‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 81 sur 104 · PLAIE FERMÉE · texte numérisé non relu

PLAIE FERMÉE

de la ouate hydrophile, ou des compresses de gaze, puis on place les bandes.

Pansement antiseptique. — Si le pansement aseptique convient dans certains cas, le pansement antiseptique devra cependant lui être préféré pn oeti\ nous en avons donné les raisons.

C'est-à-dire que, l'opération terminée, on mettra la plaie en contact avec une solution antiseptique, mais seulement en passant sur sa surface une compresse éponge imbibée de solution phéniquée à 5 0/0 et exprimée.

Après la suture faite, on appliquera un pansement antiseptique sec. Une lamelle de gaze iodoformée recouvre la suture, la dépassant de 5 centimètres au moins dans chaque sens. Par-dessus on applique de la ouate hydrophile ou de la gaze stérilisée, puis on ajoute de la ouate ordinaire et on fixe par une bande. Les bandes de tarlatane amidonnée trempées dans l'eau tiède sont très utiles et forment au pansement une carapace solide1.

S'il y a un drain sur la ligne de suture, son extrémité extérieure sera enveloppée et recouverte par un morceau de gaze iodoformée chiffonnée.

Nous avons là le pansement antiseptique sec ordinaire. On comprend qu'il peut être modifié

1. Nicaise, 1881. Du pansement des plaies (Gaz. méd. de Paris, p. 3, 16).

Nicaise. Antisepsie. ,J

presque à l'infini; le chirurgien choisira celui qui lui paraîtra le plus favorable, selon les circonstances et selon la ligne de conduite qu'il s'est tracée, au milieu de la variété des plaies et des pansements.

Parmi les pansements antiseptiques proposés (p. 208), nous pouvons encore citer les suivants:

On recouvre la ligne de suture avec de la poudre d'iodoforme, ou de salol, ou avec un mélange à parties égales de salol et de sous-nitrate de bismuth. ainsi que je l'ai fait assez souvent. On peut appliquer une couche de naphtol camphré, en la recouvrant d'ouate ou de gaze hydrophile stérilisées:

< )n peut enduire la suture de vaseline iodoformée :

Iodoforme pulvérisé. g i grammes.

\ aseline. ... 20 —

La suture peut être encore recouverte par un vernis antiseptique. M. llérissey, interne en pharmacie dans mon service de l'hôpital Laënnec, a préparé le vernis suivant, qui se dessèche rapidement et laisse la peau très souple au-dessous de lui ; de plus, il s'enlève facilement au moyen de l'éther ou mieux d'un mélange d'alcool et d'éther:

Vernis antiseptique de M. Hérissey :

Gomme laque pulvérisée. . 60 grammes.

Baume de tolu. . 5

Thymol. . . . lsi',50

Alcool à 90°. . 50 grammes.

Ether ordinaire. 100

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RENOUVELLEMENT DU P\NSEMENT 219

Il serait facile d'augmenter la liste des antiseptiques utiles; ceci est laissé à l'initiative de chacun.

Renouvellement du pansement. — Le changement des pansements dépend de l'abondance de la sécrétion de la plaie. Quand la plaie aseptique est fermée, sans drain, il n'y a à changer le pansement que pour l'enlèvement des fds, c'est-à-dire du 6° au 8e jour en général. Les fds enlevés, on refera un pansement identique au premier, afin de préserver les points de suture ; il y aura donc eu deux pansements.

Quand il y a drainage, il faut changer le pansement plus souvent, c'est là l'inconvénient du drainage, mais il n'est pas à mettre en parallèle avec ses avantages, d'autant plus qu'il ne retarde pas la date de la guérison définitive.

Si donc, par prudence, on a fait le drainage d'une plaie chirurgicale, on enlèvera les drains au bout de 48 heures et on refera le même pansement que la première fois; on laissera celui-ci jusqu'à l'enlèvement des fils, c'est-à-dire pendant 4 ou 5 jours encore ; puis on appliquera encore le même pansement et ce sera le dernier; soit trois pansements.

Si pour une raison quelconque la sécrétion de la plaie est assez abondante, on diminuera seulement les drains au premier pansement et on les replacera après les avoir nettoyés dans une solution antiseptique; on les laissera encore ? ou 3 jours

selon les cas. La règle est d'enlever les drains quand la sécrétion de la plaie est peu abondante (p. 178).

Dans des amputations de cuisse, par exemple, j'ai souvent agi de la manière suivante:

Premier pansement, le 3° jour, avec ablation ou diminution des drains;

Second pansement, le 6e jour, avec ablation des drains et de la moitié du nombre des fils de suture ;

Troisième et dernier pansement, le 10° jour, avec ablation des derniers fils. Le même pansement antiseptique étant refait chaque fois.

Dans l'amputation de cuisse, ce renouvellement du pansement a l'avantage de permettre de combattre la tendance à la conicité. J'ai assisté, ai-je dit déjà, à la levée du premier pansement d'une amputation de cuisse faite 2 ou 3 semaines auparavant, la réunion était parfaite, mais l'extrémité du fémur était sous la peau et les muscles remontés; en somme, le moignon était des plus défectueux et non matelassé comme ceux dont les moulages sont dans le musée de l'hôpital Laënnec.

Pour le renouvellement des pansements, surtout dans les plaies infectées, le chirurgien doit prendre de grandes précautions antiseptiques préliminaires. Lui et ses aides se désinfecteront les mains ; le nouveau pansement sera préparé d'avance; on ne fera pas de lavage de la plaie ; on évitera tout ce qui pourrait la faire saigner, etc.

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