LIVRE III. açi
principale introductrice du gothique en Italie.' La chose lui fut facilitée évideinment par la fréquence des relations entre les deux pays. Durant tout le moyen âge, au milieu d^interminables luttes, d^un côté', pour la conquête, de l'autre, pour Pindépendancé, il y eut échange d'idées, pénétration de sentiments. Plus qu'aiU leurs, le terrain était tout préparé, et la Renaissance, semble-t-il, ne pouvait manquer de trouver en Allemagne un accueil empressé. Cependant le contraire arriva. La transmission ise fit lentement et sans suite ; aucune école, à proprement parler, ne fut créée; mais, çà et là, apparurent des types isolés qui, sauf les cas où Pimportation est directe, manquent autant de grâce que de puissance. Comme aux époques précédentes, Peniente des proportions, la verve, la souplesse sont souvent remplacées par un certain pittoresque, une véritable exubérance de détails.
Ce que nous venons de dire ne s'applique pas à la partie orientale de l'Allemagne, aux trois ou quatre provinces qui dépendent de Pempire austro-hongrois. Là, soit que les traditions aient été moins fortement enracinées, soit que les architectes venus en plus grand nombre du dehors aient trouvé plus de facilité pour faire exécuter leurs œuvres, non seulement la Renais*sance apparaît de bonne heure, maïs encore ses carac* tères sont d'ordinaire essentiellement italiens.
En France, nous l'avons vu, les constructions civiles tiennent le premier rang. Il en est de même dans toute l'Allemagne, où, à part de rares et peu brillantes exceptions , l'art religieux n'a suivi le mouvement que vers iSjS. .
à^iÉ
gfc\<::'if^-r.git>i'.
Le (ihâteau de Mahrisch-Trtibau, en Moravie, dont la construction fut entreprise en 1492, sur Tordre du comte Làdislas Boscovic, semble avoir inauguré la Renaissance dans les provinces autrichiennes. Le portail élevé à cette date, d^une composition naïvement riche, est déjà dégagé de toute attache avec le gothique. En Hongrie, s*il ne reste rien des travaux, purement décoratifs sans doute, confiés durant le xv* siècle, par Mathias Côrvin et ses magnats, à des maîtres florentins de célébrité différente, tels que Benedetto da Majano, Pellegrino di Fermo, Ammanaiini, dit le gras menuisier j Cimenti, Camicia, Baccio et Francesco Cellini, on peut toujours voir, sur le flanc nord de Péglise métropolitaine de Gran, une chapelle en croix grecque, datée de i5o6, qui transporte Tésprit du visiteur dans la Florence des premiers Médicis. Le tombeau du fondateur, le cardinal-primat Thomas Bahocz, et très probablement là chapelle elle-même, sont dus à Andréa Ferruccio da Fiesole, En i5i2, un autre Italien, dont le prénom, Francesco, est seul connu, remaniait le château de Cracovie, et, trois ans plus tard, Bartolomeô daFirenze, ajoutait à la cathédrale voisine l'importante chapelle des Jagellons. Cet oratoire, surmonté d'un <iôme éclairé par des œils-de-bœuf comme celui de Sainte-Marie-des- Fleurs, renferme les tombeaux des rois de Pologne.
'. A Vienne, l'influence italienne, particulièrement l'influence vénitienne, déjà siensible à la fin du xv siècle, domine absolument, dès l'année i5i5, dans le portail si caractéristique de la chapelle Saint-Sauveur, terr miné par un arc plein cintre sous lequel s'abritent les