‹ L'Appendice Double: Étude Anatomique et Signification MorphologiqueChapitre 18 sur 23 · LA LOI D'HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

LA LOI D'HÉRÉDITÉ

Si nous admettons les idées classiques sur la filiation des espèces animales, et sur la signification atavique de l’évolution ontogénique, il est simple de rendre intelligible l’appendice double :

L’embryon humain possède au cours de son évolution, à un moment donné, un cæcum semblable à celui de ses ancêtres « oiseaux ». Pourvu d’un cæcum

double, il aura alors la possibilité d’avoir, par évolution normale de chacun des cæcum, un appendice double.

L’appendice double représenterait donc, chez l'homme adulte, une anomalie du type régressif.

Cette explication, bien que séduisante par la simplicité de sa forme, se révèle, à une étude plus poussée, bien superficielle et possible d’objections nombreuses.

Des objections de fait, tout d’abord :

— Le cæcum de l’embryon humain n’est jamais bifide, ne présente jamais aucun aspect de scission, quel que soit le stade étudié.

— L’appendice double ne reproduit que très imparfaitement, du point de vue de son anatomie, le cæcum double des oiseaux.

La disposition vasculaire, en particulier, n’a jamais été trouvée, dans les cas d’appendice double, identique à celle qui existe chez les oiseaux. La région cæcale de ces derniers possède deux mésos porte-vaisseaux passant, l’un en avant, l’autre en arrière de la terminaison de l'intestin grêle.

En second lieu, des objections qui attaquent directement la généalogie de l’espèce humaine. La discussion est serrée, en effet, quand il s’agit de donner aux oiseaux une place dans la série animale.

Les uns en font les ancêtres des Mammifères, les autres les mettent sur un plan parallèle.

Calleja, entre autres, soutient la filiation classique et émet au sujet de la formation du cæcum unique des

Mammifères aux dépens du cæcum double des Oiseaux, l’idée suivante :

Chaque cæcum de l’oiseau est, en réalité, un organe lymphatique, susceptible d’évoluer de façon différente pour donner le cæcum des Mammifères. L’un d’eux, en effet, conserve intégralement sa structure d’organe lymphatique et deviendra l’appendice ; l’autre s’élargit, se continue directement alors avec le gros intestin et deviendra le cæcum.

À l’opposé, Kostanecki pense que le cæcum des Mammifères et des Anthropoïdes dérive du cæcum simple impair des vertébrés inférieurs, et se présente en filiation directe avec le cæcum unique des reptiles. Cet auteur base son opinion surtout sur les relations que présente la poche cæcale avec le péritoine, rapports qui permettent de préciser et de simplifier l’évolution du cæcum.

De ce point de vue, en effet, le cæcum dont « l’imparité » est, pour « Kostanecki >» un caractère primitif et général, d’abord situé dorsalement, s'incline à droite, puis devient ventral. C’est cette rotation du cæcum autour de l'intestin pour axe qui constitue le caractère évolutif essentiel. Quand au dédoublement du cæcum chez certains oiseaux, c’est un caractère secondaire, d’origine vraisemblablement mécanique, et dû à la pression du gésier sur l’intestin.

Kostanecki, tout en reconnaissant qu’il est dangereux de se baser sur l’étude d’un seul organe pour reconstruire les différents chaînons de la chaîne phylogénétique écrit textuellement :

« Les études récentes, concernant aussi bien les au-

tres organes que le tube digestif, confirment de plus en plus l'opinion suivant laquelle la classe des reptiles représenterait les animaux desquels nous pouvons faire descendre, d’une part les Mammifères, d’autre part les Oiseaux, qui formeraient ure classe parallèle dont la différenciation aurait pris une autre direction. C’est précisément à cette conclusion que nous a emmené l’étude du cæcum. »

L'oiseau ne serait donc pas l’ancêtre direct de l’anthropoïde, et l’idée d’une anomalie régressive perd de sa valeur.

Mais l’objection Ja plus grave que l’on puisse faire n’est pas là. A l’heure actuelle les différentes espèces semblent figées dans leurs caractères morphologiques. Il faut remarquer que la filiation des différentes espèces par évolution n’est pas un fait objectif mais simplement une hypothèse ingénieuse. Aussi bien, l’étude des différentes espèces semble marquer seulement les étapes suivies dans l’évolution mais ne possède en soi aucune valeur explicative.

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