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LIVRE II

struisit pour Tévêque de Rodez, Georges d'Armagnac, sous rinspiration de Guillaume Philandrier.

Madrid (Seine), si remarquable par les terres cuites

Fig. 48. — Plan d'Anct.

émaillées et par les émaux peints de sa longue façade.

Assier (Lot), illustre demeure de Galliot deGenouillac, grand-maître de l'artillerie, au sujet de laquelle on invoque bien à tort le nom de Nicolas Bachelier.

Apremont (Vendée), dont les tours d'angle, qui seules

tçô L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

subsistent aujourd'hui, rappellent certaines dispositions de Chambord.

Saint-Maur-Ies-Fossés (Seine), Tun des chefsd'œuvre de Philibert de TOrme.

Coulonges-les-Royaux (Vendée), commencé vers 1540 dans le style tout particulier qui caractérise la Renaissance en bas Poitou.

Coutras (Gironde), où le luxe étalé par Jacques d'Albon, maréchal de Saint-André, ne se retrouve plus que dans un puits heureusement sauvé de la destruction.

Challuau ou Saint-Ange (Seine-et-Marne), construit par Pierre Chambiges pour la duchesse d'Etampes.

Maulnes (Yonne), conception originale, sorte de »

pentagone flanqué de tours aux angles qu'une galerie \

ouverte sur les côtés unissait à une cour ronde entourée j

de bâtiments.

Anet (Eure-et-Loir), où Philibert de POrme eut pour collaborateur Jean Goujon. Il ne reste plus que l'entrée principale, d'un caractère si original, l'aile de gauche et la chapelle.

Les Tuileries (Paris), dues au même architecte j

(i 564-1 572). Le rez-de-chaussée, du côté du jardin, |

avant l'incendie de la Commune, était à peu près la seule partie demeurée intacte.

Le Puy-du-Fou (Vendée), œuvre de deux Man:eaux peu connus, Jean Masneret et René Guitton.

Verneuil (Oise), dont la construction fut confiée par le duc de Nemours à Jean Brosse ou Debrosse, père de

Salomon.

La Tour-d' Aiguës (Vaucluse), où, dans les parties

qui ont survécu au terrible incendie de 1780, se manifeste l'influence des monuments romains, si nombreux en Provence,

Charieval (Eure), abandonné peu après le commen-

Fig. 49. — Enlrte de la Toui-d'Aigiic».

cernent des travaux, mais dont tous les détails sont connus par les gravures de Du Cerceau.

Monceaux (Seine-et-Marne), assez avancé, en i56i, pour recevoir la cour, ce qui démontre le peu de fondement de l'attribution à Henri IV.

ipe L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

La liste est loin d'être épuisée, et nous pourrions

facilement ajouter de nouveaux noms; mais il vaut mieux s'occuper des châteaux qui ont échappé à deux

siècles de vandalisme. Plusieurs d'entre eux, au point de vue de la beauté des lignes et de la perfection des

- Château de Bloii.

détails, ont figuré dès l'origine et figurent encore au premier rang.

Louis XII, qui avait été élevé k Bloîs, A peine monte

sur le trône, porta toutes ses préfe'rences sur le château de cette ville, dont Paile orientale était déjà reconstruite en i5oi, lors de la visite de Tarchiduc Philippe d'Autriche, père de Charles-Quint. Suivant un procédé du temps, Tornementation, très riche, est rendue d'autant plus visible qu'elle se détache en blanc sur un fond de briques vermeilles. En outre, les différents artistes employés sacrifient partout largement au moyen âge, et la Renaissance ne fait guère son apparition que dans certaines parties secondaires, du côté dé la cour.

Bien que n'ayant pas les mêmes motifs que son prédécesseur, François I'''" commença également par entreprendre de grands travaux au château de Blois. Toute l'aile septentrionale remonte au début du règne brillant inauguré en i5i5, et Ton peut dire que rien de plus beau n'a peut-être été élevé en France. La façade intérieure, avec ses trois étages où l'ordonnance romaine se montre déjà sans que rien du goût français soit sacrifié, est un véritable chef-d'œuvre. Nous devons cependant faire remarquer que la perfection n'a pas été atteinte du premier coup. Il y a eu hésitation dans l'esprit de l'architecte, et c'est ce qui explique pourquoi la partie de droite diffère sensiblement de celle de gauche. Le grand escalier lui-même, une merveille dont nulle description ne saurait rendre l'incomparable richesse, semble avoir été conçu tardivement. Les assises ne concordent pas et l'ornementation présente un caractère tout particulier.

Du côté du nord l'originalité domine principalement. Que Ton se figure, en effet, deux étages de loges peintes et dorées, ouvertes entre des pilastres isolés ou

géminés, et devant lesquelles se de'crochent des balcons de pierre portés en encorbellement. La toiture, au lieu de s'appuyer directement sur la corniche, repose à une assez grande hauteur sur des colonneites qui continuent l'ordonnance et produisent le plus étrange effet. On ne s'explique bien cette disposition inattendue

Fig. {9, — Plan de FoDUiocblcag.

qu'en pénétrant à l'intérieur de l'édifice. Alors apparaît une construction du xv* siècle que François I" se contenta tout d'abord de faire habiller sur ses deux faces à la mode du jour. Mais bientôt sans doute ce corps de bâtiments parut trop étroit. La terrasse qui s'étendait entre la tour du Moulin et la salle des Étais fut sacrifiée, et la façade que nous voyons aujourd'hui s'éleva à son aplomb extérieur. Un problème toutefois restait à résoudre. A moins de donner à la nouvelle construction une hauteur démesurée, il paraissait impossible de racheter la déclivité du sol. Celte difficulté,

2oa L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE.

capable d^arréter les plus grands architectes, fut un jeu pour celui de François P% qui conçut aussitôt la galerie supérieure dont nous avons parlé. La différence de niveau se trouvait ainsi rachetée d^une manière cxtraordinairement habile, et tout au plus pourrait-on remarquer dans la toiture quelque chose de lourd et d^anormal, résultat des changements opérés sous la pression des nécessités du moment.

Blois n'était pas encore terminé que déjà Ton travaillait à Villers-Cotterets. La partie la plus importante du château, celle qui renferme la chapelle et un admirable petit escalier, a été construite de i520 à i53o*. Quant au corps de bâtiments dit le logis du Roi^ il ne fut commencé qu'en i532 sous la direction des deux frères, Jacques et Guillaume Le Breton. Ces deux architectes furent occupés à Villers-Cotterets jusqu'en i55o et c'est à eux également qu'est«due une partie de l'avant-cour, achevée en iSSç, par Robert Vaultier et Gilles Agasse.

Les dates de Fontainebleau ne sont pas moins bien établies. De i528 à 1 534, Gilles ^^ Breton, qui jusqu'à sa mort, en i552, eut toute la faveur du roi, éleva la majeure partie des bâtiments de la cour Ovale, la galerie dite de François I®"^ et le rez-de-chaussée de l'aile en retour vers l'étang. Durant une seconde campagne, de 1540 à' 1547, le même architecte attacha son nom à la construction du Péristyle, de la chapelle Saint-Saturnin et de la salle de bal, dite plus tard de Henri II, lorsque

I. Voir, pour la dcscripiion de Villers-Cotterets, la Renaissance en France, t. I**, p. 122-134.

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