LES PLUIES
Résumé et synthèse d'un climat, la pluie est, surtout pour un pays comme l'île Canaque, un des éléments les plus importants pour le géographe. De même qu'on a observé, dans le Pacifique austral, la transition lente du régime de l'alizé au régime des moussons, on peut constater, en ce qui concerne la quantité des pluies et leur saison, des modifications progressives et le passage bien ménagé d'un régime àun autre. Cette constatation devrait être plus facile et plus sûre que celle qui concerne les vents, la pluie étant, de tous les éléments météorologiques, le plus facile à observer et le premier sur lequel on est renseigné pour les pays incomplètement explorés. Bien que logiquement les pluies dérivent des vents, pratiquement on pourrait remonter de l'effet, qui est plus clair et plus simple, à la cause, qui est plus obscure et plus compliquée. Mais les observations sont trop incomplètes; les différences d'altitude, d'exposition, introduisent d'un point à un autre point, quelquefois voisin, des différences si considérables, qu'on n'arrive pas à des résultats bien concluants en ce qui touche les fies du Pacifique.
La distinction entre les îles où règne le régime d'alizé et celles où commence à se marquer le régime de moussons est, au point de vue des pluies, théoriquement assez simple. L'alizé de S.E., bien que vent polaire, et les deux moussons, deviennent, lorsqu'ils soufflent sur de larges surfaces marines, des vents humides ; lorsqu'ils rencontrent des îles hautes \ leur humidité se condense sur les montagnes et tombe en pluie ; c'est pourquoi le même vent qui est humide sur un des versants d'une île montagneuse est sec sur l'autre versant. Dans les parties de l'Océan où l'alizé prévaut et où il est rarement interrompu par des vents d'ouest, le versant oriental des îles aura donc une plus grande humidité, et le versant occidental fera contraste par sa sécheresse au moins relative.