‹ L'arbre de NoëlChapitre 16 sur 43 · LA CHANSON DU GAZON · texte numérisé non relu

LA CHANSON DU GAZON

Poésie américaine.

Je vais croissant, croissant partout, sur les bords de la route poudreuse, sur les flancs de la colline, sur les rives du ruisseau bruyant, sous les rameaux des bois.

Je vais croissant partout, partout autour de la porte ouverte où s'assoit le pauvre vieillard, où les enfants s'amusent, par un beau jour de mai.

Je vais croissant, croissant partout dans les rues de la tumultueuse cité, récréant, par ma verdure, les regards du malade et ceux du laborieux artisan.

Je vais croissant, croissant partout. Vous ne me voyez pas venir; vous n'entendez pas ma voix légère; je m'avance dans l'ombre des nuits et à la lueur de Taube.

Je vais croissant, croissant partout dans les riantes heures de l'été. La génisse me préfère aux fleurs, et l'oiseau est content de me voir.

Je vais croissant, croissant partout. Sur le sol où reposent les morts, je grandis en silence, je décore au printemps leurs fosses humides, leur étroite et muette demeure.

Je vais croissant, croissant partout. Je chante les louanges de Dieu qui me lit naître, qui m'ordonna de parer -la terre et de croître partout, partout

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