CHAPITRE TREIZIÈME
lier. D'autres fantômes blancs pénétrèrent: Venier, sa + lemme, Souro, le vieil Ulpo, Alossi, le forgeron, les fem- F mes Cornaro, Maria Grazia et Celestina Nosclere. Main- Ÿ tenant la pièce était pleine.
Alors le prophète fit son entrée, bizarrement affublé d’une couverture d’un rouge criard, serrée aux hanches par une ceinture de femme, de chef couronné de carton : doré, élevant, de la main droite, un bâton enroulé de À feuilles d’oliviers, qui devait figurer un sceptre. Le prophète, d’un pas lent, s'approcha du cercueil à puis se retourna. La sainte descendait l'escalier. Elle | portait la même robe. blanche que la veille, maculée de poussière et de sang moirci; elle semblait l'avoir gardée toute la nuit. Elle avait ses longs cheveux épars et, sur la tête, une couronne dorée, analogue à celle du prophète. Elle gardait les yeux clos, remuait les lèvres, en prière. Elle s’avançait avec peine, comme brisée de ‘dou- | leur. Carmelina Gaspari et Linda Vuoto la soutenaient ? D tendrement.
+ La sainte s’agenouilla devant le cercueil, appuya sa > tête et ses mains sur le bois brun.
11 Le prophète prononça quelques phrases à mi-voix, sur le Sacrifice, la Rédemption, la Grâce, les Splendeurs éternelles, puis s’agenouilla auprès de la sainte. Tout le monde en fit autant et pria en silence. Tout le village, à tour de rôle, défila. Chacun pria pour la pauvre Fr { âme de l'enfant qui avait sacrifié son corps afin d'assurer
= leur rédemption à tous. Enfin le prophète se leva, ainsi k que la sainte, Alvassi emporta le cercueil. Frank Braun L*
sortit. Le tailleur ordonnait le cortège. Tous ces gens du
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L’'APPRENTI SORCIER fai di Scodra présentaient un aspect plutôt étrange, pieds nus et têtes nues, émergeant de draps blancs. Tous étaient armés de faux, de fourches, de fouets, de bêches, = de haches ou de verges. On eût dit qu’ils partaient en
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