GAZES ANTISEPTIQUES
Gaze stérilisée simple. — Dans le pansement aseptique, la plaie ou la ligne Je réunion est recouverte de gaze stérilisée simple, non imprégnée d'antiseptique. Cette gaze est stérilisée soit dans l'étuve, soit dans l'autoclave, soit dans le bouilleur ou bien simplement en la faisant bouillir dans une solution sodique simple; dans ce cas on la pose sur la plaie après l'avoir exprimée.
Les pièces de pansement destinées à être appliquées directement sur la plaie doivent-elles être sèches? C'est ce que plusieurs chirurgiens préfèrent et alors elles sont stérilisées à l'étuve ou desséchées après avoir été stérilisées à la vapeur d'eau ou dans l'eau bouillante. D'autres chirurgiens ne voient aucun inconvénient à appliquer des pièces de pansement humides mais exprimées, telles qu'on peut les obtenir dans l'autoclave ou dans le bouilleur de Forgue d'autant plus qu'elles ne tardent pas à se dessécher dans le pansement. Nous avons cherché, avec M. Collin, sans y réussir encore, une modification du bouilleur permettant de dessécher sur place les pièces de pansement stérilisées par la vapeur.
Gazes antiseptiques. — Dans la première période de la méthode de Lister, la surface de la plaie était traitée par des substances antiseptiques, et le pansement était composé de gazes également antiseptiques, destinées à la fois à empêcher la
décomposition des sécrétions de la plaie et à arrêter les germes de l'air. Cette pratique, suivie a l'excès, avait pour inconvénients d'augmenter les sécrétions de la plaie et d'amener sur la peau des érythèmes quelquefois fâcheux. Comme d'un autre côté on avait perfectionné la stérilisation, en ajoutant la chaleur à l'action des antiseptiques chimiques et qu'on ne craignait plus les germes de l'air, des chirurgiens ont supprimé à la fois le traitement antiseptique des plaies, leur lavage et les gazes antiseptiques, pour ne recouvrir la plaie que de gaze simplement stérilisée. — Pour nous, nous considérons que la prudence exige de conserver toujours le pansement antiseptique, tout en reconnaissant que dans la main d'un chirurgien rompu à la méthode de Lister, le pansement aseptique peut suffire, mais seulement dans les plaies simples.
Les gazes antiseptiques sont livrées par des fabricants, mais il est préférable de les préparer soi-même.
La gaze à l'acide phénique est a peu près abandonnée, on emploie maintenant la gaze au salol et surtout la gaze à l'iodoforme.
Les formules adoptées clans mon service à l'hôpital Lacnnec sont les suivantes.
Je donne celle de la gaze phèniquèe, quoiqu'on n'en fabrique plus, mais parce qu'elle peut servir
GAZE IODOFORMÉE 117
de type ; il suffit de remplacer l'acide phénique par le salol, par exemple.
Acide phénique neigeux.. . 450 grammes.
Colophane.. . . 1200 —
Acide stéarique. . . . 300 —
Alcool. ... 8 litres.
Ces 10 litres de solution servent à préparer 200 mètres de gaze.
La gaze a été auparavant bouillie dans une solution sodique ; lorsqu'elle est sèche, on la trempe dans la solution ci-dessus, où on la foule et la malaxe. Quand elle est bien imprégnée on la tord fortement et on l'étend sur des fils de fer très propres. L'alcool s'évapore rapidement. La gaze, encore un peu humide, est pliée en paquets de 4 mètres et roulée dans une feuille d'étain.
Gaze iodoformée. — La gaze du commerce laisse souvent échapper l'iodoforme en poudre impalpable, ce qui est la cause principale de la dissémination de l'odeur ; il faut rejeter la gaze pulvérulente pour en employer une sur laquelle l'iodoforme est fixé.
Cette gaze est préparée ainsi dans mon service.
De la gaze souple, bouillie dans la solution sodique, puis séchée, est trempée dans la solution suivante :
Acide phénique neigeux. . 50 grammes.
Alcool à 90,J. . .... 50 ou 100 gram.
Glycérine quantité suffis, pour faire 1000 cenlim. cubes. Nic*isk. Antisepsie ?•
On la retire de la solution et on l'exprime fortement, de façon qu'elle reste simplement humide. — On létale alors sur une table recouverte de taffetas gommé stérilisé, puis on la saupoudre d'iodoforme finement pulvérisé que l'on incorpore ii la gaze par frottement et tamponnement avec la main qui, pour toutes ces préparations, doit être désinfectée, comme pour une opération. Puis on découpe la gaze en petits morceaux que l'on conserve dans dis flacons de couleur foncée.
On peut ii volonté faire une gaze plus ou moins chargée d'iodoforme. Nous employons ordinairement 30 grammes d'iodoforme pour 1 00 grammes de gaze préparée, c'est-à-dire pour \ ou 5 mètres de gaze. — L'alcool est employé pour diminuer l'état poisseux de la gaze, dû à la glycérine
Otte gaze ne laisse échapper aucune poudre d'iodoforme, elle est alors presque sans odeur ; comme elle est très chargée, on l'emploie en petites quantités, en couche simple ou double, qu'on recouvre d'ouate hydrophile.
Gaze salolée. — Le même procédé permet de fabriquer de la gaze au salol qui, de même que la gaze iodoformée, renferme un antiseptique composé, par suite de l'addition de l'acide phénique.
Pour faire la gaze salolée, on prend donc de la gaze bouillie dans la solution sodique, séchée, puis trempée dans la solution suivante :