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LES MASTICS

pierre et dans la pierre de taille à remplir les joints qu'il fait presque disparaître.

2° Le mastic à chaud pour faire certains joints, refaire des angles cassés et des parties échauffées, est formé d’une partie de goudron, 1/2 partie de colophonium et 1/5 de poudre de tuileaux, qu’on fond en remuant sur un feu lent; on peut encore employer le colophonium chaud mélangé de grès en poudre.

Un des meilleurs mastics connus en France est celui de Dhil ; sa composition a longtemps été tenue secrète, mais le principal principe de sa fabrication consiste dans le mélange de poudre de brique pilée ou d’argile bien calcinée, de litharge, de protoxyde rouge de plomb et peut-être de quelque matière étrangère et inconnue.

Au nombre des mastics qui approchent de celui de Dhil pour la qualité, nous en citerons un inventé par M. Thénard. Ce mastic lithargé est composé de 93 parties d’argile calcinée, pulvérisées et de 7 parties de litharge, réduite en poudre trèsfine. On le prépare avec une quantité suffisante d’huile de lin pure , pour lui donner la consistance du plâtre gâché ; on l’applique comme celui-ci en ayant soin de nettoyer le mur auparavant et en l’ayant huilé au moyen d’une éponge trempée dans l’huile. /

A La Rochelle les officiers du génie ont employé en 1826 une sorte de mastic qui avait une grande analogie avec celui de Dhil. Il se composait de 14 parties en volume de sable caillouteux, 14 parties de pierre calcaire pulvérisée, en poids de litharge (des poids réunis du sable et de la pierre) et 1/7 du poids total des ingrédients d’huile de lin.

Ces poudres avaient préalablement été séchées dans un four ; car on découvrit que l'affinité du mélange avec l’huile dépendait de l’état de dessiccation des matières ainsi que du commencement d’une calcination qui semblait en voie de s’être produite. Ce mastic, employé avec de l’huile de la manière habituelle, fut appliqué sur les surfaces après qu’elles eurent été imprégnées d’huile.

3° Mastic hydraulique, fait avec un mélange de tuf en poudre, de sang de bœuf et de chaux pulvérisée.

4° Mastic pour scellement dp fer dans la pierre ; composé de

DES MATÉRIAUX PRINCIPAUX

1 partie de chaux hydraulique, deux parties de poudre de tuileaux et de 1/2 partie de limaille de fer, formé en une pâte au moyen d’huile de lin.

5° Mastic gras, pour jointoyement de tuyaux en fonte : formé de minium, de poudre de tuileaux, de sable fin, et d’huile de lin bien mélangés.

6” Le mastic de vitrier, composé de céruse ou de craie et d’huile de lin. »

7° Le mastic de menuisier, destiné à réparer le bois, comme trous, gerçures etc., etc., formé d’ocre, de céruse ou de blanc d’Espagne et d’huile de lin. On y mêle quelquefois aussi un peu de sable fin ou de poudre de tuileaux.

Couleurs.

Au nombre des matières préserVatives on compte les enduits des murs, l’application des couleurs à l’huile et autres.

Indépendamment de l’usage du mortier comme substance de liaison des parties qui forment un mur ou toute autre portion de maçonnerie, on emploie encore le mortier pour en recouvrir la superficie des murs, afin de la préserver des intempéries de l’air ou pour obtenir des surface^ plus unies et plus régulières et par conséquent plus agréables aussi à l’œil. L’opération de l’applfcation des enduits à l’extérieur est dite ravaler, en terme du métier. Ravaler est donc l’action de faire un enduit sur un mur de moellon ou de brique, soit tout uni, soit en y figurant en saillie des champs, des naissances, des tables de plâtre ou de mortier. Mais on dit aussi faire un ravalement lorsque l’on ripe et blanchit une façade de pierre de taille.

L’enduit de chaux ou de plâtre, d’une épaiseur de deux centimètres à 34 millimètres, a pour but de garantir les murs de la pénétration de l’eau et de l’humidité filtrant par les joints; l’enduit empêche aussi les matières soulevées par le vent de venir se fixer sur les parois des murs. Nous aurons encore à revenir plus loin sur les avantages des enduits.

Au moyen de l’application des couleurs, on cherche également à garantir le bois, le fer et même la maçonnerie des injures de l’atmosphère; on s’en sert pour l’agrément de la vue.

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