‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 29 sur 104 · ASEPSIE PAR LA CHALEUR SECHE · texte numérisé non relu

ASEPSIE PAR LA CHALEUR SECHE

Cet appareil présente donc de sérieux avantages pour le praticien qui a une clientèle chirurgicale assez nombreuse et variée, car il peut emporter facilement les boîtes dans lesquelles se trouvent les objets stérilisés. La boîte n'est ouverte qu'au moment de s'en servir.

Fig. 2.

Stérilisateur universel de Poupinel,

Seulement I'étuve comme l'autoclave est un instrument qui demande beaucoup de soins, et qui peut donner des résultats irréguliers; la température y est difficile à régler; en outre il reste quel-

Nicmsb, Antisepsie. 4,

quefois un certain doute sur l'asepsie réelle des objets.

Asepsie par un liquide en ébullition, soit simple, soit additionné d'une substance antiseptique. — Nous signalerons le bain d'huile dans lequel Tripier, de Lyon, immergeait ses instruments. L'huile était portée il la température de 120 à 130° et on y laissai! les instruments pendant dix minutes. — Poucet, de [.von, a remplacé l'huile par la glycérine (bientôt abandonnée), puis par la vaseline liquide, qui ne bout qu'au delà de 300.

Aujourd'hui on préconise beaucoup l'emploi de l'eau bouillante, comme agent de stérilisation, ce qui certes est une simplification importante de la méthode antiseptique.

Elle a une action puissante, car nous avons vu qu'à 100°, après une ébullition assez prolongée, la plupart des microbes adultes sont détruits; des spores seules peuvent subsister. A cause de ce dernier fait, certains chirurgiens, tout en considérant l'eau bouillante comme avant une puissance de stérilisation plus grande que celle des bains antiseptiques primitifs, trouvaient que ses effets n'étaient pas encore suffisants ; quelques-uns mêmes pensent qu'elle ne fait qu'entraver le développement des microbes. La pratique cependant a prouvé l'efficacité de son emploi.

Schimmelbusch, d'après ses expériences [Manuel

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d'asepsie, p. 38), déclare que c'est l'eau bouillante qui désinfecte le mieux. Les spores du charbon sont tuées en 2 minutes en moyenne, et les bactéries, bacilles et cocci en 1 à 5 secondes. Les bactéries non spondées (staphylocoques, streptocoques du pus, de l'érysipèle, bacilles de la diphtérie, de la morve) sont détruites en 1 à 2 secondes dans de l'eau chauffée seulement à 60 ou 70°.

D'un autre côté, Davidsohn a démontré qu'une èbullition de 5 minutes suffit en général pour assurer l'asepsie des instruments. Le plus souvent ceux-ci ne se rouillent pas si on a soin de les immerger quand l'eau est déjà en èbullition; ils s'altèrent au contraire si on les immerge quand l'eau est encore froide.

Une modification importante a été apportée à l'emploi de l'eau bouillante par les chirurgiens allemands, Bergmann et Schimmclbuseh, qui ajoutent à l'eau 1 pour 0/0 de sous carbonate de soude. Cette simple addition agit de deux façons, d'abord en élevant le point d'ébullition de l'eau, qui est retardé jusqu'à 104° Celsius ou centigrades, puis en augmentant l'action désinfectante de l'eau bouillante, par la destruction de la couche de graisse qui recouvre les objets ; ajoutons que ceux-ci ne se rouillent pas. De plus, la vapeur d'eau de cette solution dépasserait 100° (p. 62) comme dans le bouilleur de Forgue.

Ces propriétés ont fait dire à Schimmelbusch que la solution bouillante de sel de soude était l'agent bactéricide le plus énergique. L'ébullition pendant 5 à 10 minutes dans cette solution répond à toutes les exigences de la pratique.

Ce procédé est d'autant plus précieux qu'on trouve partout du carbonate de soude, que le peuple désigne sous le nom de cristaux.

On a proposé d'ajouter à l'eau d'autres substances antiseptiques, de l'acide phénique, de la chaux, du chlorure de chaux, de la soude, de l'azotate de soude, du sel marin, etc.

Flambage. — Quelquefois pour stériliser les instruments, on les passe dans la llamme d'une lampe à alcool, laquelle ne laisse aucun dépôt sur leur surface ; mais ce procédé peut détremper les instruments tranchants. Il pourra convenir pour les trocarts, les sondes cannelées, les pinces, etc. C'est un procédé d'en-cas , qui peut rendre des services à un moment donné. On peut être amené à l'employer pour désinfecter tous les instruments; on les met alors dans un plateau, avec une petite couche d'alcool ou d'eau-de-vie qu'on allume; Forgue a appelé ce procédé exceptionnel, le punch aux instruments.

Quelquefois on emploie l'alcool pour stériliser un vase ou un ustensile quelconque ; on en verse une petite quantité que l'on allume et que l'on

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