‹ L'antiquaireChapitre 5 sur 35 · ANNA, JULIEN · texte numérisé non relu

ANNA, JULIEN

(Ils entrent par deux portes latérales, s'avancent peu à peu et finissent par se rencontrer au milieu de la scène... Il fait presque nuit.)

ANM.

Qu'il fait noir I que je tremble I ô silence et mystère I Faut-il qu'en cette nuit je te cherche, ô mon père !

JULIEX.

L'ombre descend. . . c'est l'heure. . . il faut parler enfin. Mais au nom de quel droit? réponds , pauvre orphelin ! L'antiquaire insensé ! pour lui plus de famille ! Va-t-il perdre à la fois sa fortune et sa fille ? J'entends ses pas 1. . . Mon Dieu , prête-moi ton appui I

ANNA, entendant les pas de Julien.

Je n'oserai jamais lever les yeux sur lui I...

JULIEN

(A part.)

Monsieur ! . . . Que vois-je ? Anna !

ANNA , les yeux baissés , avançant toujours.

Pitié pour moi , mon père !

Je suis jeune. . . je souffre. . . et je n'ai plus ma mère !

(A part. )

Si j'osais !...

JULIEN , à part.

Si j'osais !

(Ils se prennent la main ensemble.) ANNA , à pari.

Il a pressé ma main !

.IULIEN , à part.

S>R main triemble !

ANXA , à part.

(Haut.)

Il se tait?... Mon père I... Julien Est ton fils adoptif... et... mais ne va pas dire A Julien que je... que je l'aime...

JULIEN , faisant un pas.

0 délire !...

ANNA

Vous fuyez î. . . Qu'ai-je fait ?. . . Ayez pitié de nous !. . Grâce pour Julien !. . .

JULIEN

Il est à vos genoux !

Grâce pour Julien !

(Anna le relève avec tendresse. )

Pauvre enfant, sur la route

Aux passants exposé, je pleure... l'on m'écoute... Une main me relève. . . un père me conduit ! Un ange m'aime ! ! Hélas I qu'un beau rêve éblouit ! Si c'est trop de bonheur. . . pour un rêve qui change , 0 mon Dieu , reprend tout , mais laisse-moi mon ange !

ANNA, tristement.

Un pauvre ange qui pleure. . . et qui s'appelle Anna !

JULIEN , baisant les mains d'Anna.

Que je bénis la nuit où l'on m'abandonna !... C'était trop de bonheur et c'était bien un rêve... Voici que je m'éveille !. , .

ANM.

Achevez !...

JULIEN

Oui, j'achève !

De doctes intrigants votre père entouré, Hors des sentiers battus dès longtemps égaré, Vers le passé courant plus vite que l'histoire , Arrive à la folie et croit toucher la gloire I

ANNA

Hélas, je devinais !

JULIEX.

Moi je voyais 1. . . Tous deux , Redoutant l'un pour l'autre un avenir affreux, A ce père égaré qui fut jadis si tendre L'enfant et l'orphelin venaient pour faire entendre Ces accents de l'amour si tristes et si doux. , . Quand vous veniez pour moi , moi je venais pour vous !

AXNA , les yeux au ciel.

Dans cette sombre nuit j'ai bien peur, ô ma mère 1. . .

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