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des ornementations, laissant dans leurs intervalles apparaitre la première teinte.
Pour raviver une couleur (rouge par exemple), il faut l’'ornementer avee cette même couleur plus intense. Si l'intensité obtenue n’est pas suffisante, on fera figurer dans le voisinage, Le plus près possible, un ton vert vif qui, par effet de contraste, exaltera ce rouge.
En somme, les couleurs sont intimement liées les unes aux autres et changent d'aspect, de coloration et d'intensité suivant la nature de celles qui les entourent; elles jouent le rôle des chiffres, qui, dans un nombre, ont plus ou moins de valeur suivant le rang qu’ils occupent.
Cercle chromatique. — Le cercle chromatique a pour but de vulgariser la science de l'harmonie des couleurs; il permet à l'artiste de vérifier la gamme des colorations qui composent son œuvre. Le point de départ de nos expériences chromatiques est la décomposition en physique d’un rayon lumineux par le prisme. Les couleurs obtenues figurent sur Le disque de Newton, qui a pour but de recomposer le blanc par la rotation rapide du plateau sur lequel elles figurent.
C'est en nous appuyant sur ce résultat que nous avons déduit l'harmonie des couleurs deux à deux, et à l’aide des cercles colorés que nous avons créés nous pouvons découvrir quinze cents tons différents.
Les études auxquelles nous nous sommes livrés reposent sur les travaux de Chevreul, Rood, Guimet, Brucke, Maxwell. Mais avant de les mentionner, il est nécessaire de faire une description sommaire du disque chromatique.
Un plateau circulaire en tôle de 15 centimètres de diamètre est monté sur un axe auquel est adapté un mouvement d'horlogerie qui permet d'imprimer à ce plateau une vitesse suffisamment rapide pour que les couleurs qui s’y
trouvent fixées se mélangent optiquement. Ce mouvement s'obtient en remontant le ressort à l’aide d’une clef; mais le plateau ne tourne qu’en tirant sur un anneau qui provoque un déclanchement ; quand on veut faire cesser la rotation, il suffit de quitter l'anneau, et l’arrêt est instantané. On arrive facilement à faire cinq ou six expériences consécutives sans être obligé de remonter l’appareil.
Les disques colorés sont par couples, s’harmonisant deux à deux. À et A’ sont complémentaires, B et B’ de même, etc. Enfin, un disque noir et un disque blanc de même diamètre que les cercles colorés interviennent dans la recherche des nuances rompues.
Tous ces disques sont percés au centre pour pouvoir s'engager sur l’axe du moteur; de plus, ils sont échancrés suivant leur rayon, ce qui permet, par leur enchevêtrement, de découvrir dans la proportion désirable des surfaces de secteurs diversement colorés.
Un cercle gradué de diamètre moitié plus petit est posé à son tour; viennent ensuite deux cercles encore un peu plus petits, l’un noiret l’autre blanc, échancrés comme les cercles colorés. L'ensemble de tous ces cartons est retenu sur le plateau par un écrou.
dre expérience. — Nous désirons connaître les deux couleurs qui entrent dans un mélange, vert bleuâtre par exemple, et leur surface proportionnelle. Ge vert bleuâtre sera certainement un mélange de bleu et de jaune; s'il est éteint, il peut contenir un peu de noir; s’il est clair, un peu de blanc, comme il peut contenir l’ensemble du noir et du blanc; c’est par tâtonnements que nous devrons procéder.
Desserrons l’écrou qui maintient les disques, que nous ferons glisser les uns sous les autres de façon à ne laisser apparaître que du jaune et du bleu, et cela dans la mesure que l’on croit convenable. Après avoir resserré l'écrou,
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nous tirerons sur l'anneau, et l'appareil se mettra immédiatement en mouvement. On observera alors le bleu verdâtre échantillon et on le comparera au mélange optique obtenu. L'écart qui peut exister dans le sens d’une des deux couleurs sera modifié après avoir desserré l’écrou. L'appareil sera remis en mouvement. On répétera cette opération jusqu’à complète analogie.
On sera peut-être tenu de changer de disques pour modifier la qualité du bleu et du jaune, comme il peut se faire que l’on soit obligé de faire entrer le noir et le blanc pour trouver la nuance exacte.
Une fois qu’elle sera obtenue, on observera par rotation la valeur que donne le mélange des deux petits disques noir et blanc, et il faudra établir des surfaces telles que par le mélange optique on atteigne une valeur semblable.
Supposons d’une part que nous trouvons sur le cercle gradué vingt parties de jaune pour quatre-vingts de bleu, nous dirons qu’il entre dans le mélange qu’on nous demande vingt centièmes de jaune et quatre-vingts centièmes de bleu.
D'autre part, nous voyons que le gris central se compose de 25 degrés de noir et 75 de blanc; par exemple 100 représentant la lumière blanche absolue, nous dirons que l’étoffe dont il s’agit a comme luminosité les 75 centièmes du blanc pur.
Nous avons dit précédemment au sujet de la loi sur les complémentaires qu'il n'existait que trois couleurs et qu’elles prennent le nom de couleurs primaires; à l’aide de trois cercles : rouge, jaune, bleu, nous pourrons reproduire successivement les trois couleurs provenant de leur mélange deux à deux. Elles prennent le nom de couleurs binaires. De plus, en faisant figurer sur le plateau les trois couleurs primaires dans une certaine proportion, nous devons obtenir par la rotation le gris neutre. Le rouge, le
jaune et le bleu doivent être des couleurs spectrales, les nuances qui rapprochent le plus de celles données par le prisme sont obtenues :
Pour le rouge spectral : un mélange de carmin et de vermillon.
Pour le jaune spectral : un mélange de jaune indien et de gommegutte.
Pour le bleu spectral : un mélange de bleu de Prusse et outremer.
Pour obtenir la neutralisation par ces trois couleurs, faisons apparaître sur le disque tournant une certaine surface de chacune d'elles, en faisant observer que c’est la couleur la plus voyante qui occupe le moins de surface. Faisons figurer, par exemple, un quart de rouge, un quart de jaune et un demi de bleu. Par la rotation et après quelques tâätonnements dans la recherche de l'importance relative à donner aux trois surfaces partielles, nous finirons par obtenir le gris cherché, qui devra, pour être réelle ment neutre, être identique au gris central, résultat de la rotation du noir et du blanc réglé comme valeur de la même manière que le gris des trois couleurs.
Le nombre de degrés occupés par chaque couleur sera noté, pour reconstituer à l’occasion promptement la neutralisation. Dans l’état où se trouve le disque et après avoir transcrit le nombre de degrés occupés par le jaune et le bleu, on fera disparaître la surface rouge, qui sera remplacée par des parties de jaune et de bleu proportionnelles au nombre de degrés occupés précédemment par chacune d’elles. Par la rotation on aura ensuite le vert complémentaire du rouge supprimé. Il sera reproduit en teinte d’aquarelle pendant la rotation. On agira de même pour obtenir les deux autres complémentaires.
Application. — Un décorateur se propose de recouvrir de tentures un salon dont les sièges sont recouverts de soie cerise. Quel est le ton appartenant à ces tentures qui
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s harmonisera avec les sièges? L’échantillon de soie cerise sera reproduit exactement sur toute la surface d’un disque de bristol blanc échancré ; il sera enchevétré avec le jaune et le bleu, et on recherchera par tâtonnement les degrés de surface des trois couleurs qui dans leur ensemble, par le mélange optique, donnent le gris neutre : celui-ci obtenu, le secteur rouge sera remplacé par quantités proportionnelles de bleu et de jaune. Pendant la rotation on reproduira la teinte fidèlement à l’aquarelle; elle sera la complémentaire exacte du ton rouge et sera strictement harmonieuse.
Énonciation des cercles colorés employés dans le disque chromatique.
A. Carmin. Complémentaire : A’. Vert bleu.
B. Vermillon. — B'. Bleu vert.