‹ L'anthropologie criminelleChapitre 87 sur 119 · ARTICLE III. — VOLONTÉ · texte numérisé non relu

ARTICLE III. — VOLONTÉ

Faiblesse de volonté. — La volonté du criminel est frappée d'une débilité plus ou moins prononcée. De cette faiblesse volitionnelle dépend la répugnance du criminel pour tout effort soutenu, pour le travail régulier, son impuissance à se créer une position et à sortir, par les voies normales, de la médiocrité. Par le fait de cette même débilité volitionnelle, il est incapable de maîtriser ses passions, de réprimer ses appétits, d'imposer silence à ses penchants déréglés. Il est une proie facile pour les entraînements de l'exemple ou des mauvais conseils.

Futilité des motifs. — Nous l'avons dit, le criminel-né est le jouet de ses passions, de ses appétits malsains : sa volonté est trop faible pour accorder à la raison le contrôle suprême qui lui revient dans le gouvernement de la vie. Aussi le voit-on arriver aux actes les plus graves, aux résolutions les plus sérieuses sans délibération, sous l'influence de motifs futiles ou tout à fait déraisonnables.

M. Du Camp parle d'une jeune fille qui se fait

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complice d'assassins « pour avoir de beaux bonnets ».

Un homme fort à Taise et largement en situation de satisfaire sa passion pour le linge blanc et pour les primeurs, tue sa fille qui, devenant grandelette, lui occasionne uni léger surcroît de dépense et lui semble une entrave à ses goûts dominants (M. Du Camp)(i).

Corre rapporte qu'à Lille, une petite bonne a empoisonné les deux enfants jumeaux de ses maîtres avec le phosphore d'un paquet d'allumettes, pour avoir l'occasion de sortir et de se distraire, en allant chez le médecin et le pharmacien.

Un bourreau de la Nouvelle-Calédonie se pendit parce qu'on avait changé sa guillotine de prédilection. Morselli parle d'un prisonnier qui se donna la mort parce que sa cellule était mal pavée !

Un individu était monté sur une échelle pour atteindre une fenêtre ouverte, quand il lui vint à l'esprit de se jeter en bas; jusqu'à ce moment, il n'avait pas songé au suicide (2).

Ivrognerie. — La boisson et le jeu sont les maîtresses passions du criminel-né.

Combien il est exposé à tomber dans l'ivrognerie ! Issu, dans un grand nombre de cas, de parents aicooisés, il y est entraîné à la fois par l'exemple et par une inclination héréditaire. Le cabaret est le rendezvous habituel des malfaiteurs : c'est là qu'ils se concertent et, souvent, le patron de l'établissement devient leur banquier, le dépositaire de leur butin.

En 1860, à Londres, on comptait 4,938 bouges uniquement fréquentés par des voleurs et des femmes de mauvaise vie. — Sur 10,000 meurtres commis en

(i) Cité par Corre, p. 171.

(2) Lombroso, p, 341.

FmAiicom. ~ Anthropologie crîmioelle. i3

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