De Quatrefages. L'espèce humaine. Paris, 1877, p
APERÇUS ANTHROPOLOGIQUES. i97
persistèrent leurs prédécesseurs. Puis vinrent les invasions historiques. C'est du mélange de tous ces éléments brassés par la guerre, fusionnés par les habitudes de la paix, que sont sorties nos populations européennes1 . »
Depuis un certain laps de temps, il y avait lieu de présumer l'existence de rapports entre les populations préhistoriques de la Champagne et les tribus qui habitaient les grottes de Furfooz. En effet, M. Dupont, dans son ouvrage L'homme pendant les âges de la pierre, a entrevu des points de contact : « Nos peuplades de l'âge du renne, dit-il, tiraient des régions situées au sud de la Lesse la plus grande partie des substances, étrangères à la localité, dont elles se sont servies* Les relations avec la Champagne sont prouvées par les coquilles tertiaires, trouvées dans nos cavernes. Elles ne le sont pas moins par les matières et les fossiles, également importés, dont les gisements existent entre la Champagne et le séjour de nos indigènes ; ces gisements jalonnent pour ainsi dire les régions traversées pour les apporter.
« Nous n'y trouvons, d'un autre côté, aucune donnée qui tendrait à indiquer leurs relations avec les provinces de Liège et de Hainaiit, ou avec d'autres contrées. Aussi, quand nous venons à rechercher l'origine des blocs de silex, étrangers à la localité, qui fournirent les nombreux éclats dont nous avons étudié le procédé de fabrication, ne pouvons-nous les attribuer aux terrains crayeux de ces provinces. Ils n'en proviennent pas. Il est bien naturel, au contraire, d'admettre, devant les faits constatés plus haut, que nos peuplades se procuraient cette matière première dans les régions septentrionales de la France actuelle. Là, en effet, se trouve la Champagne, où la craie acquiert un grand développement et où, presque de nos jours, s'établirent encore des principaux centres de fabrication des pierres à fusil 2. »
La présence des silex d'origine champenoise n'est pas la seule preuve que l'on puisse invoquer pour établir la réalité