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Pour les blonds, nous trouvons une harmonie d’analogue, c'est-à-dire des cheveux composés de couleurs semblables à celles des chairs (orangé).
Dans le type brun, nous constatons un effet de contraste : cheveux noir-bleu et coloration des chairs orangé.
Nous opposerons au type blond des draperies d’un ton plutôt froid : gris-bleu, vert-d’eau, mauve. Au type brun conviendront les tentures vieil or, grenat, orangé, etc.
Le ton orangé conviendra admirablement à une personne brune, car il donnera de l'intensité veloutée à sa chevelure, et de plus de la finesse aux carnations, en neutralisant en partie leur ton orangé par la complémentaire que lui enverra le fond qui est le bleu. Ge serait donc une erreur de garnir une chambre habitée par une personne blonde avec des tons rose vif ou grenat, car l'œil, par effet de contraste, transporterait le complémentaire du rouge, qui est le vert, sur sa face, et de la sorte lui verdirait le teint. Cependant le rose conviendra à une blonde dont le teint serait trop animé, et Le vert clair conviendrait à celle dont le teint serait plutôt pâle.
Le vert foncé peut convenir à des colorations mates;
Le rouge foncé, à un teint rougeûtre.
Le violet jaunit une peau blanche et dore une peau par trop mate; il convient à une figure violacée. Toutes ces remarques ont leur plein effet quand elles s’appliquent à des étoffes brillantes, mais claires. Dès l'instant où elles deviennent sombres, elles agissent plutôt par effet de contraste de valeur et éclaircissent dans ce sens une figure; ce qui ne signifie pas absolument que l’effet en est heureux, car ces intensités peuvent produire des duretés, surtout si les toilettes sont claires.
Les tapisseries sont d’un heureux effet comme tentures quand elles sont choisies dans des tons sobres. Elles ne peuvent convenir si des scènes représentées par des
personnages et trop apparentes sont coupées par un meuble.
Les glaces dans les appartements jouent un rôle important, car elles agrandissent un espace tout en reproduisant dans une disposition renversée et dans un autre aspect l’ensemble d’un mobilier. Toutes ces remarques ont pour but de rendre plaisant l’intérieur que nous habitons, et le tapissier décorateur n’obtiendra pleine réussite qu’à la condition d'étudier ses projets avec goût.
Quant aux moyens à employer par lui pour décider un amateur à lui confier une œuvre décorative, ils résident dans l'exécution d’un projet à l’aquarelle avec devis à l'appui.
Il lui est confié la fourniture des meubles, écrans, paravents, galeries, panneaux décoratifs, bronzes d'art, ete., et cet ensemble doit constituer une harmonie distinguée. Ces connaissances techniques ne peuvent s’acquérir d’une façon efficace par la pratique du métier; elles doivent être le résultat d’une instruction artistique de jeunesse et de la fréquentation des cours de dessin à vue, de dessin industriel, d'histoire de l’art, de perspective et d’aquarelle.
Les écoles municipales de Paris : écoles Boule, Germain- Pilon, Bernard-Palissy, possèdent un enseignement bien approprié aux jeunes gens qui se destinent aux arts industriels, et l'instruction qu'ils peuvent y acquérir doit leur faire entrevoir un brillant avenir. Ils vont se rencontrer dans les ateliers avec des camarades qui n’ont pas eu l’avantage de recevoir cette instruction. L'apprentissage de ceux-ci s’est fait à l'atelier seulement, et ils héritent de tous les errements qui y sont inhérents.
L'ensemble décoratif qui serait confié n’aura chance de réussite qu’en se pénétrant d’abord du goût du client, avec qui de fréquents entretiens sont indispensables. Des
croquis des différentes pièces seront relevés avec les trois dimensions, ainsi que les emplacements des portes, cheminées, glaces, baies et principaux meubles. Des dessins en perspective avec des .tons d’aquarelle devront faire entrevoir ce que serait l'exécution. C’est par des effets pittoresques harmonieusement établis que l’on parvient la plupart du temps à séduire un amateur.
Les parties importantes d’une décoration peuvent être présentées en projet grandeur d'exécution : c’est ainsi que la satinette, qui est une étoffe bon marché, sera mise à contribution. On pourra, par un judicieux choix de tons complémentaires, trouver des harmonies à l’aide de cette seule étoffe; mais on pourra de plus, puisqu'elle ne se trouve qu’en tons unis, l’agrémenter de couleurs peintes, qui donneront de la richesse à l’ensemble.
Nous nous étendrons un peu sur ce point pour ceux qui sont désireux de connaître quelques procédés pratiques. Chacun sait qu’une cantonnière, un lambrequin, un baldaquin, sont figurés par du velours ou de la soie enrichis par des broderies, le tout encadré par des galons ou des passementeries. L’œil vient se reposer sur ces surfaces quand il quitte le jeu des plis, des festons ou des chutes composant le décor.
Il serait dispendieux de consacrer des étoffes brodées à des projets, et il est préférable de se contenter d’un facsimilé. Pour le début, on emploie le crayon, le fusain et le pastel. Dans la recherche d’une composition historiée, le procédé est assez pratique, puisque l’on peut effacer et modifier ses recherches à volonté; cependant il est bon de fixer ce travail, qui au moindre frottement peut disparaître en partie. C’est par l’aquarelle additionnée de gouache que ce résultat sera atteint. Supposons un bandeau régnant à la hauteur de la galerie d’une fenêtre; afin de bien nous représenter notre projet, disons, par exem-
ple, que les tentures de cette fenêtre sont grenat avec des revers jaune verdâtre; ces rideaux sont retenus par des embrasses, et leur partie supérieure est recouverte par une bande d’étoffe qui prend le nom de lambrequin. Nous voyons que c’est un ton vert-mousse qu'il faudra choisir comme complémentaire de la couleur grenat des tentures. Admettons de plus que la surface murale entourant cette fenêtre est un ton gris-bleu soutenu, on se rendra facilement compte de l'harmonie de cet ensemble en observant toutefois que tous ces tons sont unis, et c’est pour ce motif que nous désirons historier la surface du lambrequin et simuler, si nous le jugeons à propos, un galon de 6 à 8 centimètres de largeur sur tout le pourtour des rideaux. Les surfaces à peindre seront tendues sur des châssis ou sur un mur avec de la semence.
L’esquisse se fera au crayon, au pastel, d’après une maquette composée sur du papier : cette esquisse, que nous supposons être une guirlande de fleurs retenue aux extrémités du lambrequin par deux rubans, est encadrée par un galon. C’est avec une brosse à peindre ronde que nous appliquerons nos couleurs. Comme l’étoffe, par sa nature, est absorbante, il sera nécessaire d’ajouter au mélange un peu de gomme adragante, sous peine de voir la couleur liquide s’étaler en dehors du trait du dessin.
Les étoffes sombres sont d’une exécution picturale plus difficile si on ne met pas du blanc dans le mélange. Si nous appliquons un ton de carmin vif sur la satinette vertmousse, le résultat est un ton brun peu voyant, qui est en somme du rouge neutralisé par sa complémentaire.
Dans ce cas, il sera plus pratique de peindre en camaïeu gris très clair par l'addition de la gouache, qui, une fois sèche, sera glacée par un ton rouge vif. Il en sera de même pour le feuillage, qui, lui, sera teinté avec le mélange du bleu de Prusse et le jaune indien.
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On peut envisager l'interprétation de ces décors de deux manières.
Le ton de l’étoffe peut être gardé comme le fond sur lequel se détache la composition. Dans ce cas, le motif sera peint avec la complémentaire de cette étoffe.
Ou bien le motif est réservé pour exalter le ton de cette étoffe, et c’est Le fond environnant qui est teinté avec cette complémeniaire.
Si, par suite d’une réunion d’étoffes brillantes, on juge à propos d'exécuter un camaïeu, on verra par la pratique que la couleur à employer, additionnée de blanc et de gomme adragante, sera celle du ton de l’étoffe.
Ex. : la guirlande de fleurs dessinée sur le lambrequin vert-mousse devant être exécutée en grisaille, si nous appliquons du blanc pur, nous nous apercevons que ce blanc, par suite du contraste successif provenant du vert, paraît rosé, et, pour neutraliser cet effet, on est tenu d'ajouter du vert à ce blanc, c’est-à-dire la couleur du fond.
Ce travail sur satinette peut se faire sur n’importe quelle étoffe, mais, dans tous les cas, nous recommandons de laisser un dessin extérieur très apparent, qui sera rempli par des applats colorés peu modelés, car le relief exagéré est contraire au sentiment décoratif.