ANGLES DES CO.NDYLES
l'orang et augmente encore chez un pithécien ; ce qui veut dire qu'une petite face et réciproquement un grand crâne sont des caractères de supériorité dans l'échelle des primates. Mais en regardant aux âges, les choses se présentent différemment. L'angle sphénoïdal est un peu plus grand dans Tenfance par rapport à ce qu'il sera plus tard chez Thomme, et notablement plus petit chez les singes ; ce qui se concilie avec la proposition de M. Welcker (1) que l'homme a moins de cavité cérébrale à sa naissance, par rapport à son volume maximun à venir, mais que cette cavité s'accroît beaucoup plus rapidement (voir p. 141).
On s'est demandé quelle relation il y a entre l'ouverture de l'angle sphénoïdal, c'est-à-dire le redressement et l'inflexion du corps des vertèbres crâniennes, et le prognathisme. M. Virchow aflirme qu'elle diminue lorsque celui-ci augmente. M. Welcker dit l'inverse. M. Lucœ assure qu'il n'y a aucun rapport entre eux. La même comparaison a été faite avec Tangle naso-basal, mais mal à propos, celui-ci ne mesurant qu'une faible partie du prognathisme, la moins importante, celle que nous avons appelée nasale ou sus-maxillaire dans notre travail.
L'angle sphénoïdal soulevait une grosse objection, il ne pouvait se mesurer que sur une coupe et obligeait à ouvrir le crâne. M. Broca y a répondu par son procédé du crochet sphénoïdal montré dans la figure 39, procédé récemment perfectionné (2).
Sous la dénomination peu réussie d'angle des condylcs, M. Ecker entend l'angle obtus ouvert en haut et en arrière que forme le plan du trou occipital avec le plan de la gouttière basilaire
(1) Mémoire sur les microcéphales, par Cari Vogt, Genève, 1867.
(2) Voir Dicl. encycl. se. m^dicaies, article Angles cépualiques, par M. Berlillon, 1866.
318 ENDOMÉTRIE.
OU clivus (1). Il variait de 100 à 125 degrés chez 12 nègres et de 117 à 140 sur 12 blancs ; les moyennes étant de 113",d chez les premiers et de 128'',2 chez les seconds. La différence est donc assez remarquable pour que cette mesure mérite d'être conservée ; elle provient, suivant l'auteur, de ce que le plan du trou occipital s'abaisse par son bord antérieur ainsi que M. Broca l'a démontré à l'aide de ses angles occipitaux. Mais ce qu'il y a de singulier,.et ce n'est pas la première fois que nous rencontrons des faits de ce genre, le même angle chez les anthropoïdes se rapproche davantage du blanc que du nègre. Il était de 120 degrés chez un jeune orang, de 122 chez un gorille, de 128 chez un vieil orang; sa diminution chez le nègre n'est donc pas due à l'abaissement du plan du trou occipital, puisque celui-ci s'abaisse davantage encore chez les anthropoïdes. Les variations de l'angle d'Ecker tiennent donc à Tinclinaison de la gouttière basilaire.
Sous ce titre de systèmes particuliers, il y aurait bien des choses à dire qui n'ont pas trouvé place dans les chapitres précédents. Nous n'en mentionnerons que quelques-uns.
Si Ton attache de l'importance à la configuration extérieure de la boite crânienne, que ne ferait-on pas étudier pour sa surface interne ou endocrâne, sans être obligé de mutiler la pièce? M. Broca, après avoir perfectionné le cubage de la cavité, a porté son attention sur son examen direct. De là une série d'instruments imaginés par lui, pour prendre des empreintes dans son inférieur, y relever des mesures droites et angulaires, en retracer les contours craniographiques et y plonger directement le regard. Les applications en sont encore à l'étude. Pour montrer les résultats qu'on a le droit d'en attendre, il suffira de mon-
(1) Veber die verschiedene Krummung des Schàdelrohres und uher die Stelhtng des Schàilels auf der Wirbelsuie beim Neger Wid beim Europeer, par M. A. Ecker, in Arch. fUr anthrop., Bd. IV.
RESEAU CRANIEN DE WELCKER. 319
trer los difiorences que donne le trapèze de la base intercepté entre les trous optiques et les trous acoustiques internes.
Type Tj-pe Type
caucasiquc. mongolique, élhiopique.
m m . mm . mm .
Distance bioptique 23,88 23,75 22,28
— biacoustique 34,55 52,00 AG,00
Angle aigu formé par le prolongement des deux autres
côtés 710,1 700,9 730,1
Surface du trapèze J737 133G 1338
Le bec de l'encéphale, d'autre part, a pu être étudié en prenant l'empreinte à travers le trou occipital delà fosse ethraoïdale dont la forme et la profondeur correspondent à son développement sur le cerveau (1).
Le réseau crânien de M. Welcker, système de triangulation de la surface externe de l'ovoïde crânien, la face étant laissée de côté n'a pas donné encore de résultats dignes d'être reproduits. Il se compose d'un quadrilatère crânien supérieur compris entre les bosses pariétales et les bosses frontales; d'un quadrilatère frontal plus petit, compris entre celles-ci et la ligne réunissant les apophyses orbitaires externe du frontal; d'un quadrilatère crânien inférieur dont le coté antérieur est formé par cette ligne et le côté postérieur par la ligne allant d'un sommet d'une apophyse mastoïde à l'autre; d'un triangle ayant cette dernière ligne pour base et Tinion, pour sommet. Un triangle à sommet encore à Tinion, mais à base sur la ligne des deux bosses pariétales^ termine le circuit des figures paires. Deux quadrilatéraux et deux triangles latéraux complètent le système entier. Inutile d'insister.
(I) Sur l'endocrâne, par M. Paul Broca, in BuU. Soc. d'anthrop. , séance du 18 avril 1873.