‹ L'architecture et la construction pratiquesChapitre 35 sur 161 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I>es Liaison*, des murs.

Toutes les constructions ont un but identique et général, qui est de limiter un ou plusieurs espaces verticalement et horisontalement, et de telle sorte qu’ils offrent le plus de solidité et le plus de durée possibles. La construction n’est donc pas autre chose que l’établissement des limites d’un espace donné, limites qui ont des noms divers selon la position qu’elles occupent dans la bâtisse, comme murs, plafonds, planchers, toits, portes, fenêtres, etc. C’est la réunion de ces parties diverses de la bâtisse qui constitue ce qu’on nomme la construction. Chacune de ces parties est soumise à de certaines conditions, pour concourir convenablement au but désiré et bien que semblables entre elles sous certains points , elles en diffèrent totalement sous d’autres. Il en est de môme des matières ou substances employées à l’édification des différentes parties de la bâtisse; car les qualités diverses et dissemblables des matériaux rendent tels et tels matériaux propres à certaines constructions et impropres pour d’autres. Chaque construction est donc formée, composée de matériaux divers. La manière et la façon de les unir ou de les lier entre eux dépend de leurs qualités particulières, ainsi que du but que se propose le constructeur. Il y a donc plusieurs moyens d’unir entre eux les matériaux, d’en faire un ou plusieurs corps, et c’est le résumé de tous ces moyens qui constitue la théorie de la liaison ou de l’assemblage.

LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS

On aura donc à étudier la liaison des pierres, des bois, des fers, la liaison de divers matériaux entre eux. On aura ensuite à prendre en considération la réunion totale des diverses liaisons pour en faire des espaces bâtis et limités parla construction. On devra enfin s’occuper des travaux d’achèvement, soit du dehors, soit de l'intérieur.

Les constructions du genre le plus simple sont: 1° les murs en général, ou la maçonnerie, proprement dite bâtisse, et 2" la réunion des bois de charpente. Nous ne nous occuperons ici que des murs, et plus tard de la charpente.

lie* mur*.

On nomme murs des assises horizontales de pierre ou de brique, posées les unes sur les autres, assises liées entre elles au moyen du mortier ou toute autre espèce de procédé, pour en faire un tout, un ensemble aussi solide et aussi durable que possible. Pour que en général les murs aient selon les circonstances le degré de solidité et de durée nécessaire, il faut qu’ils aient les dimensions voulues données par la théorie et l’expérience.

Dans des circonstances identiques , des murs épais résisteront davantage à la chute ou à l’écroulement que des murs trop minces ou de peu d’épaisseur. Il est cependant inutile d’élever des murs d’une trop forte épaisseur; mais il suffit d’en déterminer la stabilité au moyen d’exemples pris dans l’expérience et dans la pratique. C’est ainsi que l’expérience montre que certains murs de bâtiment demandent des dimensions déterminées s’ils doivent être solides et durer, et que pour cela il faut employer de bonnes liaisons et observer une coupe des pierres régulière et selon les règles de l’art.

Sous la dénomination de maçonnerie en pierre, maçonnerie en brique, on entend la solidarité réciproque et la stabilité des pierres ou des briques. Cette solidarité est atteinte quand le corps de chaque pierre couvre le joint formé par les pierres inférieures : il faut que les joints se croisent, qu’il ne s’en tronve pas l’un sur l’autre dans deux assises différentes.

La coupe des pierres consiste à tailler les pierres d’après

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