivant Lombroso, à un développement exage'ré du vermis; cette hypertrophie du vermis fait descendre le cervelet,

Fig. 10. — Crâne de criminel, (Lombroso),

Â, fossette occipale moyenne ; 6, crêtes limitantes de la fossette ; C, tubercules osseux de ces crêtes.

du rang élevé' des primates, au niveau des rongeurs, des lémuriens, ou bien, de Thomme développé, au fœtus dans le troisième ou quatrième mois de son évolution.

Mais rinterprétation donnée par Lombroso a suscité de vives contradictions.

Au Congrès d'anthropologie de Paris, Benedikt (2)

(i) Cités par Lombroso, Uanthropologie criminelle, p. 29. (2) Archives de V anthropologie criminelle^ t. IV, 1889, p. 555.

INDÎCE CÉPHALO-SPINAL 49

l'a critiquée en termes d'une cruelle ironie : « Il est facile, a-t-il dit, de faire des hypothèses : pourquoi ne pas dire que la fossette moyenne indique une prédisposition aux hémorroïdes, par exemple?»

Au surplus, le fait même de la fréquence de la fossette occipitale chez les criminels a été contesté. Héger et Dallemagne ne l'ont rencontrée qu'une seule fois.

A la Salpêtrière, où les vieillards ne sont admis qu'à la condition d'avoir un casier judiciaire absolument net, Féré (i) l'a trouvée bien marquée 12 fois sur 80, soit 1 5 pour cent.

Anomalies da trou occipital. — Orchansky a constaté que le plan du trou occipital, chez les criminels, est situé plus en arrière comme dans les races inférieures.

Il a aussi reconnu que sa superficie était plus considérable. Les recherches de Lombroso sont, à cet égard, contradictoires.

Indice céphalo-spinal. — • Sous ce nom, on entend le rapport entre la superficie du trou occipital indiquée en millimètres carrés et la capacité crânienne exprimée en centimètres cubes. Cet indice donne donc la valeur relative du trou occipital.

Topinard (2) a trouvé comme moyennes :

20 Italiens 19.9

6 nègres 16.8

3 Néo-Zélandais 17.9

2 Australiens 17.2

Chez les anthropoïdes, l'indice est plus faible encore que chez les nègres.

(i) Dégénérescenct et criminalité , Paris, 1888, p. 73. (2) L'anthropologie^ Paris, 1884, p. 256.

Feanootti. *- Anthropologie crimiqelle. 4

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