CHAPITRE DEUXIÈME
et encore! Ces maudits contrebandiers ne nous laissent guêre de loisirs. |
Un rai de lumière glissa sous la porte. Une jeune fille entra, portant deux candélabres, qu’elle déposa sur la table.
— Votre fille? demanda Frank Braun à l’aubergiste.
Ce fut le douanier qui répondit.
— Oui, c’est sa fille, Térésa, une bonne petite. Viens ici, Térésa!
La jeune fille tourn&-les talons sans un mot. Son père l’interpella:
— Apporte le dîner! Ces messieurs ont faim.
Elle revint, un instant plus tard, avec la nappe et la vaisselle, dressa le couvert et disposa les plats. Frank Braun lui souhaïita le bonsoir; elle répondit à peine, par une inclinaison de tête. Elle ne s’assit pas à la table commune, se mit à coudre, dans un coin, à l'écart, près de la fenêtre.
Frank Braun lexamina. Elle était grande, svelte et ne devait pas avoir plus de vingt ans. Brune, comme son père, les yeux bleus, comme sa mère, l’'Allemande.
Frank Braun l’appela, jui demanda du pain. Elle apporta le pain et s’en fut près de la fenêtre, sans répondre aux questions qu’il posa. Elle le regardait avec méfiance. Lui, tout en causant avec le douanier, ne quittait pas des yeux la belle fille qui lui jetait, à la dérobée, de furtifs regards.
Il la vit tirer une lettre de sa poche, la lire, s'arrêter, de temps à autre, pour l’observer silencieusement.
Frank Braun pensa:
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