ASPHALTES ET BITUMES
lieux de l’Allemagne, ne sont pas employés dans la construction. Les bitumes propres au bâtiment sont mélangés avec des calcaires en poudre, avec des sables, des graviers, pour le dallage des trottoirs, des terrasses, pour des tuyaux de conduite, des réservoirs, etc., etc.
On nomme aussi momie une couleur brune qu’on lire du bitume.
L’asphalte est un minerai bitumineux, à gangue calcaire, de couleur brune foncée, tirant sur le noir; c’est une matière qui se ramollit quand on la chauffe dans une chaudière, et qui est inflammable, indissoluble dans l’eau et très-imperméable. L’asphalte pur est composé de carbone, d’environ 80 p. 100 d’eau, d’oxygène et d’une petite quantité d’azote; cette matière pure est insoluble dans l’alcool.
L’asphalte employé dans les constructions se tire principalement des mines du Val-Travers dans le canton de Neufchâtel (Suisse), de Chavaroche (Savoie) et de Rocca-Secca près de Naples. La roche asphaltique y est à gangue calcaire imprégnée de bitume; on l'extrait à la mine. Une partie est cassée en morceaux de 3 à 4 millimètres de côté, mise dans des tonneaux et livrée au commerce; l’autre partie est réduite en poudre, dont les quatre cinquièmes sont livrés au commerce dans des tonneaux, et l’autre cinquième réduit en mastic bitumineux par une addition de 2,5 à 4,5 pour 100 de son poids de bitume ductile. Le mélange se compose en moyenne de 84,5 parties de calcaire et 15,5 de bitume : on l’opère à chaud dans une chaudière, d’où on le tire pour le mettre en pains à l’aide de moules; refroidis, ces pains sont solides et livrés au commerce. Ils ont 50 centimètres de longueur, 33 de largeur et 11 d’épaisseur.
Pur ou mélangé de sable, le mastic bitumineux sert aux dallages intérieurs et extérieurs, aux sols de terrasses, quelquefois aux couvertures de bâtiments, aux chapes de ponts, etc. On peut aussi l’employer pour couronner l’épaisseur d’un mur de soubassement, pour empêcher l’humidité de monter; mais il faut que cette opération soit faite avec beaucoup de soin et de précaution.
A Seyssel, l’asphalte est réduit eu poudre, puis converti en
DES MATÉRIAUX PRlNCIfAlIX.
mastic bitumineux, en y mélangeant, par fusion dans des chaudières, de 4,5 à 14 parties pour 100 de bitume de Bastennes ou de Gaujac. Ce mastic est coulé en pains, que l’on transporte sur le lieu des travaux. Là, on le concasse pour le refondre avec du bitume et avec du gravier desséché. Pour les dallages habituels de trottoirs, on ajoute 4 pour 100 de bitume et 50 pour 100 de gravier; ces proportions varient toutefois suivant la destination des dallages.
Le prix de l’asphalte en roche à Paris est de 7 francs le quintal métrique, et celui de l’asphalte en poudre 8 francs. Les dallages en bitume pour trottoirs et autres usages, de 15 millimètres d’épaisseur, se payent 4 francs 25 rent. le mètre superficiel.
Bitume*.
Les bitumes sont des matières glutineuses, visqueuses, ou sèches et fragiles, brunes ou noires, fondant assez facilement à la chaleur, les unes à 100 degrés ou même au-dessous, les autres à une température plus élevée. Il y a des bitumes solubles, d’autres sont insolubles. La plupart sont attaqués par l’éther ou par l’essence de térébenthine. A la distillation et après épuration les bitumes deviennent plus ou moins limpides, et ne présentent plus qu’un carbure d’hydrogène. On pense que les bitumes sont des mélanges en toutes proportions de carbure d’hydrogène huileux, plus ou moins abondant, avec des composés formés de carbone, hydrogène et oxygène, dont les uns sont analogues à l’asphalte et dont les autres ont quelques rapports avec la houille maigre.
Le minerai de bitume de Bastennes (département des Landes) est une molasse sableuse et argileuse, qui renferme souvent des fossiles; on y observe aussi de petits cristaux de gypse, de sulfate de fer et d’alun. La composition chimique de ce bitume est
1 ,31 partie de pétrole,
2, H parties d’eau,
7,89 — de bitume,
88, t6 — de gangue formant le résidu fixe.