‹ L'Appel des intellectuels allemands; textes officiels et traduction, avec préface et commentaireChapitre 14 sur 20 · DIM · texte numérisé non relu

DIM

né L'APPEL DES INTELLECTUELS.

articles de la Convention de La Haye, celui qui concerne les corps francs en campagne, lequel exige « que les armes soient portées ouvertement », et celui qui regarde les populations spontanément armées contre l'invasion, qui ne pose pas cette condition. Il ne s'agit ici que du second article. Pour qu'on n'ait pas de doute sur l'intention qu'ont eue les Allemands de mentir, le rapport qu'ils présentent ajoute ceci : « La conférence de La Haye a reconnu conforme au droit des gens un soulèvement spontané de la population, à condition que les armes soient portés ouvertement. » Il suffira de relire les articles ci-dessus, pour constater dans cette phrase une confusion frauduleuse des textes.

6° Des jeunes filles ont pris part au combat.

Réponse. — Qu'est-ce qui pourrait interdire à des femmes d'aider les citoyens à repousser l'ennemi?

7° Et ont crevé les yeux des blessés.

Réponse. — Vraiment! Nous avons dit que, si des faits de ce genre étaient vrais, ils méritaient de tenir toute la place. De plus il fallait des preuves formelles. Ces preuves manquent dans l’Appel des intellectuels allemands; elles manquent dans le rapport aux consulats de Suisse. L'allégation est donc gratuite. Aussi n’a-t-on osé lui donner qu'une place secondaire dans le rapport. C'est l'aveu qu'on n'est pas sûr.

8° De telles circonstances (la destruction de la ville) étaient inévitables en raison de l’infâme guerre de francs-tireurs entreprise contre nous.

L'APPEL DES INTELLECTUELS. u5

Réponse. — Fort bien. « Guerre de francs-tireurs. » En 1870, les Allemands, pour admettre nos francstireurs au titre de belligérants, n'exigeaient rien moins que r° la présence d'officiers de l’armés régulière à leur tête, 2° une délégation du gouvernement particulière pour chaque homme qu'ils enrôleraient. L'article ci-dessus de la Convention de La Haye eut pour but de mettre fin à ces prétentions. L'Allemagne passe outre. En se servant du mot de francs-tireurs pour désigner le genre de combattants qu'elle se prétend en droit de « punir », elle achève d'exprimer le mépris des conventions dont il s'agit.

Voilà qui est clair. Les populations belges étaient couvertes par ces conventions. Nos intellectuels osent écrire qu’on leur donnait des « avertissements ». Elles n'avaient pas à en tenir compte, et les Allemands n’avaient pas le droit de les leur donner. Cette insolente leçon n'était qu’un abus de plus. Le combat fini, ils ont osé dépouiller, massacrer ces populations. C'était sans droit, c'était contraire au droit, contraire aux engagements pris par l'Allemagne elle-même, signataire de l’article 3 de la Convention de La Haye comme des autres.

Cela étant, qu'est-ce que les intellectuels veulent dire avec le mot « en traître (aus dem Hinterhalt) » appliqué à la défense des Belges? Les trattres, c'est eux, traîtres au bon sens, traîtres à l'humanité, traîtres à la signature de leur nation.

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