ACTE DEUXIEME
ELYMA8.
César?
HÉOARA, bas è Ljdia, montrant Paul.
Le malheureux ! Il ne voit pas le piège !
LYDIE
Il le voit. Sa fierté, ce qu*il croit son devoir, Son courage surtout, lui défend de le voir.
ELYMAS, è Paul.
Si tu le veux, chrétien, réponds à ma demande : César a, selon toi, besoin qu'on le défende ; Qui donc l'attaquerait? S'il a des ennemis, Nommes-les-nous.
l'AUI..
11 a le mal qu'il a commis!
KLYMAS.
Le mal qu'il a commis! En ce cas, tu l'accuses?
PAUL
Tout homme fait le mal.
ELYMAS.
En ce cas, tu l'excuses?
Pour toi, Tibère, Claude, après Caligula, Sont de bons empereurs
PAUL
Je ne dis point cela.
Voici la vérité, ma règle, ma doctrine :
La loi des hofnmes passe après la loi divine ; J*obéis à César, en tout temps, en tout lieu. Mais César à son tour doit obéir à Dieu !
ELYMAS.
Je ne te comprends pas.
Comprends, toi, sombre foule !
Voilà cent ans bientôt, sur ce sol que je foule, Deux grands partis rivaux tout un jour -ont lutté : Antoine, Lépidus, Octave, d'un côté; De l'autre, les derniers républicains de Rome, Cassius et Brutus, qu'avec respect je nomme.
Ce fleuve, ces marais, ces monts qui sont là-bas. Virent Técrasement de cent mille soldats; Mais des républicains la valeur fut trompée.
Et Brutus, dans son sein enfonçant son épée, Voyant quel avenir allait naître bientôt.
Dit, dans son désespoir : « Vertu, tu n'es qu'un mot! v Les Césars t'ont donné raison, triste prophète, Et de leurs crimes fous la terre est stupéfaite. Mais ce temps passera, ces hommes passeront ; Des maîtres plus cléments et plus justes viendront; Car la vertu n'est pas un mot sonore et vide. Et même en se cachant au monde, elle le guide! Un jour tous ces Césars, tragiques ou bouffons. Atomes sous le poids desquels nous étouffons. Sinistres voyageurs qui traversent l'histoire Comme des loups hurlants dans la montagne noire^ Sentiront tressaillir la terre sous leurs pas