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I. PANSEMENT ANTISEPTIQUE DES PIQURES

Les parties voisines bien nettoyées, on lavera l'orifice cutané avec une solution antiseptique (phéniquée à 5 0/0, etc.), et on le recouvrira d'un petit

pansement occlusif, soit avec du collodion, ou du vernis antiseptique, ou bien l'orifice sera recouvert de poudre d'iodoforme, que l'on maintient par de petits flocons d'ouate imbibés de collodion, ou par de la baudruche gommée, du diachylon. On recommandera le repos de la région et on surveillera.

Si la piqûre est infectée, il peut survenir de l'inflammation, un phlegmon, même diffus. Alors on dilatera, on débridera, on fera des contre-ouvertures.

On sait combien autrefois on redoutait l'emploi du trocart, qui, trop souvent infecté, amenait une arthrite ou une pleurésie purulente, clans la ponction des articulations et de la plèvre.

II. PANSEMENT ANTISEPTIQUE DES PLAIES ACCI- DENTELLES PAR INSTRUMENTS TRANCHANTS.

D'abord la région blessée sera savonnée à la brosse, et rasée, puis lavée avec une solution antiseptique, ou la solution sodique.

On enlèvera les corps étrangers et on procédera au nettoyage de la plaie; si elle est anfractueuse on écartera ses parois, au besoin on fera des débridements, afin qu'aucune partie n'échappe à la désinfection, plus facile ici que dans les plaies contuses- On conçoit que si quelque point restait Nw use. Antisepsie. 13

sans être désinfecté, il ne tarderait pas à contaminer la plaie tout entière.

A propos du choix du procédé de désinfection de la surface de la plaie, deux opinions sont en présence ; les uns considèrent les laçages antiseptiques comme inefficaces, et préfèrent le frottement avec des tampons de gaze.

Si nous rejetons complètement le lavage dans les plaies aseptiques, nous croyons le frottement insuffisant dans les plaies infectées, sauf peut-être quand elles ne sont pas anfractueuses; mais il sera toujours utile comme adjuvant du lavage. Le liquide antiseptique, dans le lavage, pénètre dans les petites cavités, dans les décollements où on ne pourrait agir par le frottement, de plus le liquide s'infiltre dans les tissus de la couche superficielle de la plaie.

Pour désinfecter la plaie par frottement on se sert de tampons de gaze ou de toile stérilisés (la ouate ne convient nullement, elle laisserait des filaments sur la plaie), de tampons de gaze iodoformée, ou trempés dans du vin bouilli, pur ou salé, de l'alcool, etc., selon ce que l'on a sous la main.

Le laçage se fera avec un injecteur à suspension, ou avec le vide-bouteille de Budin ou avec un injecteur à pression (p. 81).

On lavera la plaie avec une solution phéniquée à 5 0/0 (ce que nous pratiquons), — ou de sublimé à 1 0/00; — ou avec de l'eau bouillie additionnée

d'alcool, ou d'eau-de-vie ou de chlorure de sodium à la dose de 7 0/00 ; — avec de la teinture d'arnica étendue d'eau ; — avec du coaltar saponiné Le Beuf étendu d'eau ; — avec du vin aromatique ; — avec du vin rouge simple ou salé qu'on aura fait bouillir et plus ou moins étendu d'eau ; — en résumé, le chirurgien s'ingéniera d'après l'état de la plaie, et selon ce qu'il a sous la main.

Si on a quelque ligature ou suture à faire, on peut en cas de nécessité se servir de fils de lin ou de chanvre qu'on fait bouillir dans l'eau salée ou dans du vin, si on n'a pas d'autre antiseptique, mais non dans la solution sodique qui les rend plus cassants.

Le but du chirurgien est de tâcher de ramener la plaie à un état tel qu'elle puisse être réunie par première intention.

Mais dans une plaie accidentelle, il ne suffit pas de désinfecter la plaie et de chercher la cicatrisation par première intention, il faut obtenir une guérison plus parfaite.

Dans ces plaies, les organes sont blessés au hasard, il faut donc réparer leurs blessures ; souvent on croit que l'on a fait assez, quand les artères ont été liées et que tout danger immédiat a été écarté. Mais, je le répète, aujourd'hui avec la méthode antiseptique il faut obtenir davantage.

En même temps que les vaisseaux, des muscles,

des tendons, des nerfs, ont pu être lésés; il faudra y parer. On réunira les surfaces des muscles coupés, par des points séparés de suture perdue, à la soie ; on suturera ensemble les bouts des tendons coupés, et aussi ceux des nerfs; en employant les sutures appropriées.

La plaie ayant été régularisée, les organes blessés, réparés, la surface cruentée, désinfectée, on verra s'il est utile de faire une suture totale ou partielle de la peau, ou s'il vaut mieux laisser la plaie découverte. Avec la suture, des drains seraient nécessaires.

S'il y a suture, le pansement sera non seulement protecteur et compressif, mais absorbant et antiseptique. Les antiseptiques du pansement empêcheront les microbes de pulluler dans les sécrétions. La gaze iodoformée et l'iodoforme en poudre sont excellents dans ces cas.

Quand la plaie est découverte, en totalité ou en partie, le pansement varie.

Les uns recouvrent la plaie d'une couche de gaze iodoformée, puis de compresses de gaze ou de ouate hydrophiles et de ouate ordinaire ; le tout maintenu par des bandes, sans imperméable. De la sorte, les pièces de pansement imbibées parles sécrétions peuvent se dessécher, ce qui gène encore le développement des microbes. Tel est le pansement que je recommande.

Au lieu fie ce pansement à plat, des chirurgiens préfèrent le tamponnement de la plaie (Bergmann, etc.), avec de la gaze iodoformée, chiffonnée et tassée sur toute la surface.

Le tamponnement convient cjuand on craint des hémorragies, et aussi dans certaines opérations, comme les résections, dans les opérations sur le corps thyroïde, sur les maxillaires, sur la bouche, sur le rectum, etc.

Dans certaines plaies anfractueuscs, des tampons rempliront les cavités, un pansement h plat recouvrira le reste.

Par-dessus la gaze iodoformée, on mettra de la gaze ou de la ouate hydrophiles, de la ouate ordinaire et on maintiendra par des bandes .sans imperméable, comme dans le pansement précédent.

Dans les cas de nécessité, on pourrait improviser un tamponnement avec des morceaux de toile bouillis pendant une demi-heure ou une heure clans une solution sodique, puis trempés dans du vin salé bouilli, ou dans de l'eau alcoolisée, etc. Ce ne serait là qu'un pansement provisoire, en attendant un pansement plus méthodique. Ceci s'appliquera encore mieux au tamponnement improvisé des plaies contuses et des fractures ccfinpliquées.

Dans les plaies qui n'ont été que légèrement infectées, si à la levée du premier pansement, au

bout de 24 ou 48 heures, on trouve leur surface cruentée en bon état, on peut alors faire la suture.

Les pansements des plaies infectées seront renouvelés plus souvent que ceux des plaies chirurgicales, les sécrétions étant en général plus abondantes. Mais il n'y a pas de règles générales à donner. On enlèvera les drains aussitôt que la diminution des sécrétions le permettra ; on renouvellera les pansements le plus rarement possible, toujours selon l'abondance des sécrétions. Il faut éviter que celles-ci séjournent dans quelque cavité et que les pièces de pansement saturées des liquides sécrétés restent en contact avec la plaie.

Aussi je rejette en général le tamponnement dans les plaies qui suppurent; il y a cependant des chirurgiens qui semblent revenus, pour certaines plaies, à l'emploi des tentes des anciens. Le tamponnement doit être remplacé par un pansement à plat, ou par de la gaze chiffonnée, mais non tassée.

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