VOLS DANS LES ÉCURIES
Ce genre de vol est facile et peu dangereux pour ceux qui l'exercent. Voici comment ils pratiquent. Ils font choix d'un cheval ou d'un mulet parmi les animaux qui, les jours de marchés, encombrent les fondoucks et vont simplement le retirer comme s'ils en étaient réellement le propriétaire. Un complice fait le guet pour avertir de ^arrivée du proprié-
taire. A Guelma, Souk-Ahras, Sedrata, Aïn-Beïda, cette façon de voler est très fréquente. Il existe une bande qui exploite ces localités tous les jours de marché.
VOLS DE MULETS (rELAI d'uN OÉNÉRAL)
En 1881, à La Meskiana, les arabes n'hésitèrent pas à voler à un soldat du train endormi, les deux mulets destinés au relai d'un officier général qui se rendait en Tunisie.
Les mulets furent retrouvés deux jours après dans la forêt de Guern Ahmar ; les voleurs se voyant poursuivis venaient de les abandonner.
VOL d'un cheval a un offickr du service topographiquf
En 1897, ^^"^ ^^ tribu des Mahatla, près de l'antique Madaurus, un audacieux filou pénétra dans le campement d'une mission topographique, enleva le cheval du capitaine commandant la mission^ malgré les militaires de garde. Ce cheval fut retrouvé cinq jours après dans la commune de La Meskiana.
VOL d'un cheval de cheikh
Un cheikh des Oulad Meriem du département d'Alger, voulant un jour absorber un café chez le cafetier de Guelt- Rous, pénétra dans son établissement en laissant son cheval devant la porte, les rênes de bride pendantes, à la façon arabe.
Un filou vint à passer et. trouvant l'occasion trop belle, grimpa sur le cheval et le voilà parti ! Le propriétaire, sortant du café un instant après^ vit son cheval qui détalait au loin ; il se mit à sa poursuite, criant : « arrêtez le voleur ! » mais ce dernier, qui ne se souciait pas de rendre l'animal, allait à une très vive allure et lorsqu'il passait près d'une niechta afin de donner le change, s'écriait : « Je suis envoyé parle caïd pour vous prévenir de vous préparer 'à combattre les sauterelles.» Les indigènes, entendant cette déclaration, le laissèrent passer et ne le poursuivirent pas.
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Le cheikh dut verser une forte bechara (somme destinée à récompenser l'indicateur du point où se trouvent les ani • maux volés) pour obtenir son cheval, qui avait été caché par les voleurs dans un kemine du DjebeUBougaouden.
Afin de les rendre méconnaissables, les Arabes coupent les crins^ fendent les oreilles, teignent les balzanes, mettent le feu aux chevaux volés. Nous avons vu une bonne mule, dont deux ou trois anneaux de la queue avaient été coupés par son propriétaire et qui lui avait été volée, revenir chez lui quelques jours après le vol. avec une vieille queue de mulet attachée à la sienne. Cette fausse queue avait été placée par les voleurs, afin de pouvoir faire circuler la diule, qui, en raison de sa petite queue, était connue de tout le monde.
La mule avait réussi à s'évader des mains des voleurs, mais*un cheval qui avait été enlevé en même temps ne reparut jamais.
Les voleurs dt chevaux et mulets ont des amis complaisants non seulement dans leur douar d'origine, mais encore dans les sections et les communes environnantes. Ces amis les aident à faire filer les animaux de mechta en mechta, de douar en douar, de commune en commune jusque dans le département voisin
Dans le département d'Alger, les voleurs renommés des Béni Hassein de Berrouaghia, desOulad-Allane de Boghar, des Adaoura de Sidi-Aïssa, des Oulad-Ferha, Oulad-bou- Arif, Oulad-Thaane, Maamora, Oulad-Mselle.n d'Aumale, se dirigent, avec le produit de leurs voU, chez les Oulad Derradj de Barika ou Msil?.
Cette tribu a des représentants dans tout le département
de Constantine et même jnsqu'en Tunisie. On trouve des
Oulad-Derradj depuis Msila jusqu'à Tébessa, Khenchela et
au Kef.
Ils vivent disséminés dans toutes les tribus, dans tous les
douars et ils sont renommés comme des volcmrs très adroits^ des malfaiteurs très redoutables. Les Oulad-Derradj de Msila ou de Barika trouvent donc toujours des collaborateurs complaisants, des receleurs absolument sûrs, partout où ils vont. Et quand ils reviennent des confins de la Tunisie où ils ont été se débarrasser de leurs rapines, ils ramènent dans l'ouest, sur les marchés du département d'Alger, des animaux volés en Tunisie, à Tébessa, Khenchela. Âïn Beïda, Aïn-Mlila^ Batna, etc., etc., en se servant des mêmes complices.
On ne se figure pas la quantité de vols commis par les Oulad-Derrad) installés dans toutes les communes du département de Constantine. Cest chez eux que se complotent toutes les expéditions nocturnes, tous les vols, tous Ks crimes; c'est aussi chez eux que seront remisés, cachés,' les animaux volés dans le département voisin.
Dans le département d'Alger, on dit : «Voleur comme un Hasnaoui^ un Allani un Adaouri » Dans celui de Constantine, ce sont les Onlad Derradj qui sont les voleurs les plus redoutés et nous sommes persuadé qu'ils sont encore plus forts comme mallaiteurs que leurs coreligionnaires de Touest.
On comprend qu'avec une telle organisation il soit très difficile de lutter contre cette vaste et redoutable association de malfaiteurs, qui, comme un filet aux multiples mailles, enserre une bonne partie de l'Algérie. Malgré ^'activité apportée- par tous les services chargés d'assurer U sécurité^ on ne parvient qu'à découvrir une infime partie des auteurs des vols ; toutes les bonnps volontés se heurtent du reste à la solidarité, à la complicité de presque tous les indigènes.
Il n'est pas inutile de relater ici que les Oulad-Derradj entretiennent d'excellentes relations avec les Beni-Adas, cette bande peu intéressante de maquignons errants qui sillonne toute l'Algérie.
MBURTKES
Chez les Arabes, la moindre discussion dégénère soavent en rixe sanglante, qu'il s'agisse d'un empiétement sur un terrain, d'un délit de pacage, d'une dette quelconque, d'un différend commercial, le Bousaâdi (couteau fait à Bousaâda) est vite sorti de sa gaine pour être planté dans la poitrine ou l'abdomen de l'adversaire.
En dehors des causes précitées, les affaires passionnelles sont très nombreuses en pays arabe et se terminent souvent par la mort de la femme coupable et quelquefois du complice.
TABITOUTE
C( mot berbère signifie attaque nocturne à main armée, suivie de vol. La façon de procéder des voleurs est bien Mmple, ils se réunissent une dizaine et quelquefois plus, se rendent auprès de la tente d'un indigène, propriétaire de troupeaux et attaquent la dite tente.
Au bruit fait par les assaillants, le maître du bit, ses frères, ses fils s'il en a, ses femmes sortent, mais ils sont reçus par dix ou quinze coups de feu qui en tuent et blessent deux ou trois et mettent en déroute le reste. Il est alors facile aux voleurs d'enlever vingt, trente, cinquante et quelquefois cent moutons.
Ce genre de vol à main armée est courant dans les communes d'Aïn-el- Ksar , Aïn-Touta, Oulad-Solthane, Aïn- Mlila, Chateaudun du- Rhume], Oum-el-Bouagui, Sedrata.