‹ L'Anthropométrie des dégénérés: Rapports entre les mensurations des différents segments anthropométriquesChapitre 19 sur 22 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

Il nous paraît résulter très nettement de l'exposé que nous venons de faire, que l'on peut observer, sous l'influence des causes héréditaires ou acquises, des anomalies de développement du crâne, des membres supérieurs et inférieurs et de leurs extrémités, anomalies qui sont décelées par la méthode des comparaisons el des rapports entre les segments anthropométriques.

Nous ne voulons pas dans ce travail déterminer avec précision les services que pourra rendre à l’observation médicale l'application systématique et raisonnée de cette méthode. Nos observations sont trop peu nombreuses pour que nous puissions préciser et différencier les types résultant des insuffisances glandulaires de ceux qui sont déterminés par des facteurs ethniques et héréditaires divers. Notre but a été simplement de préciser les données scientifiques sur lesquelles la méthode que nous préconisons a été étayée et d'indiquer la simplicité de son application et de sa généralisation. Nous le répétons, pour obtenir des résultats certains en anthropométrie, 1l faut une

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méthode unique qui fournisse à tous les observateurs des données identiques. Cette méthode, nous l'avons basée sur l’utilisation de la fiche anthropométrique, laquelle donne des résultats numériques inattaquables. Il est nécessaire que le contrôle des faits que nous apportons soil fait dans les différents centres où l’on utilise le bertillonnage, et dans les différents pays pour que nous puissions fixer définitivement les règles que nos constatations nous ont permis de poser. Alors seulement, on pourra compulser les observations faites avec les mêmes méthodes, avec les mêmes procédés et trouver dans les rapports des différents segments du corps, les signes d’une dissymétrie du développement qui, tout comme la dissymétrie du développement des facultés intellectuelles et morales, est la caractéristique de la dégénérescence.

À l'heure actuelle, ce que nous pouvons affirmer, c’est que ces rapports anormaux entre les segments anthropométriques sont très fréquemment associés aux multiples syndromes psychiques qui relèvent de la dégénérescence (idiotie, imbécllité, débilité mentale, impulsions et obsessions), syndromes qu'on ne retrouve pas au cours des intoxications et en particulier de l'alcoolisme acquis.

Nous croyons donc à l'avenir de cette méthode qui pourra fournir, pour l'étude des collectivités, un procédé de classement des anormaux. Elle ne trouve pas seulement son application dans les prisons; nous avons étudié dans ce milieu spécial, car là seulement nous trouvions le système de Bertillon régulièrement organisé. Nous pensons que, dans les écoles et surtout

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dans l’armée où l’on cherche et où l’on cherchera de plus en plus à séparer les mal faits des éléments véritablement utilisables, 11 y aurait dans l'observation anthropométrique un procédé simple et rapide de sélection. C’est là toute une question à étudier et à laquelle notre carrière de médecin militaire nous permettra peut-être de nous attacher.

Enfin, en médecine légale, la méthode des rapports des segments anthropométriques sera un procédé d'investigation précieux pour les experts qui doivent, pour baser leur appréciation sur un état mental, débrouiller à l’aide d'enquêtes difficiles les modifications hérédiaires ou acquises d’un organisme.

La voie est largement ouverte pour les recherches dans les différentes branches que nous venons d'énumérer.

Nous n'avons eu d’autre intention que d'apporter un tribut modeste à ces études nouvelles : nous serions heureux d’avoir réussi à montrer tout l'intérêt qui s'attache à elles.

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