CHŒUR
Seigneur, entends la voix fidèle Du juste qui vient te chercher, Comme au nid revient Thirondelle, Comme revient Taigle au rocher.
D'Israël la famille ingrate Vit jadis tomber son orgueil Au bord du Nil et de FEuphrate...
Épargne-nous le même deuil !
Quand pour la bataille dernière Nos ennemis se lèveront, De leurs nouveau-nés sur la pierre, Dieu puissant, écrase le front !
Confonds dans ce terrible exemple Nos ennemis, qui sont les tiens.
Tous ceux qui haïssent ton temple.
Et les païens et les chrétiens !
ELYMÀS.
Levez-vous à présent. C'est Theure expiatoire Où chacun, recherchant au fond de sa mémoire Ses fautes que le jeûne ou le deuil expia.
Obtient le grand Pardon. — Approche, Lydia; Au tribunal sacré le prêtre te défère.
LYDIE
Non, rabbin, je n'ai pas de reproche à me faire.
ELYMAS.
Aucun ?
S8 l'apôtre
LYDIE
Non.
ELYMAS .
Ta mémoire est courte; mais la loi Veut que le prêtre ici se souvienne pour toi. Hier tu dédaignas, pour un chrétien infâme, La parole de Dieu, la mienne ! Tremble, femme ! De ton impénitence et de ton déshonneur Se détourne à jamais la face du Seigneur ; Sur toi, sur ton orgueil, qui partout t'accompagne, Les filles de Gallim pleurent dans la montagne, Car, semblable à l'épouse infidèle, tu mets Le lit de ton péché sur de honteux sommets.
Repens-toi donc, sinon, sois maudite !
LYDIE
Ma faute Est d'avoir défendu dans ma maison mon hôte ; J'ai réfléchi longtemps dans mon cœur, crois-le bien Mon cœur et mon esprit ne me reprochent rien.
ELYHAS.
Sois donc maudite alors dans ton âme hypocrite ; Sois maudite par tous !
(La foule se porte sur Lydie en criant : Soit maadite ! ) LA VOIX DE PAUL, au fond de la scène.
Dieu bénit la maudite !
ELYMAS.
Qui donc ose parler? Quel pouvoir près du mien Tente de s'élever?