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Certains de ces chiffres appellent quelques réflexions.
La baïsse des infractions commises ‘est beaucoup plus nette chez les garçons que chez les filles, chez les mineurs de 18 ans que chez les mineurs de 13 ans.
Si l’on considère la nature des infractions, nous Dore que, chaque année, le vol est de beaucoup, et plus particulièrement chez les garçons, le délit le plus D D. commis.
Le vagabondage simple et le délit de coups et blessures auxquels nous avons joint (ce qui n’est pas très juridique, mais a pour excuse le désir de simplification), toutes menaces et violences commises, voient leurs rubriques respectives assez chargées. Nous avons mis à part le délit de vagabondage de mineure qui, sauf de très rares exceptions, se complique chaque fois de prostitution. Cela nous permet de mettre en évidence sa prépondérance vraiment inquiétante : près de la moitié des délits relevés pour les filles sont des délits de vagabondage et de prostitution, alors que sur 169 et 68 infractions commises respectivement en 1929 et 1933 par des garçons, nous ne relevons que 5 et 2 outrages publics à la pudeur. Ces chiffres démontrent l'influence que le milieu peut exercer sur l’esprit et la volonté d’un enfant et combien est faible la part à reporter à la passion ou au tempérament.
À une époque où les questions sociales ont tendance à passer peu à peu au premier plan, la nécessité s’imposait de mettre à la disposition des tribunaux des mesures de rééducation de nature à arracher l’enfant à l’influence démoralisante de son milieu. Ce sont ces mesures que nous allons étudier dans leurs manifestations les plus importantes, en décrivant les maisons de rééducation du ressort du tribunal de Bordeaux.
Ces maisons ne sont évidemment pas les seules où le tribunal envoie les jeunes délinquants bordelais. On ne pouvait trouver sur place la série d'établissements à caractère approprié aux divers cas : établissement, soit agricole, soit
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industriel, soit réservé aux malades et anormaux, soit même simplement plus proche de la famille, quand il s’agit de jeunes vagabonds. Le tribunal en liaison avec l’'Œuvre Girondine de l’Enfance et le Comité national de l'Enfance, possède tous renseignements utiles sur les établissements disséminés par toute la France, ce qui lui permet, au vu de ces renseignements, de rendre sa décision en meilleure connaissance de cause.
Avant que l’enfant comparaisse devant le tribunal, le Parquet a procédé à une enquête officieuse auprès de certains établissements pour pressentir ces derniers et le tribunal se trouve devant plusieurs réponses affirmatives et peut choisir l’établissement le mieux approprié. I serait souhaitable cependant que le Parquet ait à sa disposition un fascicule administratif énumérant la liste des maisons autorisées à recueillir les enfants avec la spécialisation de chacune de ces maisons ; l'enquête serait faite ainsi une fois pour toutes par l'Administration centrale.
D'ailleurs, le fait que la mesure prise n’est que provisoire, que des changements de garde peuvent se produire (une quinzaine par an, en moyenne), donne encore plus de souplesse à ce régime.
Le Comité de défense et de protection des enfants traduits en Justice est normalement constitué devant le tribunal pour enfants de Bordeaux. Son rôle est considérablement diminué en tant qu’organisme distinct, puisque son président est le président même-du tribunal pour enfants et que la défense des enfants est assurée sur Commission d'office par M. le Bâtonnier de lOrdre des Avocats, qui est avisé par le Parquet.
Le Comité de défense, qui est en étroite liaison avec le Service social de l'Œuvre Girondine, contribue à assurer la liaison entre les magistrats de l’instruction du tribunal, de la Cour et les patronages et sociétés diverses s’intéressant à l’enfance. Réorganisé en 1935, le Comité se propose d'apporter une aide matérielle aux institutions charitables existantes qui ont des besoins pécuniaires considérables.
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Nous ne pouvons que signaler, en terminant ce chapitre, la pratique du tribunal de Bordeaux, lorsqu'il rend une décision de mise en diberté surveillée, cette partie importante cependant de l’activité du tribunal ne pouvant faire l’objet d’une étude distincte car les mesures, les résultats, les décisions varient avec chaque personne et avec chaque enfant. }
Le Tribunal place tous les enfants sous la surveillance d’infirmières visiteuses de l’'Œuvre Girondine. Pour ce faire, une liste a été dressée affectant à chacune d’entre elles un secteur distinct d'activité ; l'enfant domicilié dans le secteur lui est automatiquement confié.
Cette pratique doit être préférée à celle qui est suivie dans la majeure partie des tribunaux où les délégués à la liberté surveïllée sont d’anciens magistrats ou d’anciens juges de paix. Il leur serait extrêmement difficile d’assurer ici, dans le ressort de Bordeaux, les multiples déplacements qu’une surveillance leur imposeraïit.