CHAPITRE n. Le paulinisme primitif
Le type primitif de la doctrine de Paul est très-simple. L'organisme en est élémentaire. Les idées restent générales, leur liaison logique ne se fait pas toujours sentir. On les épuise en les rangeant sous ces deux chefs : le message évangéliqiie Qilaparousie.
l'évangile (eùa^Y^^tov tou Osou).
Gomme Jésus et les Douze, Paul désigne du nom d^Évaifir gïle le message de salut qu'il porte aux juifs et aux païens. C'est l'évangile de Dieu, parce que c'est Dieu qui l'envoie et qui en est l'auteur (1 Th. II, 2, 8, 9), ou encore> la parole de Dieu, (Xé^oç tou Oeoîî, 1 Th. II, 13; Àct. XIII, 46). C'est l'évangile de Christ, parce que Christ en est le contenu essentiel (1 Th. III, 2; 2 Th. I, 8). Paul l'appelle encore,
notre évangile (Stà tou eiaffeXbu ^^m, 2 Th. III, 14). Mais cette expression n'a pas encore ici la nuance particulière qu'elle prendra plus tard dans les discussions avec les judaïsants (£iaf^éXt(5v iwu, Rom. II, 16). Enfin, le but de cetévangile étant le salut, il est encore appelé ô X^^oç x^ç aiox^pCoç (Act. XIII, 26 et 1 Th. II, 16).
n ne faut point douter du caractère messianique de la première prédication de l'apôtre. Ce point de vue' était alors proprement ce que nous appelons aujourd'hui le point de vue religieux. L'apôtre des Gentils, comme les autres, a commencé par prêcher l'imminence du jugement de Dieu, et décrire, comme Jean -Baptiste, «la colère à venir» (ipï^v èpxoP'^vYjv, 1 Th. I, 10; 2 Th. 1, 8, 9; Act. XVII, 31); il demandait la repentance et la foi en Jésus, par qui le monde doit être jugé et par qui les hommes peuvent être sauvés. «Dieu, passant par-dessus les temps d'ignorance, fait annoncer aujourd'hui à tous les hommes la repentance ; car il a fixé un jour pour juger toute la terre en justice par l'homme Jésus qu'il a choisi, l'ayant ressuscité des morts» (cf. Rom. II, 16).
D'une même haleine, Paul établissait que les promesseg étaient réalisées et les prophéties accomplies en Jésus le Messie (6 xp^^^ç)- Ce Messie est bien plus qu'un héritier de David; il est le fils de Dieu y le Seigneur (6 ^ùptoç). Ce dernier nom, on le sait, est celui que préférait l'apôtre pour désigner Jésus. Il est même devenu dans ses épîtres le nom propre de Christ (cf. 1 Cor. VIII, 6). Il implique une souveraineté absolue sur la conscience, sur l'Église, et sur le monde dans son développement historique. '0 xûpioç, dans la traduction des LXX, s'applique particulièrement à Jéhovah. Donné à Jésus, ce nom seulfait entendre que Jésus est devenu pour la conscience chrétienne, ce que Jéhovah était pour la conscience prophétique. Ainsi le yo2^r de Jéhovah est devenu h jour du Seigneur Jésus (1 Th. V, 2; 2 Th. II, 2). Dans