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L'Arbre à Chilté et le Chilté

déjà plus à l’époque jurassique pour diverses raisons qu'il sérail trop long d’énumérer ici. Quant à l'époque crétacée, la découverte, sur la rôle orientale, des fossiles cités plus liant doit faire admettre que noire grande colonie était déjà une île. Les affinités de ces fossiles a\ec ceux de l’Ouest aussi bien qu'asec ceux de l'Est de l’Inde viennent à l’appui de la même conclusion.

En terminant, je désire faire remarquer combien nos connaissances sur la géologie de Madagascar se sont augmentées depuis un très petit nombre d’années, grâce aux envois de fossiles (pie nous devons à MAL Gautier, Baslard, Mager, \rdouin, de Bonxié et Marins Grille. Nous \ovons la ceinture sédiincutaire qui entoure à l'Ouest le haut massif cristallin se diviser en plusieurs zones parallèles disposées régulièrement et se poursuivant du Nord au Sud, toujours dans le même ordre. L’est d’abord, appuyée directement contre, le massif cristallin, une bande gréseuse, sur laquelle nous n'avons encore aucun renseignement palénnlologique, mais qui pourrait bien représenter les formations triasiques du Gap et de l'Inde. Luis une bande jurassique avec di\ers étages allant du Bajocieu au Jurassique supérieur (Kimeridgien); puis une zone infra-crétacée à laquelle succèdent le Cénomanien et le Crétacé supérieur et eutin, sur le littoral, une bande éocène que M M. Grandidier et Fischer nul été les premiers à faire connaître.

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L’arbre à Cbilté et l'espèce de gu t ta-percha qu’il fournit nul été reconnus par M. Léon Diguet an cours de son voyage d'exploration au Mexique et dans la liasse-Calilbrnie. C’est avec les renseignements et les produits qu’il m’a procurés que j’ai pu entreprendre l’étude dont je donne aujourd’hui les premiers résultats.

L’arbre est un Jalropba, voisin du Jaliojihn f/uuiffurfolm, mais dont l’espèce n’a pu être déterminée encore avec certitude. Ou le rencontre dans les forêts du territoire de Tepic, principalement dans les régions basses, inférieures h ooo mètres d’altitude. C’est un arbre de six it huit mètres de hauteur, pas très ramifié, à feuilles quinquelohées, et dont le port rappelle assez bien celui d'uu Paulownia. Il ne porto de feuilles que pendant la saison des pluies, c’est-à-dire pendant deux et demi à trois mois, en juillet, août et septembre. Les indigènes commencent à exploiter le latex quand 1 arbre a quatre nu cinq ans, mais c’est seulement à partir de la huitième année que l’arbre est en plein rapport. A cet âge, il peut

fournir, en trois traitements successifs, jusqu a quinze cenls grammes <le Chillé tous les ans.

Voici de quelle manière se fait la recolle du latex et comment on prépare le Chiite : Pendant la saison sèche, aux heures où le soleil nos! pas trop ardent, pour que la chaleur ne dessèche pas le latex sur l’arbre, le récollenr de Chillé, le chiltero, pratique avec son ni acheté une grande et profonde saignée longitudinale à travers l’écorce du tronc, puis, de chaque coté de cette plaie béante, et suivant une direction oblique, il fait un certain nombre d’incisions, parallèles les unes aux autres. Le liquide blanc qui sort aussitôt des vaisseaux laticifères s’écoule eu suivant toutes les incisions, arrive a la plaie longitudinale, plus large et plus profonde et, delà, descend dans une petite fosse creusée au pied de l’arbre, à même le sol. Pour (pie le latex ne soit pas absorbé par la terre, les parois de la petite fosse sont garni s avec de l’argile en pute fortement tassée.

Le rhillero prépare, dans une même séance, un certain nombre d arbres 1 , puis va de temps en temps récolter avec une cuiller le latex qui s'est ras. emblé à leur base. Il le verse dans une calebasse ou un pot en terre et, quand il a fini sa récolte, il se rend au bord d’un ruisseau pour procéder à la coagulation du latex. Celle-ci se fait très facilement: le chiltero agite le liquide crémeux avec un bâton, en tournant toujours dans le même sens, et, peu à peu , il ajoute, de l’eau clu ruisseau jusqu’à ce que le mélange se sépare en deux parties, un coaguhun épais, blanc et visqueux, qui est le Chiite, et un liquide clair, mie sorte de petit-lait, qui, additionné ultérieurement de sucre, lui servira de boisson.

Le coagulum est pétri fortement avec les mains, d abord dans 1 eau froide, puis dans l’eau chaude et façonné en pains du poids de 1,000 a 3 ,ooo grammes.

Le Chiite s 1 présente comme une masse solide, de couleur jaunalre a la surface, parfaitement blanche à l’intérieur. Quand il a (‘te bien lave, il na (pi’une^odenr faible, analogue à celle de la gutta-percha, mais qnekpieiois, par suite d’une mauvaise préparation, i î retient des matières fermentescibles qui lui communiquent une odeur désagréable. Le Chillé se ramollit dans l’eau chaude; on peut alors le pétrir et lui donner toutes les formes qu’on désire; à cause de cela et depuis un temps très reculé, les Indiens l’utilisent pour faire des statuettes ; ils s’en servent aussi comme masticatoire.

J’ai analysé un échantillon de Chillé, dont j’avais préalablement éliminé toutes les matières solubles dans l’eau, en le pétrissant à plusieurs reprises dans l’eau distillée chaude.

0) Dix à quinze, soit en travaillant avant et après le coucher du soleil, jusqu'à, trente arbres par jour.

Voici ce que j'ai trouvé :

Eau. 28,2 p. 100

Résines solubles dans falcoal. 57,5

Madères solubles seulement d lis le sulfure de carbone.. . 10,9

Substances insolubles. 2,(>

Cendres. 0,8

Los résines sont pour la plus grande pari crislallisables ; la matière soluble dans le sulfure de carbone est au contraire amorphe; elle ressemble extraordinairement à du caoutchouc purifié, et, chose vraiment curieuse, elle est, une fois séparée des résines, aussi infusible (pie celles-ci dans l’eau chaude. C’est donc seulement le mélange (pii jouit des qualités plastiques particulières à la gutla-percha. C’est là une observation assez curieuse sur laquelle je tenais a insister, en faisant connaître l'origine et les principaux caractères du Chiïté.

Prêtes in /; vi.rn: de pierres e\ IUssii:.

pau M. Stamslas IIeumkr.

Pendant un voyage de Saint-Pétersbourg à Nijiiy-Novgorod, je fus informé que, d'après des récits six fois séculaires, le pays que je traversais avait été le théâtre d'une pluie de pierres absolument exceptionnelle. Le 20 juin 1290. les habitants d’Oustiougue-le-Grand , dans le Gouvernement de Wologda, virent le ciel s’obscurcir jusqu’à produire la nuit en plein midi : des détonations formidables et des lueurs fulgurantes incessantes donnèrent aux témoins l idée de la lin prochaine du monde. Dans ce moment suprême, d’après le récit que toutes les mémoires ont retenu dans la région, ou eut recours à l'intercession de Prokopi, et celui-ci pria la Providence avec une telle ferveur qu’un miracle se produisit : la nuée menaçante, modifiant son premier itinéraire, se détourna de la ville et alla crever à vingt-cinq kilomètres de distance dans un point où est maintenant le petit village de Catoval (1) el qui était alors parfaitement désert.

Quand, revenus de leurs terreurs très légitimes, les habitants visitèrent la localité éprouvée, ils trouvèrent la forêt absolument saccagée, les arbres brisés et le sol couvert d'innombrables blocs de roches arrondis et souvent noirâtres. Aussi nul n’hésita-t-il à croire que ces pierres ne fussent tombées des nuées et qu'elles n'eussent été primitivement destinées à écraser Oustiougue et tous ses habitants : le souvenir reconnaissant pour l'inter-

tR Je dois de très vifs remerciements à notre savant bibliothécaire M. Deniker, qui n bien voulu me donner la traduction de plusieurs textes russes qui m’ont été fort utiles.

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