‹ L'anthropologieChapitre 201 sur 209 · TYPE HOTTENTOT · texte numérisé non relu

TYPE HOTTENTOT

noirs, longs, laineux et insérés obliquement par petites touffes, les rapprochent des Papous. Leurs pommettes saillantes, grosses et écartées, et leurs fentes palpébrales, petites et obliques, rappellent d'autre parties races chinoises (Barrow); leurs yeux, en outre, sont chàtain-foncé ou noirs et très-écartés. Leur capacité crânienne est de 1290 (Broca), c'est-à-dire de 82 centimètres cubes de moins que chez les nègres occidentaux ; ils sont plus dolichocéphalcsquecesderniers. Leur front étroit est en revanche élevé et souvent bombé à la hauteur des bosses frontales. Leur nez est affreusement épaté, leurs narines sont grosses, divergentes et ouvertes de face. Leur prognathisme est généralement énorme, mais variable. Leur bouche est grande et munie de lèvres saillantes et retroussées. Leur menton est pointu, quoique supporté par une mâchoire fuyante. Leurs oreilles sont grandes et sans lobule.

Les Hottentots sont peu barbus et ont la peau glabre. Leur taille est au-dessous de la moyenne, du moins dans les trois tribus en question, les Korannas étant un peu plus grands, ce qui pourrait tenir à un croisement avec les Cafres. Leurs jointures sont grosses, quelques-uns ont les pieds larges et forts, mais la majorité les ont assez petits ainsi que les mains. Les uns sont frêles, les autres bien musclés.

La stéatopygie particulière à la femme s'exagère avec la puberté. Elle se rencontre çà et là dans tout le groupe bottentot et, comme nous l'avons dit, jusque dans des régions occupées parles Somalis, que la race hottentote n'habite plus. Dans un cas cité par Barrow, la masse tremblotante qu'elle forme dépassait la ligne du dos de 14 centimètres (voyez page 383). Ce caractère n'est du reste habituel que dans la tribu des Boschimans, de même que le tablier.

Le type des Hottentots est d'ailleurs sans unité ; on dirait une agglomération d'anciennes races refoulées dans cette extrémité

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de terre. Un exemple suffira: sur quinze de leurs crânes, le prognathisme était de 73'',o, sur trois Hottentots de la colonie à peine celui des races jaunes les moins prognathes, tandis que deux Boschimans donnaient un angle alvéolo-sous-nasal de 63%4 et cinq Namaquois celui de 38°,2, dont un de 51°,'^. Un écart aussi considérable est une preuve positive de mélanges. De même M. Broca pour leur platyrhinie a-t-il trouvé des différences allant de 46 à 72.

Les voyageurs s'accordent à considérer, le plus grand nombre les Boschimans, quelques-uns les Namaquois, comme formant un type spécial. Trois caractères plaident en faveur des premiers ; Texagération de la stéatopygie, qui est l'exception chez les Hottentots et la règle avec des proportions énormes chez les Boschimans ; le tablier, qui est dans le même cas, et la taille beaucoup plus petite que celle des Hottentots. Livingstone prétend avoir vu un Boschiman de 1"',83, mais il est certain qu'il appartenait à une tribu cafre voisine, ce qui vient à Tappui de notre opinion que le pays est entremêlé de représentants de races très-diverses. Les autres caractères leur sont communs avec les Hottentots : les cheveux insérés par touffes, la peau de couleur jaunâtre ou chêne verni sale, etc. Leur angle facial varie de 64 à 70, suivant Fritsch ; il est de 64 degrés sur l'un des Namaquois du Muséum : c'est le plus bas connu chez l'homme.

La Vénus hottentote, en réalité la femme boschimane, morte à Paris et dont la figure en pied est au Muséum, est un excellent échantillon de cette race, quoiqu'elle fût jugée très-grande parmi ses semblables. Cuvier en a tracé une excellente description dans laquelle le grand naturaliste s'oublie. Nous en extrayons quelques passages : « Elle avait une façon de faire saillir ses lèvres, dit Cuvier, tout à fait semblable à ce que nous avons observé chez l'orang-outang. » Pour qui a vu ces anthropoïdes, la remarque est d'une grande justesse. « Ses mouvements

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