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rait les lois de ce monde. C’est ainsi que s'avère la Trinité divine: Sentiment, Raison, Expérience.
«Avec cela on peut conquérir de monde.
«Le Sentiment pose la question: «D'où vient l'homme?» Et la réponse qu'il donne satisfait à tout: « Un dieu l’a créé. » Survient la Raïson qui dit: « Non, il n'y à pas de Dieu.» C’est alors qu'intervient l'Expérience pour rechercher les origines de l’homme. Elle nous révèle la lente genèse, elle nous montre, rameau par rameau, l'arbre généalogique. La Raison se débat; elle crie : « I1 y a des trous ! » L’Expérience comble, peu à peu, les trous, aujourd’hui celui-ci et demain celui-là.
«Le Sentiment est malin. Il est aveugle, se bouche les oreilles, et se contente de ressasser son éternel-refrain : « Tous les hommes descendent d'Adam et d'Eve. »
«La Raison échafaude des systèmes. Il y à trois races humaines dans le monde, dit l’un; cinq, affirme l’autre: sept prétend un troisième; douze, proclame un quatrième. Autant de sages, autant de systèmes et chacun se moque du voisin. Ils ont tous raison.
«Ne les raïllons point! Songeons que nos efforts resteraient vains sans le hasard.
«Brusquement un homme découvre de vieux ossements et le voilà plus avancé que les autres savants, avant lui. Pourquoi tirer vanité d’une supériorité qu'il ne doit qu’à la chance?
«L'expérience seule ne saurait conduire à la connaissance intégrale. Le Sentiment doit lui montrer la voie et la Raïson doit lui prêter assistance.»
Frank Braun regarda les livres et les documents,