Voir Méthodes en morale, chap. 11, p
ses fins seront indiqués brièvement au point de vue objectif, et nous ne chercherons nullement à déterminer la ligne de conduite que l'individu devra suivre. Étant donné les théories soutenues par cet ouvrage, nous pouvons définir l'éthique: la science et l’art de la conduite morale. Comme l’a dit Spencer : « Considérée comme comprenant les lois de la vie morale et pratique en général, l'éthique a un champ beaucoup plus étendu que celui qu'on lui assigne communément. En dehors des règles de conduite communément approuvées comme bonnes, ou réprouvées comme mauvaises, elle embrasse toutes les règles de conduite favorisant ou empêchant, directement ou indirectement, le bien-être de soi-même ou des autres»!. La philosophie matérialiste, comme nous le verrons bientôt, réduit le « doitêtre » de la morale à un «il faut » ou à un « sera ». La philosophie positiviste démontre que le but de la science doit être la prévision. Donc, en éthique, et en nous plaçant à ce point de vue, nous ne pouvons savoir ce qui devra être, ce quil faudra, ou ce qui sera, si nous ne savons pas parfaitement ce qui estet ce qui a été, en fait de conduite morale. lei, comme dans d’autres sciences et arts, nous jugeons de l'avenir par le passé. Le domaine de recherche de l'éthique s'agrandit dès lors extrèmement. Elle ne se bornera plus à tirer des déduelions abstraites au sujet de la nature de la fin éthique et des règles de l’action juste; elle découvrira par induction celle fin éthique et appuiera ses décisions relatives à la moralité des actions futures sur la connaissance qu'elle aura acquise des actions passées et de leurs résultats. C’est dans ce système positif d'éthique,