COUVERTURE EN ARDOISE
Couverture en ardoise.
L’ardoise estune espèce de pierre schisteuse qui a la propriété de pouvoir être débitée en lames fort minces,, très-unies et légères. C’est pour cette raison qu’il faut l’employer toutes les fois qu’on peut s’en procurer à des prix modérés. Dans le climat de Paris et de ses environs l’ardoise ne convient pas pour la couverture des combles qui ont moins de 30 degrés de pente. Les ardoises dont on se sert à Paris et dans une grande partie de la France sont tirées des carrières d’Angers et de celles du département des Ardennes.
On débite dans les carrières d’Angers des ardoises de quatre échantillons différents : 1° la grande carrée forte de 29 centimètres de longueur sur 21 de largeur, dont l’épaisseur varie de 2,820 millimètres à 3,950 millim. ; 2° la grande carrée fine, de même longueur et largeur que la précédente dont l’épaisseur varie depuis 0,752 millim. jusqu’à 1,692 millim.; 3° les ardoises appelées cartelettes, qui n’ont que 21 centimètres de longueur sur 16 de largeur ; et celles appelées fortes, portant depuis 2,820 millim. jusqu’à 3,950 d’épaisseur; 4° les cartclettes minces, de mêmes longeur et largeur, mais dont l’épaisseur varie depuis 0,752 millim. jusqu’à 1,692.
Le millier d’ardoises, dites grandes carrées fortes, pèse de 540 à 587 kilogrammes ;
Le millier des grandes carrées fines, de 195 à 245 kilogrammes;
Le millier d’ardoises cartelettes fortes, de 342 à 391 ;
Le millier des cartelettes fines, de 146 à 195 ;
Les grandes ardoises s’emploient à 10 centim. de pureau, et il en faut 42 pour un mètre carré. Les cartelettes s’emploient à 8 centim. de pureau, et il faut 74 pour un mètre carré.
Les grandes ardoises de Charleville, qu’on désigne sous le nom de Saint-Louis, ont 19 centim. de largeur sur27 centim. réduits de longueur, parce qu’elles ne sont pas équarries par le haut. On les pose à 8 centim. de pureau, et il en faut 56 pour un mètre carré. Le millier pèse 391 kilog.
Le petit Saint-Louis de Charleville porte 16 centim. de lar-
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ge»r sur 26 centim. réduits de longueur. Elles se posent aussi à 8 centim. de pureau , et il en faut 74 pour un mètre carré.
Les ardoises de Fumay sont d’un noir roux; il yen a de deux espèces de mômes longueur et largeur, qui ne diffèrent que par leur épaisseur. Leur largeur est de 16 ccntim. et leur longueur réduite est de 24 centim.; elles se posent à 61 millim. de pureau et il en faut74pour un mètre carré. Les fortes ont environ 2,820 millim. d’épaisseur et les faibles 1,692 millim. Le poids du milicr des ardoises fortes varie de 293 à 342 kilogr. et celui des faibles 171 A 193.
Pour faire la couverture d’ardoises, fîg. 331, on commence
par bien dresser les chevrons :
ensuite, on latte en commençant parle bas, avec des voliges en peuplier ou autres bois blancs. La volige étant posée, on forme l’égout, c’est-à-dire e bord inférieur de la couverture. Cet égout peut se faire de trois manières, c’est-à-dire simple, retroussé ou pendant.
L’égout simple se fait en posant le premier rang d’ardoises, de façon qu’elles recouvrent le chaineau pour verser leseaux dedans. Lorsqu’au bas d’un comble il se trouve une corniche avec un chaineau destiné à recevoir les eaux de la couverture, c’est le cas d’un égout simple , c’està-dire qu’on se contente défaire recouvrir le bord du chaineau par le premier rang d’ardoises.
S’il se trouve une corniche sans chaineau , on forme un égout retroussé ; pour cela on commence à poser un premier rang de tuiles en plâtre ou en mortier sur le bord de la corniche , qui avance au-delà de la cimaise d’environ 10 centim. Le premier rang doit avoir un peu de pente en dehors; on double le premier rang par un second posé en liaison , qui n’avance pas plus que le premier et qui se nomme doublis. On doit avoir la précaution de peindre les tuiles en noir pour ne pas faire disparate avec l’ardoise. A partir de l’égout le surplus de la couverture s’opère en posant les ardoises par rangs horizontaux
COUVEtlTCRE EN ARDOISE.
et en liaison, et bien alignés par le bas, arrêtés chacune avec deux clous. On donne au pureau, ou partie apparente, le tiers de la longueur de l’ardoise. Le pureau est toujours le môme , quelle que soit la pente des toits. Cependant il conviendrait que le pureau fût moins grand pour les toits qui ont peu de pente que pour ceux qui en ont beaucoup. Ainsi sur les combles à la Mansard, dont la partie inférieure a plus de 60 degrés d’inclinaison, les ardoises peuvent avoir des pureaux des trois quarts de leur hauteur, tandis que pour la partie supérieure des mêmes combles, dont la pente est de moins de 30 degrés, les pureaux pourront être réduits jusqu’au quart. Sur des combles û 45 degrés, les pureaux partageront les ardoises en deux parties égales.
Dans les comblesà la Mansard, il faut observer de former au droit du brisis un petit égout de 5 à 8 centimètres de saillie, pour recevoir le dernier rang d’ardoises de la partie inférieure : on y place souvent aussi une bavette en plomb ou en zing.
Les faîtages ainsi que les noues, les chaineaux, les arêtiers et le dessus des lucarnes sont formés en plomb. Mais le plomb est cher et tente les voleurs. On y substitue des tuiles creuses, nommées tuiles faîtières; elles se posent sur l’angle (pour le recouvrir) formé par la réunion au sommet de deux pentes. Ces faîtières se posent en plâtre ou en mortier. Comme d’ordinaire ces tuiles sont cylindriques , ou d’égale largeur par les deux bouts, elles ne s’emboitent pas pour se recouvrir : on est donc obligé de faire les joints en plâtre.
On termine les toits à une seule pente et les pignons par des filets en plâtre ou en mortier, quelquefois aussi en ciment , qu’on désigne sous le nom de solins quand ils sont isolés , et de ruelles lorsqu’ils sont le long des murs. Les plis que forment les surfaces des combles en suivant la direction des murs, se nomment arêtiers au droitdes angles saillants, et noues au droit des angles rentrants.
On peint les tuiles faîtières et celle des arêtiers en noir à l’huile. Pour former les arêtiers et les noues, on coupe les ardoises diagonalement. Pour les arêtiers qui ne doivent être recouverts ni en plomb, zing, ni en tuiles, on a soin de tailler les ardoises de manière qu’elles forment juste l’arêtier, et que
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les unes recouvrent exactement l’épaisseur des autres, afin que l’eau ne puisse pas s’introduire dans les joints. On peut poser par le bas une petite, bavette de plomb taillée en oreille de chat , qui aura plus de saillie que l’ardoise.
Couverture en tuiles plates.
La couverture en tuiles plates, fig. 332, convient pour les
combles qui ont beaucoup d’inclinaison. La moindre pente qu’on puisse donner à ces couvertures est de 27 à 60 degrés.
La forme des tuiles plates est d’ordinaire rectangulaire, plus longue que large ; elles portent par derrière une espèce de tasseau de même matière, qui sert à accrocher, et quelquefois môme des trous pour les fixer plus solidement avec des clous. Le pureau de la tuile doit être en général du tiers de sa hauteur.
Les dimensions des tuiles à Paris sont pour le grand moule, de 31 cenlim. de longueur ou hauteur, sur 23 centim. de largeur. Leur épaisseur est de 16 millim. et leur poids est d’environ 1 kilog. 958. La longueur du petit moule est de 25 centim. et sa largeur de 182 millim. sur un peu moins de 13 millim. d’épaisseur. Le cent pèse 132 kilogr.
A Paris les tuiles faîtières qui sont creuses ‘ont de longueur 378 millim. sur 32 de contour et 24 de diamètre; elles sont cylindriques et ne se recouvrent pas.
Il n’est pas nécessaire pour la couverture en tuiles plates que les chevrons soient recouverts en planches ; il suffit que ces pièces soient arrêtées et dressées par-dessus. Dans le cas contraire le premier soin des couvreurs sera de recouper les parties trop hautes.
Quand la superficie des chevrons est bien dressée, les ouvriers posent des lattes en commençant par le bas; ces lattes doivent
Fis- 332.