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148 toire, se montraient inconsolables à la pensée qu’ils ne He 4 le reverraient plus, cet apôtre dévoué, qui tant de fois avait relevé leur courage défaillant. Knfin, c'était le
deuil de tout un peuple qui comprerait l’étendue de son malheur. Comme il était aimé, Mgr Racine !
| (| | Il était aussi vénéré comme un grand serviteur de | | Dieu. On ne saurait imaginer quel nombre d’objets | de piété il a fallu faire toucher aux mains du prélat, | pendant l'exposition ; il n’a pas été possible d'empêcher que des parties considérables de la soutane, et même de pe l'aube dont il était revêtu, ne fussent enlevées et | partagées. Pour satisfaire la piété des fidèles, il a fallu | rechercher et partager de la même façon d’autres soutanes du défunt; et l’on croit que bien plus de deux il mille morceaux de drap ont été ainsi distribués. Chacun | aurait voulu conserver un souvenir du saint évêque. On est allé jusqu’à emporter des restes de cierges qui avaient servi à l’exposition ou à la messe des funérailles ; se on a même enlevé quelques-uns des clous d'argent et Et des autres ornements du cercueil.
| Tant de respect, de piété et de foi ont reçu leur récom- | l pense. En effet, des personnes dignes de la plus | Î grande confiance, tant de Chicoutimi que d’autres i | endroits du diocèse, ont raconté plusieurs guérisons h | obtenues par l’intercession du vénérable défunt : carils
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ne sont pas rares, ceux qui se sentaient portés à lui Î
| | | adresser leurs prières, au lieu de les offrir pour le repos | | | de son âme. Et ce qui nous porte à croire davantage | | à la réalité de ces faveurs, c’est la conraissance person- | | | nelle que nous avons, bien qu’il ne nous paraisse pas Al opportun de donner ici aucun détail là-dessus, des | | à changements extraordinaires qui se sont opérés, depuis 4 | | la mort de Mgr Racine, dans la situation du Séminaire | | et du Couvent de Chicoutimi, les deux œuvres qui ont (| | | ' été les plus chères à son cœur. Sans doute le dévoué Îl L fondateur, qui avait entouré ces deux institutions de ill + tant de sollicitude pendant sa vie mortelle, met à leur {| ke service le crédit dont il jouit maintenant, comme nous | À de l’espérons, auprès de Dieu. ll | IX Beaucoup de couronnes et de souvenirs mortuaires | il n : furent déposés auprès du lit funèbre. Il n’y a pas de doute | il Le. que le nombre de ces pieux témoignages de regret | (l ui et de reconnaissance aurait été très considérable, si | s ; la difficulté des communications n’avait empêché d’en 1 et recevoir assez tôt de Québec.
Pendant ce temps, la ville épiscopale avait revêtu ses | m- habits de deuil, si l’on peut s’exprimer ainsi. Durant | | us cette semaine, des insignes funèbres étaient fixés à la | | res porte de chaque habitation et donnaient un aspert | | pns lugubre à la jeune cité : spectacle impressionnant pour |. ils étranger qui arrivait à Chicoutimi pendant ces jours lui de tristesse. On aurait dit que chaque famille pleurait
la perte de l’un de ses membres. Et, pourtant, qu'était ce deuil extérieur, en comparaison de celui que ressentaient tous les cœurs !—Assurément, ces manifestations de douleur étaient bien légitimes : connaissant mieux les précieuses qualités de celui qui fut si longtemps son pasteur ; édifiée tous les jours du spectacle de ses vertus; sachant quelle part privilégiée il lui avait toujours donnée dans ses affections ; habituée à compter, en toute occasion, sur son dévouement, la capitale du Saguenay avait raison d’éprouver une douleur plus grande et d’en donner des témoignages non équivoques.
Le 2 février, eut lieu la translation des restes mortels du regretté prélat à la cathédrale, au milieu d’un cortège funèbre des plus imposants. Puis le clergé récita l’office des Morts, qui fut présidé par Sa Grandeur Mgr l’évêque de Sherbrooke.
Cette vaste cathédrale de Chicoutimi, entièrement tendue de draperies funèbres, offrait un aspect saisissant. Des inscriptions bien choisies, empruntées aux saintes Ecritures et redisant en abrégé les œuvres ct les vertus du défunt, frappaient les regards de tous côtés.
Le lendemain, vendredi, était le jour fixé pour les funérailles. La cathédrale était remplie, autant qu’elle pouvait l’être, par une multitude de fidèles venus de toutes les parties du diocèse, mais surtout du Saguenay. Au bas-chœur et dans la partie antérieure
de la nef, étaient les représentants de la magistrature et du barreau, ceux des autres professions, les deux députés du comté, les membres du Conseil de ville et des Conseils municipaux, la so:i$té Saint-Jean-Baptiste,
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On avait disposé sur le catafalque, et autour du cercueil, les couronnes et les croix en cire et en fleurs qui avaient orné d’abord la chapelle ardente de l’'Evê-
ché : derniers hommages de-parents et d'amis affligés, FA
Mgr A. Racine, évêque de Sherbrooke, célébra l'office funèbre, qui fut très solennel.
Après la messe, Mgr T.-E. Hamel, protonotaire apostolique, et confrère de classe de Mgr D. Racine, monta en chaire, et prononça l’oraison funèbre du regretté défunt. Il prit pour texte ces belles paroles du livre de l’Ecclésiastique : Heureux l’homme qui a été trouvé sans tache, qui n’a pas recherché l'or, et qui n'a pas mis son espérance dans l'argent, ni dans les trésors. ‘{juel est-il, et nous le louerons ? Car il a fait des œuvres admirables dans sa vie. Comme on le voit, il était difficile de choïsir un texte qui résumât plus
exactement la vie Gu saint évêque, En développant ce magnifique passage de l’Ecriture et en l’appliquant à l’illustre défunt, Mgr Hamel sut rappeler les grandes œuvres accomplies par Mgr Racine pour le progrès
spirituel et temporel de son diocèse ; il s’appliqua à mettre en relief les belles qualités et lex grandes vertus de l’évêque défunt, parlant surtout de son désintéressement héroïque et de sa grande charité. Les paroles émues de l’orateur trouvèrent un écho dans tous les cœurs, et firent couler bien des larmes.
Ensuite eurent lieu les cinq absoutes qui sont de règle pour l'enterrement d’un évêque. Elles furent présidées : la première, par M gr Hamel ; la deuxième, par Mgr Marois ; la troisième, par le Rév. M. L.-N. Bégin ; la quatrième, par le Rév. M. C.-D. Bacon ; et la cinquième, par Mgr l’évêque de Sherbrooke.
Après ces cérémonies, on retira les couronnes déposées
antour du cercueil, et l’on enleva la mitre et les habits pontificaux qui revêtaient le corps du vénérable défunt ; on recouvrit sa figure de l’amict, et l’on ferma la bière. Quelle scène émouvante ! et comme tous les assistants étaient émus à ce triste spectacle !
On descendit alors le cercueil dans le caveau préparé sous le chœur de la cathédrale, vis-à-vis le marchepied du maître-autel, du côté de l'Evangile.
A la suite des dernières prières de l'Eglise, la fanfare du Séminaire exécuta l’émouvante Marche de Saül, Handel, dont les nôtes semblentautant de sanglots. Tous les assistants voulurent jeter un dernier regard
sur le tombeau de leur évêque regretté ; et ce défilé, qui dura longtemps, donna lieu à des scènes vraiment attendrissantes.
Ces solennités imposantes, ces décorations magnifiques qui ont signalé les funérailles de Mgr Racine, étaient dues à la dignité du pontife ; mais ce qui touchait bien davantage, c'était ce deuil général, ces larmes sincères de tout un peuple ; c’était ce concours d’une si grande multitude pour honorer la mémoire de l’illustre défunt. On compretiait combien il était aimé de tous ! Et l’on ne pouvait s'empêcher de penser que ces démonstrations extraordinaires étaient véritablement une ovation, un triomphe en l’honneur du plus grand bienfaiteur du Saguenay.
Cependant, deux jours auparavant, la Basilique de Québec avait offert aussi l’imposant spectacle d’une cérémonie funèbre particulièrement solennelle. Son
Eminence le cardinal Taschereau avait voulu donner
un dernier témoignage de l’amitié sincère qui l’unissait à feu Mgr Racine, et de l’affliction profonde que lui faisait éprouver la mort du saint évêque. Et l’on vit ce fait inouï parmi nous, qu’un service funèbre fût célébré dans l’église métropolitaine, avant même que les restes mortels de l’évêque suffragant qui était l’objet d’un tel honneur fassent renfermés dans la tombe.
M. l'abbé L.-A. Päquet, professeur de théologie
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à l’Université Laval, l’un des meilleurs amis du regretté défunt, prononça en cette occasion un éloge funèbre qui fut justement remarqué. Considérant dans Mgr Racine l’homme de conseil et d’action, puis l’homme de dévouement et de cœur, l’orateur sut mettre en lumière cette sympa‘hique figure de lApôtre du Saguenay ; et cette élcçuence émue, dont les accents partaient vraiment du cœur, communiqua la même émotion à l'immense auditoire qui se pressait autour
de la chaire sacrée 1,
Tous ces honneurs rendus à la mémoire de Mgr Racine, et surtout ce concert universel de regrets qu’a fait éclater la nouvelle de sa mort, ont montré quels sentiments d'estime et d'affection il a suscités partout durant toute sa carrière, et proclament hautement les belles qualités et les vertus éminentes qui ont brillé en
lui.
Il n’est plus, dirons-nous avec l’éloquent?panégy- 66 nt , . , .
riste dont nous venons ‘de parler, mais sa mémoire ‘ vivra Cans ses œuvres, dans le cœur de son peuple et ‘ de ceux qui eurent le bonheur de connaître son ‘ mérite ou de jouir des charmes indicibles de son ‘ amitié. L'histoire de notre Eglise canadienne, sous
1—Le lecteu. trouvera plus loin les remarquables oraisons funèbres qui furent proroncées l’une à Chicoutimi, l’autre à
Québec,
“ le nom de Mgr de Laval, premier évêque de Québec, ‘ inscrira le nom de Mgr D. Racine, premier évêque
“ de Chicoutimi. ”?
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