‹ L'antisémitisme, son histoire et ses causesChapitre 17 sur 41 · l'amisémitisme · texte numérisé non relu

l'amisémitisme

lisme constant à combattre l'optimisme de la religion juive, optimisme que Schopenhauer trouvait bas et dégradant et auquel il opposait les conceptions religieuses grecques et hindoues.

Mais Sch:penhauer et Marr ne représentent pas seuls Tantisémitisme philosophique. Toute la métaphysique allemande combattit Vesprit juif qu'elle considérait comme essentiellement diiïérent de Tesprit germanique^ et qui figurait pour elle le passé en opposition avec les idées du présent. Tandis que TEsprit se réalise dans Thistoire du monde, tandis qull marche, les Juifs restent à un stade inférieur. Telle est la pensée Hégélienne, celle de Hegel et celle aussi de ses disciples de l'extrême gauche, de Feuerbach, d'Arnold Ruge et de Bruno Bauer (1) Max Stirner (2) a développé ces idées avec beaucoup de précision. Pour lui, l'histoire universelle a parcouru jusqu'ici deux âges. Le premier, représenté par l'antiquité dans lequel nous avions à élaborer et à éliminer Vétat d*âme nègre; le deuxième, celui

donc à ce point de vae la religion des Juifs comme la dernière parmi Jes doctrines religieuses des peuples civilisés, ce qui concorde parfaitement avec ce fait qu'elle est aussi la seule qui n*ait absolument aucune trace d'immortalité.» {Parerga und Paralipomenu, t. II, ch. xii, p. 312, Leipzig, 1874.)

(1) Nous reprendrons cela en détail dans notre Histoire écono' mique des juifs, lorsque nous parlerons du rôle des Juifs en AUemague au dix-neuvième iriècle. — Voir là-dessus : Hegel, Philosophie du droit; Arnold Ruge : Zwei Yahre in Paris; Bruno Bauer t Die judenfrar/e; L. Feuerbach; L'essence du christianisme.

(2) Max Stirner : Der Einzige und sein Eigenthum, Leipzig. 1882^ pp. 22f 25, 31, 09.

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du mongolisme, représenté par Tépoque chrétienne. Dans le premier âge Thomme dépendait des choses, dans le second il est subjugué par des idées en attendant qu'il les domine et qu'il libère son moi. Or, les juifs « ces enfants vieillot tement sages de l'antiquité, n'ont pas dépassé Vétat d'âme nègre. Malgré toute la subtilité et toute la force de leur sagacité et de leur intelligence qui se rend maîtresse des choses avec un facile effort et les contraint à servir Thomme, ils ne peuvent découvrir l'esprit qui consiste à tenir les choses pour non avenues. » Nous trouvons une autre forme de l'antisémitisme philosophique dans Dûhring, une forme plus éthique que métaphysique. Duhringen plusieurs traités, pamphlets et livres (1), attaque l'esprit sémitique, et la conception sémite du divin et de la morale qu'il oppose à la conception des peuples du Nord, et poussant logiquement jusqu'au bout les conséquences de ses prémisses, suivant du reste la doctrine de Bruno Bauer, il attaque le christianisme qui est la dernière manifestation de l'esprit sémitique : « Le christianisme, dit-il, n'a surtout aucune morale pratique qui, non susceptible de double interprétation, serait utilisable et saine. Par conséquent, les peuples n'en auront fini avec l'esprit sémitique que lorsqu'ils auront chassé de leur esprit ce deuxième aspect actuel de l'hébraïsme. »

(1) '^oiàmmeni ddiXiS Les Partis et la Question juive. Die Judenfrage als Frage der Racenschœdlichkeit,

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Après Dûhring, Nietzsche (1), à son tour, a combattu la morale juive et chrétienne, qui selon lui est la morale des esclaves, en opposition avec la morale des maîtres. Les Juifs et les chrétiens, par les prophètes et par Jésus, ont fomenté « la révolte des esclaves dans la morale » ; ils ont fait prédominer des conceptions basses et nuisibles, qui consistent à déifier le faible, Thumble, le misérable et à lui sacrifier le fort, l'orgueilleux et le puissant.

En France, quelques révolutionnaires athées, entre autres Gustave Tridon (2), et Regnard (3), ont pratiqué cet antisémitisme antichrétien qui se ramène en dernière analyse à l'antisémitisme ethnologique, de même que l'antisémitisme métaphysique proprement dit.

Nous pouvons donc réduire les diverses variétés de l'antisémitisme à trois : Tantisémitisme chrétien, l'antisémitisme économique, l'antisémitisme ethnologique. Dans l'examen que nous venons d'en faire, nous avons constaté que les griefs des antisémites étaient des griefs religieux, des griefs sociaux, des griefs ethnologiques, des griefs nationaux, des griefs intellectuels et moraux. Pour l'antisémite, le Juif est un individu de race étrangère, incapable de s'adapter, hostile à la civilisation et à la foi chrétiennes, immoral, anti-social, d'un intellect différent de l'in-

(1) Frédéric Nietzsche: Humain trop humain ; Au-delà du Bien et du Mal; La Généalogie de la Morale^

(2) Gustave Tridon : Du Molochisme juif {Bruxelles ^ 1884.)

(3) A. Regnard : Aryens et Sémites. (Paris, 1890.)

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tellect aryen, et eu outre déprédateur et malfaisant. Nous allons maintenant étudier successivement ces griefs. Nous verrons s'ils sont fondés, c'est-àdire si les causes réelles de l'antisémitisme contemporain leur correspondent, ou s'ils ne sont que des préjugés. Etudions d'abord le grief ethnologique.

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