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Il résulte (le la récapitulalioii laite plus haut des tableaux qui précèdent (jue 15,675,446 producteurs, ou personnes exerçant une profession en dehors de la production directe, ou propriétaires et renlieis vivant de leurs revenus, doivent pourvoir à la subsistance de 38,343,192 personnes.
La société la plus i)arraite est évidemment celle dont la population active est la plus nombreuse par raj)port à la population totale, et dont les producteurs réels sont les plus nombreux par rapport à la population active. Dans aucun cas ces deux derniers éléments ne peuvent être égaux, car il est impossible de se passer complètement d'intermédiaires. Le premier but à viser pour accroitre la production est donc de l'aire disparaître dans la plus large mesure les parasites qui ne travaillent pas et ceux qui. travaillant sans produire, pourraient être supprimés par une meilleure organisation de la société.
Le grand défaut de la société actuelle, défaut irrémédiable, car il tient à son essence même, c'est de contenir une proportion énorme d'oisifs et de travailleurs qui ne produisent pas. Quelle est cette proportion ? La comparaison du nombre de ceux qui concourent directement à la production avec ceux qui n'y concourent pas ne donnerait aucune indication intéressante puisque nous avons dit que dans la société la plus parfaite il est indispensable qu'un certain nombre de personnes soient occupées à mettre les objets produits à la portée du consommateur. Ce (fui est intéressant c'est de prendre une forme sociale difTérente, la meilleure qu'on puisse concevoir, et de comparer le chilïVe des non-producteurs qu'elle exige pour son fonctionnement avec celui des non-producteurs de la société actuelle.
Ce n'est pas tout : le nombre des producteurs n'est qu'un des facteurs de la production ; l'autre focteur est le degré d'utilisation du travail de chaque producteur, en d'autres termes il faut tenir compte à la fois de la quantité et de la qualité du travail. C'est en multipliant ces deux facteurs qu'on ol)tient la production totale. Il est évident que dix millions d'Indous travaillant manuellement ne peuvent produire autant que (Jiîv millions d'Européens employant les machines-outils,
Ce qui importe au bien-être d'une société ce n'est pas le nombre de bras occupés, c'est le résultat utile obtenu. Il faut donc, pour établir une comparaison complète entre deux formes sociales données, tenir compte à la fois de la proportion des travailleurs et des conditions dans lesquelles ils efTectuent leur travail.
Nous allons, en conséquence, comparer à la fois la quantité et la qualité du travail utile fourni en France par la société actuelle avec la quantité et la qualité du travail qui serait fourni par la société collectiviste. Pour établir ce rapprochement sous une forme synthétique très frappante nous serons obligé de ne justifier que sommairement les suppressions ou diminutions d'unités employées dans certaines catégories. Elles s'expliquent bien par les principes constitutifs de la société collectiviste ; mais la possibilité de leur réalisation pratique ne pourra être pleinement démontrée que dans la suite de cet ouvrage.
En attendant nous prions nos lecteurs de tenir compte de l'impossibilité où nous sommes d'aborder tous les points à la fois, et de vouloir bien admettre, sous bénéfice d'inventaire, ce que nous établirons plus loin. Ce que nous demandons n'est pas excessif puisque dans les raisonnements scientifiques on commence souvent, pour arriver à la vérité, par admettre comme prouvé ce que l'on sait manifestement être absurde.