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CHAPITRE X

SQUELETTE. SES CARACTÈRES DESCRIPTIFS ET OSTÉOMÉTRIQUES, SES PROPORTIONS. — VISCÈRES. — CERVEAU, SON POIDS.

Les autres parties du squelette ont été moins étudiées que le crâne, en premier lieu parce qu'on n'en comprenait pas l'intérêt et en second lieu parce que les voyageurs et les archéologues négligeaient de les recueillir.

Les caractères qu'ils fournissent sont de deux ordres : les uns portent sur la configuration même des os, les autres sur leurs proportions respectives. Parmi les premiers se rangent la perforation de l'humérus, certaines formes du fémur, du tibia, du péroné et du cubitus, la torsion de Thumérus et du fémur, la courbure de ce dernier, l'angle que fait son corps avec la diaphyse, la saillie du calcanéura, la largeur de l'olécràne, etc. Nous ne nous attacherons qu'à quelques-uns.

La perforalion de la cavité olécrànicnne de l'humérus remarquée sur quelques squelettes de Hottentots et de Guanches se rencontre aussi chez le nègre et chez l'Européen. Son degré de fréquence parmi les races de France a été l'objet de discussions dans ces dernières années, et l'on s'est demandé si ce caractère n'a pas spécialement appartenu à quelqu'une des plus anciennes. Le tableau suivant réunit les éléments de la question.

322 PERFORATION DE L HUMERUS.

Nous devons à l'obligeance du docteur Priinières de Marvejols, auquel Tanthropologie est redevable déjà de tant de précieuses découvertes, tout ce qui concerne la Lozère. Les résultats sur la station prcgauloise de Campans proviennent de MM.Broca et Millescanips, ceux sur les Parisiens du quatrième au dixième siècle et sur les montagnards de l'Ain sont de nous-méme. Les autres ont été publiés spécialement dans une note, page 366 des Mémoires de M. Broca, t. H. Nous ne reproduisons que les cas où le nombre des humérus sur lesquels on a opéré est indiqué.

Nombre d'humérus. Pour cent.

6G Caverne de l'Homme-Mort (Lozère) 10.6

368 Dolmens de la Lozère 10.6

128 Stations de la pierre polie de Vauréal, Orrouy

et Chamans 21 .7

44 Station prégauloise de Campans 12.5

42 Montagnards de l'Ain du cinquième siècle. .. 27.7

69 Basques français 13.4

200 Parisiens du quatrième au di.\ième siècle 5.5

218 — du moyen âge 4.1

150 — antérieurs au dix-septième siècle.... 4.6

1000? — Mérovingiens de Chelles 2.0

11 en résulte que la perforation de Thumérus, comme caractère habituel, remonte au-delà de la pierre polie, qu'elle était encore fréquente à cette époque, qu'elle s'est maintenue parmi les populations placées dans des conditions favorables de résistance aux mélanges et qu'elle a diminué depuis le commencement de notre ère. Sa rareté excessive dans les sépultures aristocratiques de Chelles semble expliquer cette diminution.

La liste suivante des variations que donnent des stations semblables de la même époque montre combien il faut cependant être réservé. Il s'agit d'autant de dolmens indiqués à part par M Prunières de Marvejols :

TIBIA PLATYCNÉMIQUE.

Dolmori n» 1... 27 humérus, 7 perforés, 25 pour cent.

— 2... 63 — Il — 17 —

Enfin il est bon de remarquer que la perforation ne se montre pas toujours des deux côtés à la fois, ce qui tend à en atténuer la valeur ; qu'elle offre divers degrés, et enfin, selon M. Broca, qu elle est plus particulière à la femme.

Le caractère que présente quelquefois le tibia et qui porte le nom de plalycnémie ou en lame de sabre est bien plus frappant.

Cet os est décrit dans tous les ouvrages d'anatomie comme prismatique, triangulaire à la diaphyse ; son bord antérieur saillant sous la peau prend le nom de crête du tibia ; son bord

Fig. 40. — N" 1, tibia triangulaire ordinairn; coupe delà diaphyse à la hauteur du trou nourricier. N" 2, tibia platycnémique ; coupe au même niveau.

interne donne insertion à une aponévrose qui de là se porte au péroné et sépare les muscles de la région antérieure de ceux de la région postérieure de la jambe; sa face postérieure est traversée en haut par une ligne oblique rugueuse servant d'insertion au muscle poplité, et en bas par une ligne longitudinale donnant insertion à d'autres muscles contigus. Dans la platycné-

324 FEMUR A COLONNE.

mie, le tibia n'a plus que deux faces dans ses trois cinquièmes supérieurs, Tune interne, l'autre externe ; le bord antérieur s'est aminci, les ci-devants bords interne et externe occupent le milieu des deux faces et le nouveau bord postérieur répond aux lignes d'insertion musculaires ci-dessus. La figure donne la coupe des deux sortes de tibia.

La platycnémie s'observe çà et là dans beaucoup de sépultures de nos pays, mais avec une fréquence variable. La première fois qu'elle ait été remarquée, c'était sur les tibias de la famille ensevelie à Cro-Magnon, du temps de la pierre taillée. Elle a souvent été signalée depuis en Angleterre, aux époques de la pierre polie et prégauloise. Sur 200 tibias parisiens des cimetières de Saint -Marcel et de Saint-Gerraain-des-Prés, datant du quatrième au dixième siècle, recueillis par nous, o,2o pour 100 étaient platycnémiques et 14 pour 100 y tendaient. Ce caractère se rencontre dans les sépultures anciennes en même temps habituellement que les suivants : le péroné eannelé, c'est-à-dire dont les gouttières longitudinales d'insertion musculaire sont excavées à l'exagération, le cubitus incurvé en avant dans son quart supérieur et le fémur à colonne. Ce dernier mérite d'être décrit à part.

Les muscles de la partie postérieure de la cuisse s'attachent plus particulièrement à deux lignes longitudinales qui forment le bord postérieur du fémur et portent réunies le nom de ligne âpre. Ces deux lignes font défaut chez l'anthropoïde, le bord y est arrondi. Chez l'homme, elles sont à peine visibles ou confondues en une seule ; ou bien elles sont saillantes et .séparées par un intervalle rugueux. Dans le cas du féraur à colonne, elles forment une saillie plus forte encore, leur écartement est plus grand et les faces voisines de l'os en s'excavant augmentent leur relief; d'où leur aspect en pilastre régnant dans les trois cinquièmes moyens de l'os. Les fémurs de Cro-Magnon en sont

CARACTÈRES OSTÉOMÉTRIQUES. 325

rcxcniplo le plus frappant; ceux de Guanches que possède le laboratoire de M. Broca sont presque dans le même cas. Sur les 200 fémurs parisiens do la provenance ci-dessus, 6,0 fois pour 100 la colonne était très-marquée et 3G fois elle TélaU encore, mais moins : tolal, 42 pour 100.

11 semble donc que ces caractères du tibia, du fémur et du péroné aient appartenue une même race ancienne de l'Europe occidentale. Les trente sujets de la grotte de Sordes dans le pays basque, âge de la pierre polie, les présentent tous. Mais, chose remarquable, jamais ils ne se rencontrent avec la perforation de la cavité crânienne. Les deux races qui nous ont légué les deux sortes de caractères seraient donc distinctes.

Caractères ostéométriques. — Nous avons exposé page 80 les difficultés que rencontre la détermination des proportions du corps sur le squelette et sur le vivant tout à la fois et les deux méthodes qui se partagent les faveurs des anatomistes, l'une rapportant la longueur des os à la taille, l'autre les comparant à d'autres os. Nous avons également fait connaître les résultats généraux acquis par la comparaison de l'homme et des anthropoïdes. 11 nous reste à parler des différences appréciables entre les races, immédiatement de celles qu'on relève directement sur le squelette, plus tard de celles qu'on étudie sur le vivant.

Le choix des mesures et des procédés ostéométriques varie suivant le but qu'on se propose. Lorsqu'on veut calculer les proportions du corps, on s'efforce de mesurer l'os dans sa position normale, le sujet supposé debout, et de n'y comprendre que la portion qui contribue à la longueur totale du membre. D'autres fois t>n se contente de leur longueur absolue. Pour certains os, comme la clavicule, le péroné et même le cubitus, celle-ci est suffisante en général ,• on étend Tos sur une planche graduée, la planche ostéométrique de M. Broca de préférence, et à l'aide d'une équerre, on prend les deux projections les plus

326 PROCÉDÉS OSTÉOMÉTRIQUES.

écartées qu'elles donnent sur cette planche. Tel est le procédé le plus général. Au radius on agit encore de même, mais à son corps défendant ; Pavant-bras en effet s'arrête réellement à la surface articulaire convexe du carpe et, par conséquent, à la cavité articulaire correspondant à Textrémité inférieure du radius ; mais aucun endroit du pourtour de cette cavité ne fournit de point de repère fixe , en sorte qu'on 3e voit forcé de comprendre l'apophyse styloïde dans la longueur de l'os, s'en consolant en ce que la mesure devient plus facile à rapporter à la même prise sur le vivant. A Thumériis l'obliquité naturelle de l'os est si faible, qu'on peut la négliger, il n'y a d'hésitation dans les points de repère que pour son extrémité inférieure. White mesurait l'humérus du bord de l'acromion au sommet de l'olécrane, ce qui n'avait qu'un avantage, celui de répondre à la mesure sur le vivant. M. Hamy poursuivant ses études sur le développement de l'os, prenait son point inférieur au [sommet du condyle. M. Broca, voulant ajouter l'humérus au radius, fait terminer le premier à leur point de contact, la petite tête. Au tibia, la limite supérieure est sans conteste le plateau articulaire; mais l'inférieure, si l'on se préoccupe seulement de la jambe, est la cavité s'articulant avec l'astragale, et dans la pratique l'un des bords de cette cavité ; il faut donc dans ce cas écarter la malléolle interne, qui est comme un os surajouté. Certes, il n'est pas rationne!, lorsqu'il s'agit des proportions des membres, de comprendre à la jambe la malléole interne, lorsqu'à l'avant-bras on élimine l'apophyse styloïde ; mais nécessité fait loi.

Le fémur est l'os long où les procédés doivent forcément varier selon le but qu'on poursuit. Veut-on avoir sa longueur se rapportant à la taille, il faut tenir compte de son obliquité; pour cela on étend l'os sur sa face postérieure, de façon que ses deux condyles appuient d'équerre contre un plan vertical;

la position régulière de l'os sur le vivant est ainsi obtenue et il ne reste qu'à déterminer avec Téquerre son maximum supérieur, soit au sommet de la tète, soit au sommet du grand trochanter, le premier point étant le -bon pour les proportions générales. Veut-on avoir au contraire la longueur absolue, le grand trochanter inclusivement ou exclusivement, on opère comme précédemment pour la clavicule, en étendant Tos sur son côté externe.

Voyons les résultats pour les proportions du squelette.

White, dès Tannée 179-i, avait remarqué sur le vivant et démontré à la fois sur le vivant et sur le squelette que Tavant-bras du nègre comparé au bras est plus long que celui de l'Européen; mais, ne faisant pas usage des moyennes ni des rapports, il ne persuada personne jusqu'à Lawrence en 1817. Humphry fut plus affirmalif encore en 1838. La cuisse et le bras du nègre, dit-il, sont plus courts que ceux du blanc; son membre supérieur est plus long ; entre son bras et son avant-bras il y a moins de différence ; sa jambe a la même longueur d'une façon absolue, mais, comparée à la cuisse, est plus longue. Sa main est d'un huitième et son pied d'un douzième moins long. Voici du reste ses mesures rapportées à la taille = 1 00.

Différence

25 Européens. 23 nègrjs. rapportée

au nègre.

Humérus -f- radius. .. 33.69 34.68 -t-0.99

Fémur -j- tibia 49.66 50.63 -t-0.97

Radius 14.15 15.16 -t-1.01

Humérus 19.54 19.52 —0.02

Tibia 22.15 23.23 -1-1.08

Fémur 27.51 27.40 —0.11

Mais l'objection (voir page 86) qu'on ne peut savoir la taille véritable sur le squelette monté surgit. Prenons donc les chiffres •de M. Broca. Dans le tableau suivant les longueurs absolues sont

comparées entre elles et additionnées suivant le besoin. Nous attirons l'àtlention surtout sur les trois premiers rapports.

Différence

9 16 rapportée

Européens nègres, au nègre.

Humérus -4- radius : fémur -(-tibia = 100. 69.73 68.27 — 1.4C

Radius : humérus = 100 73.93 79.40 4-5.47

Tibia : fémur = 100 79.72 81.33 -fl.bl

Radius : fémur 4- tibia = 100 29.54 30.38 4-0.64

Humérus : fémur -H tibia = 100 40.11 38.20 —1.91

Clavicule : humérus =100 44.63 46.74 4-2.11

Les propositions ci-après en découlent : 1° la clavicule, par rapport à l'humérus, est plus longue chez le nègre; 2° son membre antérieur, de l'épaule jusqu'au poignet, est un peu plus court, ce qui à priori est une anomalie lorsqu'on se [rappelle qu'il est plus long, au contraire, chez l'anthropoïde ; elle va peut-être s'expliquer, du reste ; 3° son radius, par rapport à l'humérus, est sensiblement plus long, ce qui le rapproche de celui du singe. White, Humphry et M. Broca sont tous unanimes à cet égard ; 4° son tibia, comparé au fémur, est plus long, ce qui, si 'notre conclusion de la page 91 se confirme, le ferait par là moins simien que l'Européen (1); o"' son humérus, enfin, serait plus court, et là sans doute est l'explication de l'anomalie ci-dessus. Le membi'e supérieur du nègre serait plus court, par rapport à celui de l'Européen, non parce que son radius ne s'est pas allongé, mais parce que son humérus s'est relativement raccourci. De la réunion des deux caractères inférieurs

(1) Une légère erreur de chiffre s'est glissée à celle page 91, à propos précisément du rapport du tibia au fémur chez rhomme. Dans la seconde colonne du tableau, au bas de la page, au lieu de homme. 83.5, lisez homme. 80.6. Ce qui ne change rien aux déductions que nous en lirons.

est né à son profit un caractère supérieur. I/anomalie dans la liste de M. Broca est, du reste, peut-être accidentelle ; les chiffres de M. Humphry, rapportés à la taille, poussent à l'admettre. Enfin, elle perd toute son importance lorsqu'en considérant diverses races, on voit le peu de dispositions à la série que présentent les proportions du squelette.

Suivent quelques rapports calculés sur le modèle de M. Broca, d'après des mensurations empruntées à lUM.B. Davis (1), Humphry, Owen, Broca et nous -même :

H.+R.:F.+T. Rad. : Hum. Tib.:Fem.

1 Annamite 67.5 76.7 67.5

1 Aïno 68.4 75.2 76.8

4 Tasmaniens 68.2 83.5 84.3

5 Boschimans 68.4 75.5 83. &

3 Australiens 70.7 75.6 76.9

1 Andaman 70.3 79.9 81.8

1 noirde Pondicliéry. . 7]. 7 82.9 84.4

La première colonne de ce tableau, rapproché du précédent, montre en effet que sous le rapport de la proportion du membre supérieur au membre inférieur, il n'y a aucun échelonnement sériel à y rechercher. L'Annamite aurait le bras le plus court ; l'Aïno, les nègres, les Boschimans et les Tasmaniens viendraient ensuite au même niveau; les Australoïdesetr.\ndaman auraient le plus long, le plus simien. Quant aux blancs, ils tiendraient une place moyenne indifférente qui détruit toute gradation . Sous le rapport des proportions du radius à l'humérus, les sujets se disposent mieux : les Européens ont Tavant-bras le moins simien ; mais les Australoïdes n'occupent plus la place la plus voisine des anthropoïdes comme tout à l'heure, ce sont les Tasmaniens. Sous

(1) On ihe Osteology and PecuUarities of ihe Tasvianians , par J. Barnard Davis. Harlem, 1874.

le rapport du tibia comparé au fémur, il faut bien avouer qu'il n'y a que des caractères individuels s'étendant ou non à toute la race ; nous maintenons cependant notre conclusion précédente, déduite de la comparaison de l'homme et des anthropoïdes, que le tibia court est un caractère d'infériorité.

Le plus évident, dans cet aperçu, c'est que les proportions du squelette ne se rapprochent pas ou ne s'éloignent pas de celles des anthropoïdes par toutes leurs parties, mais tantôt par l'une, tantôt par l'autre, sans qu'il y ait de règle à établir, de prévision possible. Rien n'est plus contraire à la théorie monogénisle d'une gradation hiérarchique des races ; ces données plaident au contraire en faveur de formations parallèles. Un type est supérieur par un point et inférieur par un autre. Il en est de même dans la famille des anthropoïdes : il y a divergence de proportions entre leurs genres et espèces comme entre les races humaines (i;.

Le squelette fournit bien d'nulrcs caractères ostéométriques d'un ordre secondaire que le défaut d'espace nous empêche d'aborder et, du reste, encore à l'étude. Tels sont : le degré de courbure du fémur, ou hauteur de la diaphyse au-dessus de l'os étendu sur un plan horizontal ; l'angle d'inclinaison de la diaphyse sur le plan passant par la face inférieure de ses condyles, c'est-à-dire son obliquité normale pendant la station ; l'angle de son col avec la diaphyse ; l'angle de torsion de l'humérus; les diamètres antéro-postérieur et transverse du tibia, dont on compose un indice qui apprécie laplatycnémie; la largeur €t l'épaisseur de l'olécrane, qui donnent un indice important;

(I) Voir mémoires de M. Broca, cilés p. 90. — A Trealise on the Human Skeleton, par Humphry. Cambrlûge, \8dS.— Recherches sur Us proportions du bras et de L'avant-bras, par E. Hamy, in lievue d'anthropologie, vol. I, lh72. — Observations on the Skeleton of a Hoftentot, par Jeffries Wyman, in Anthr. Bevieio. London, vol. III; 1865, etc.

la longueur du calcanéum en arrière du bord articulaire du tibia, etc.

Les proportions du tronc, à rcxception du bassin, ne peuvent guère s'étudier ijue sur le vivant.

Le bassin, furmi' par les deux os des îles et par le sacrum, se divise en deux parties : le grand bassin ou portion supérieure élargie, et le petit bassin ou excavation pelvienne, par lequel passe le fœtus à ternie.

Camper et Sœmmering remarquèrent que le bassin du nègre, dans son ensemble, est plus étroit que celui du blanc. Cuvier insiste, dans son brillant mémoire sur la Vénus hottentote, sur divers caractères d'infériorité qu'il lui trouve. Weber établit que le détroit supérieur, c'est-à-dire l'orifice supérieur de l'excavation, présente quatre formes qui se rencontrent dans toutes les races, mais plus fréquemment la forme ovale chez l'Européen, la carrée chez le Mongol, la ronde chez l'Américain et la cunéiforme chez le nègre. En 1826, Vrolik conclut que le bassin du nègre mâle, par sa force et son épaisseur, par le défaut de transpai'ence de ses fosses iliaques, par la projection plus élevée de son extrémité supérieure et par ses épines iliaques moins saillantes, moin? éloignées des cavités cotyloïdcs, se rapproche de celui des animaux, et que néanmoins le bassin de la négresse conserve une certaine gracilité. En 1864, Joulin établit que le diamètre transversc du détroit supérieur l'emporte toujours ï^ur l'antéro-postérieur chez la femme, et ajoute que sous le rapport de la configuration il n'y a que deux groupes humains : l'européen et le mongol-nègre. La négresse, dit-il, a les ailes iliaques plus verticales, la transparence des fosses, la capacité et la profondeur de l'excavation moindres, l'arcade pubienne et son angle plus grands. Mais M. Joulin n'avait étudié que le bassin de la femme, et M. Pruner-Bey, l'année suivante, s'attacha à prouver que les différences ethniques de-

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