CHAPITRE DOUZIÈME
Chain à deux heures, on déclamait contre cette barbarie; mais, trois quarts d'heure plus tard, on était assis dans sa loge, du côté de l'ombre. On regardait les chevaux s’empêtrer dans leurs entraïlles, le sable se teindre de leur sang et on restait Jusqu'à ce que le dernier taureau fût tombé.
Quelle force nous pousse donc vers l'arène, malgré notre Taison, malgré le dégoût que nous ressentons de nous-mêmes ?
Ah! la volupté cruelle des ancêtres, cette soif avide et furieuse de Sang qui n'était pas éteinte en nous,
Cette éternelle et sourde aspiration vers le bonheur, vers la conscience primitive, vers Dieu!
Les toréadors s’agenouillaient devant l’image de la Madone. Ils étaient les plus ‘dévots ‘dans la idévote Espagne,
Religion, volupté, cruauté!
Pourquoi n’avait-il pas bondi quand Térésa s’en prit aux enfants? Quand sa cravache sanglante tomba Sur les petits corps, nus et maigres? Quand elle mordit les lèvres de Gino? Quand la brute ivre Cloua, au plancher, 14 main du jeune sourd-muet ? Quand de monsirueux valet fracassa, ide son marteau, le crâne de l'enfant? Oui, pourquoi ?
Ah! l'éternel sortilège, la malédiction des aïeux, qui pèse encore sur nous tous, l'attraction victorieuse du sang!
Comme il avait vécu tout ce qui s'était passé dans la grange du prophète! Son âme s'était emplie de la folie furieuse générale. Les autres étaient ivres, ne s'ap-
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