ELEMENTS DU PROGNATHISME
région mesurée et sa longueur antéro-poslérieure ou projection horizontale. Le rapport de la seconde à la première exprime donc cette diagonale, ou la saillie de la région, la part de la hauteur étant faite. C'est ce que nous appelions, en 1872, l'indice de tel ou tel prognathisme ; mais depuis, sur le conseil de M. Broca, nous avons cru devoir le convertir par la méthode trigonométrique en un angle au point alvéolaire, qui a l'avantage de montrer directement ce que l'on cherche, Tangle d'inclinaison des lignes de profd sur le plan horizontal. Prenons un exemple particulier dans le prognathisme sous-nasal.
Soit le crâne le plus prognathe connu, un Namaquois du Muséum. La hauteur de l'épine nasale ou point sous-nasal audessus du plan horizontal y est de 20 millimètres ; la projection horizontale du même point à la verticale élevée au contact du bord alvéolaire, de \ 6 miUimètres. Le rapport de la seconde à la première, ou l'indice, est donc de 80, et l'angle au point alvéolaire donné par le calcul deul'jSo.
Prognathisme
Facial. Maxillaire.
Variations individuelles extrêmes... 890,5 à 630,9 87», 1 à 62o,5
,, . ,. , , f races blanches.. 83 ,0 à 77 ,0 81 ,5 à 75 ,2
variations dans les I . „„ „ , „, „ „-, „ > „, „
i — jaunes 79 ,8 à 74 ,3 77 ,0 à 74 ,3
moyennes | jjQjj.pg ^ 79 ,7 à 74 ,3 77 ,2 à 69 ,0
14 Guanches 80o,48 79o,98
350 Parisiens 79,00 78,13
76 Auvergnats 78,21 77,03
9 Esquimaux 70,71 75,31
58 Nègres Afrique occid.. 70,15 73,32
58 Néo-Calédoniens 75,48 72,15
7 Boschim. et Namaq... 74 ,11 69 ,00
Ce premier tableau porte sur le prognathisme de la face (supérieure) dans son entier et sur le prognathisme du tnaxil-
PliOGNATHISMK VRAI. 303
/aire également dans son entier. (,es variations extrêmes observées sur près de 1 500 crânes, la limite des moyennes dans une soixantaine de séries de toutes races et quelques exemples de ces moyennes y sont consignés. Nous renvoyons à notre travail pour le prognathisme de la région nasale prise à part celui que mesure M. Virchow; il a peu d'intérêt (i).
Les résultats, hâtons-nous de le dire, n'ont pas répondu à notre attente pour ces deux sortes de prognathismes ; les anthropologistes se sont trompés jusqu'à ce jour en accordant tant d'importance à la saillie totale du maxillaire ou de toute la face ; la craniométrie prouve ici que la méthode du sentiment était dans l'erreur. Les variations sont souvent déterminées par des circonstances anatomiques étrangères au caractère supposé ; il n'y a pas de fixité de résultat dans une même série et les contradictions les plus flagrantes se rencontrent entre moyennes de races voisines. Cependant il y a dans la distribution générale de leurs angles une certaine conformité avec les idées admises à cet égard, qui provient de la part que prend au prognathisme général de la face ou du maxillaire le prognathisme particulier de la région sous- nasale. Le prognathisme de la face est absolument à rejeter comme caractère sérieux. Celui du maxillaire en entier donne quelques renseignements çà et là.
Tout autrement faut-il considérer le prognathisme aîvéolo-sousnasal, intéressant à la fois la portion du maxillaire sous-jacente à l'épine nasale qui répond à la voûte palatine ei la suivante dans laquelle sont creusées les alvéoles. C'est à lui exclusivement que devrait être réservé le terme de prognathisme, ou, dans un sens plus général, de prognathie. C'est de la région sous-nasale dont il faut uniquement tenir compte lorsqu'on veut reconnaître la
(1) Des diverses espèces de prognathisme, par Paul Topinard, in Revue d'anthrop , t. I el IV, anuée 1872 et 1875.